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LES DÉESSES

-ri Marcel Sée.

Elles passent. Chacune a l'aspect d'une reine. La brise limpide est douce. Le ciel est pur, L'herbe tremble de joie aux fentes du vieux mur, Et la clarté de l'air s'est faite plus sereine.

L'heure est pieuse dont le tintement s'égrène. Elles passent, le front superbe, le pied sûr; Et voici qu'on entend venir d'un verger mûr L'hymne ébloui de quelque enfantine Sirène.

Elles ont la fierté des héros, leurs aïeux;

Des astres amicaux luisent parmi leurs tresses

Et c'est tout le printemps qui palpite en leurs yeux,

On oublie, à les voir, les anciennes tristesses, Et les rayons cuivrés du couchant merveilleux Adorent la splendeur des vivantes déesses.

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