ARRIVEE CHEZ LES DAKOUAS
territoire des Langouassis, car, me disait-il, les Dakoiias, ses voisins, seraient devenus les alliés des Tourg-ous (musulmans) et auraient partage avec eux le butin provenant de la mission Crampel. Mais je n'attache que peu de crédit à ces paroles, qui doivent être dictées par rinimitié qui règne entre les deux peuplades, et qui ne peuvent avoir d'autre but que de me pousser à attaquer les Dakouas.
Escortés de guides, nous avançons avec une assurance plus grande d'être dans la bonne voie, et il ne faut par moins que leurs affirmations réitérées pour me faire croire que nous sommes dans le vrai chemin, car c'est maintenant une suite ininterrompue de marais, dans la vase noire et putride desquels nous pataugeons toute la matinée.
Et ces jeunes noirs, avec lesquels je marchais en tête de ma petite colonne, s'arrêtaient parfois, pour se laisser rejoindre par ceux qui venaient à l'arrière et échanger avec eux quelques paroles, puis tenant leurs sagaies, la main haute, tendue au-dessus de la tête, ils couraient, enjambant les hautes herbes qui couvraient la plaine faisant suite au marais. Et ces javelines minces et grêles, élégantes, profilaient, plus mince et plus élégante encore, leur apoUonnienne silhouette. Je me plaisais à admirer la. souplesse de leurs mouvements agiles qui faisaient leur attitude toute pleine de galbe, parfois d'une réelle et esthétique beauté.
Le li novembre, j'arrivai aux villages dépendant du chef Balao. Nous avions franchi 40 kilomètres depuis Makobou.
Nous venons de traverser les derniers villages langouassis, et j'espère arriver demain au bord de la Zanvouza, chez les Dakouas, où une partie du personnel de la mission Crampel avait longtemps séjourné.
KOUTE DU TCHAD.