LE SOIR HATIF
La nuit voile déjà la pente des vallons
Et les cimes bientôt seront noires: c'est l'heure,
Amaryllis, il faut regagner ta demeure
Et quitter les chemins furtifs que nous foulons.
Quand, la chère cigale appelant les jours longs, Refleurira pour nous une saison meilleure ? Le seul soleil qui rie en l'automne qui pleure Est le soleil aimé de tes grands cheveux blonds.
Ah, l'été, tu mêlais tes brebis à mes chèvres,
Et nul triste soupir ne pâlissait nos lèvres :
Les dieux ne hâtaient pas, alors, les soirs maudits,
Tu buvais en ma main Teau pure des cascades Et quelquefois nous nous joignîmes, enhardis, Au chœur des iEgipans et des Hamadryades.