CHAPITRE XV
Départ pour les Ouaddas. — Cultures et avenir des régions du Haut Oubangui. — Les Sabangas viennent se placer sous notre autorité. — Visite du chef Bembé. — Départ pour Bangui. — Nouvelles de France. — Arrivée à Brazzaville. — Retour en France.
Les relations amicales étant désormais établies d'une façon durable avec les Tokbos, et le poste étant organisé, j'en confiai pendant mon absence la direction à M. Brunache, alors que moi-même, accompagné de MM. Briquez et Bobichon, j'irai regagner le poste des Ouaddas, afin de me transporter de là à Bangui. Suivant les informations que j'avais reçues, je devrai trouver là M. Maistre, avec lequel je reviendrai de suite pour m'organiser à la Kémo et partir Ijientôt vers le Nord.
Krouma, auprès duquel je m'étais renseigné, m'avait dit qu'il y avait un chemin meilleur que celui que nous avions suivi à l'aller et qui me permettrait de regagner les Ouaddas, sans être oliligé de traverser trois fois la Kémo. Comme je lui expliquai que notre absence serait de courte durée et que, bientôt, nous re\dendrions avec beaucoup d'autres marchandises, sa joie fut grande et il me donna des guides pour m'escorter à l'aller et au retour.
Nous partîmes le 3 mars, emmenant seulement quelques hommes d'escorte et tout ce qu'il y avait de porteurs disponibles.
Nos guides nous firent prendre un chemin d'un parcours facile, et comme j'avais grande hâte d'arriver, bien que partis dès l'aube, nous marchâmes jusqu'au soir. Le lendemain, nous arrivâmes sur
les bords dune rivière important e^ ayant un cours analogue à celui de la Kémo, à la hauteur de mon poste. C'était la Tomy, affluent de droite de la Kémo. Le passage s'efTectuait au moyen d'un de ces ponts de lianes dont la construction semble être la même chez toutes les peuplades de l'Afrique équatoriale.
Des grosses branches d'un arbre penché au-dessus de la rivière, et dont il faut escalader le tronc, part un cAble fait de plusieurs
Fig. 00. — Poissons de la Kémo {Moymyridiens). D'après des aquai'elles.
lianes réunies. L'autre extrémité s'en va se fixer aux branches dun arbre de l'autre rive. De chaque côté, des lianes, attachées tant bien que mal, à hauteur de la main, servent de soutien. Quand la rivière est peu large, le trajet est fait d'un seul parcours et à une faible élévation au-dessus de l'eau. Mais la Tomy a un cours important, et les indigènes ont été obligés de fixer le câble aux branches qui se penchaient le plus au-dessus de l'eau, et ce pont principal est relié par des travées supplémentaires, partant de là, jusqu'à la rive. Celle-ci est très escarpée, et les arbres ne croissent qu'à son sommet, si bien qu'obligé démarcher sur cette corde mal assujétie,