‹ La route fleurieChapitre 27 sur 51 · CARIATIDES · texte numérisé non relu

CARIATIDES

A Gustave Kahn.

0 pierres, sous l'éclat du soleil qui vous ronge, Sous l'âpreté du vent qui vous cingle et vous tord, Où s'en va l'ardente douleur de votre songe?

0 pauvres qu'ont mordus les tempêtes du sort,

Vous avez vu peiner, par les âges, vos frères,

Troupeau saignant qu'on fouette et qu'on voue à la mort,

Vous avez vu surgir les rages populaires. Les souffrants se levaient. Tout sera consumé Dans le brasier fougueux de leurs saintes colères.

C'est le jour glorieux! C'est le jour bien-aimé ! Le ciel, gai de soleil et de flammes, est rouge.. Non ! L'ennemi se dresse : il n'a pas désarmé î

Qu'on les fusille ! tous! l'homme, le gars, la gouge ! Qu'on les fusille ! Et toi, vieux qu'on épargne, toi, Honni de coups de pieds, retourne dans ton bouge î

Qu'on les fusille ! En tas les cadavres ! Pourquoi Laisserait-on germer quelque mauvaise graine ? Que les peuples vaincus soient abrutis d'effroi !

O captifs, sous le poids ancien qui vous réfrène, Vous avez dans les yeux la longue vision Des vains espoirs et de la force souveraine.

Mais vous rêvez toujours à la rébellion. Votre fière douleur pourra rugir encore Et son cri fauve exigera le talion.

Le cri retentira par l'espace sonore.

Une voix vaste lui répond, et le soleil

Bondit, joyeux et clair, dans le feu de l'aurore,

0 captifs, secoue z le balcon ! C'est l'éveil

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