LE COURAGEUX AMANT
Toi dont j'ai tant baisé la bouche purpurine, Toi dont le regard bleu m'était si doux, si cher, 0 toi qui me faisais un printemps de l'hiver, J'appelle vainement ton ombre, ô ma Corinne.
Aussi je marcherai vers la roche marine Où le mortel Hadès ouvre son gouffre amer : Déjà j'ai répandu sur le sol le vin clair, L'eau fraîche, le lait blanc et la fleur de farine,
D'un pas hardi, j'irai : que m'importent le bruit
Des fleuves dont le cours entraîne de la nuit
Et la fureur des dieux qui régnent sous la terre ?
J'ai pris secrètement, aux ruches de ma sœur, Un gâteau de miel fin pour apaiser Cerbère, Et j'ai l'obole qui paiera le vieux Passeur.
INTERMEDE PASTORAL 139