LES ALYSCAMPS
A P.-G. La Chesnais.
C'est le silence harmonieux propice au rêve. Ici, le ton fléchit, le pas devient discret ; On laisse le chagrin, le remords, le regret, Et les soins de la vie innombrable font trêve.
Là-bas, sur les sentiers humains, l'orage crève De ces arbres royaux aucun ne l'entendrait. Écoute leur leçon; que ton esprit soit prêt : Au chant du long espoir fuira la douleur brève.
Tu ne craindras jamais, si tu les a compris, Que le louche pouvoir abaisse ton mépris Ni que la vanité sournoise te reprenne.
Une grande paix dort sur les tombeaux ombreux Et de parfums émus de volupté sereine S'enivre l'éternel repos des bienheureux.