‹ La route fleurieChapitre 46 sur 51 · LE COURAGEUX AMANT · texte numérisé non relu

LE COURAGEUX AMANT

Toi dont j'ai tant baisé la bouche purpurine, Toi dont le regard bleu m'était si doux, si cher, 0 toi qui me faisais un printemps de l'hiver, J'appelle vainement ton ombre, ô ma Corinne.

Aussi je marcherai vers la roche marine Où le mortel Hadès ouvre son gouffre amer : Déjà j'ai répandu sur le sol le vin clair, L'eau fraîche, le lait blanc et la fleur de farine,

D'un pas hardi, j'irai : que m'importent le bruit

Des fleuves dont le cours entraîne de la nuit

Et la fureur des dieux qui régnent sous la terre ?

J'ai pris secrètement, aux ruches de ma sœur, Un gâteau de miel fin pour apaiser Cerbère, Et j'ai l'obole qui paiera le vieux Passeur.

INTERMEDE PASTORAL 139

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