NOUVELLES DE FRANCE
alimentation meilleure, refaire un peu nos santés fatiguées par foutes les privations.
Désorma' , je eonfiai le poste des Ouaddas aux agents con.mereian. qui s'y étaient établis, lesquels, de par eonventions passées a"e lès n.aisons de commerce qu'ils représentaient, devarent se considérer comme gardes du pavillon français qui ne cesserait ainsi de flotter au-dessus de nos postes, même alors que nous serions obliffés de marcher en avant.
Le lendemain, avec MM. Brique, et Bobiclion, je m embarqua, dans des pirogues banziris pour aller regagner Bangu. ou j espérais bien retrouver M. Maistre et les renforts quil m^amenait
La marche est lente, il ny a presque plus de courant. D« tous côtés les bancs de sable et les pointes de roches sont couverts d innombrables bandes d'oiseauv qui s-enlèvent en nuées a notre approche. Les rapides nexistent plus; mais, par contre, ilfautcheicher ses passes car c'est à peine .'fl y a assez de fond pour que le pirogues puissent marcher, fne baleinière, même à laible tirant d'eau, seLt dans l'impossibiU.é de naviguer. Le troisième jour nous Irrivons en vue des rochers de Bangui. Sans la moindre diffieulté nous franchissons la passe du milieu et allons aborder près du poste, qui, tandis qu'il a été inondé de plus d un mètre d eau au momeu? de la crue, se trouve maintenant perche au sommet d'un banc de sable surélevé à près de huit mètres au-dessus du
'"rradministrateur Largeau me reçoit avec cordialité et me remet un courrier venu de France.
M Maistre n'est pas encore là. On m'annonce que, par suite de causes imprévues, le départ a encore été retardé. Une lettre de BrazzaviUe me dit que sa mission est arrivée seulement au Loango et que l'on ne sait encore quand il pourra partir pour Bangui. Ces nouvelles me désespèrent. Si j'avais pu deviner qu'il en serait ainsi <,uand j'étais dans la Kémo, je serais parti de suite vers le Nord, sans perdre en vaines attentes ces trois mois, pendant lesquels ma santé! si bien trempée cependant au départ, s'use et devient chaque
iour moins satisfaisante. . ,, ., ,„ „„-ii
Comment employer utilement maintenant le mois d attente qn ,1
me faut passer encore? Je forme le projet d'aller rejoindre mon poste de la Kémo en partant de Bangui par terre. Mais quelques jours à peine, après mon arrivée, les fatigues et aussi le souci de perdre ainsi un temps précieux, contribuent à développer chez moi un état fiévreux qui prend bientôt des caractères inquiétants. Il n'y a, à Bangui, personne ayant de connaissances médicales, j'en suis réduit à me soigner moi-même, mais bientôt mon état s'aggrave tellement que je n'ai plus conscience de ce qui se passe autour de moi.
Sur ces entrefaites, une petite chaloupe de la Maison hollandaise vient, non à Bangui, car la baisse des eaux ne lui permet pas de remonter jusque-là, mais à Zinga, à deux jours en pirogue du poste.
L'administrateur m'engage à quitter le poste dont non seulement le séjour est malsain, mais où l'on manque absolument de provisions et de vivres de malades. Je me décide à profiter du petit bateau à vapeur que l'on veut bien mettre à ma disposition et à me rendre au-devant de M. Maistre. On me transporte dans une pirogue et, accompagné de M. Bobichon, je vais partir pour Zinga et de là pour Lyranga. Je charge M. Briquez de revenir dans la Kémo et d'y attendre notre retour.
Après deux jours de navigation, épuisé, gisant dans le fond de l'embarcation, j'atteins le petit vapeur où je reçois l'accueil le plus empressé et le plus aimable, plein de cette cordialité que j'ai toujours trouvée auprès du chef et des représentants de la Maison hollandaise.
Le changement d'air amène bientôt un mieux sensible, et lorsque le 5 avril j'arrivai à Lyranga, je repris l'espoir de me remettre rapidement. Là le petit vapeur devait me laisser, ayant à continuer sa route vers le Haut Congo. Mais, par un heureux concours de circonstances, la chaloupe à vapeur des Missions catholiques, le Léon XIII, se trouvait au mouillage. Le Père Supérieur voulut bien consentir à la mettre à ma disposition pour me conduire jusqu'à Brazzaville, où nous arrivons dans la matinée du 10 avril.
M. Maistre est là avec tout son personnel. La grande joie que j'é-