ALIMENTATION DES ABEILLES
Il y a peu de soins en apiculture qui soient aussi nécessaires que l'alimentation des abeilles quand elles en onë besoin ; cependant rien n’est plus négligé.
L'apiculteur, au printemps, ne doit pas plus négliger de nourxir ses nécessiteuses que d'approvisionner sa table, Le retour de ia chaleur du printemps stimulant ia ponte, abeilles dépensent beaucoup de nourriture et ur grand nombre
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de colonies périssent, aunn | une dépense relativement légère et un travail insignifiant les nurnient sauvées
Il et Lon de remarquer ici que ce n'est pas tant !:. rigueur de l'hiver qui est À craindre pour l'épuisement provisions, inais plutôt un printemps long et désagr :: En général dans la Province de Québec, la transition € tr: l'hiver et l'été est nssez courte, plus courte que sous les elin:ts plus tempérées la végétation se développe plus rapidereit et les abeilles peuvent trouver du miel plus vite.
Quant à ceux qui refusent de les nourrir après une sw 1son qui s'est montrée trop mauvaise pour qu'elles fussent leurs provisions, ils ressemblent aux marchands qui bri':raient leurs vaisseaux an retour d'un vayage infructuenx,
ALIMENTATION DE PRINTEMP:
Dès que les abeilles commencent à sortir au printemps, il est bon de les nourrir quelque peu, car une légère addition à leur ordinaire excite ln production du couvain, On devra cependant prendre les plus gran les précautions pour ne pas causer le pillage et pour cela, on fera bien de ne donner la nourriture que le soir. Aussitôt qu'on verra les ahcilles rapporier un peu de miel, il faudra cesser, car si une colonie est trop nourrie, les abeilles, en remnlissant de miel les rayons à ouvrières, gênent la ponte; de sorie qu'il aurait mieux valu jeter le miel que de le leur distribuer. Cet excès de nourriture «donnée aux abeilles ressemble par ses résultats aux influences nuisibles sous lesquelles sont élevés un trop grund nombre d'enfants riches: habitués qu'ils sont À se rassasier ou plutôt à se gorger de nourriture, trop souvent la richesse n'est pour eux qu'un désavantage grave qui les con‘luit de chute en chute et avant l'âge à une mort certaine (Dadant..
Les colonies qui ont des provisions suffisantes penvent être excitées à élever du couvain en enlevant ou grattant
simplemeut les opereules qui couvrent le miel de leurs rayons. Ce iniel mis ainsi à découvert, engageant les ouvrières À nourrir la reine plus abondamment, augmente sa ponte.
Les abeilles peuvent avoir besoin d'être nourries même quand les champs sont couverts de fleurs avant l'ouverture de la récolte principale, si le temps est défavorable à la production du nectar. Le convain qui éelot chaque jour en grande quantité consomme beaucoup de miel ; aussi quelques jours de disette, même à la veille d'une cueillette abondante, peuvent mettre en danger la vie des colonies.
Le meilleur moyen de nourrir des colonies manquant de provisions au début du printemps est de leur donner des rayons de miel, si on a pris la précaution d'en réserver quelques-uns en automne dans ce bnt. Si on ne peut employer ce moyen, on peut mettre la nourriture, miel ou sirop, dans les cellules d’un rayon vide qu'on placera à ln portée du groupe que forment les abeilles.
Du miel en partie granulé peut être ‘lonné en petite quantité à la fois, en le versant sur les rayons, au-dessus du groupe que forment les abeilles. Plusieurs d'entre elles seront inondées et si elles étaient loin de leur habitation elles présenteraient un triste spectacle ; mais chez elles, elles se lèchent l’une l’autre avec autant de plaisir qu'un enfant lèche ses doigts enduits de confitures. |
Si une colonie possède trop peu d’abeilles, il sera bon de lui en ajouter avant de la nourrir. Ce renforcement de faibles colonies avant le nourrissement demande plus de soin et de jugement que quelque autre opération d'apiculture que que ce soit. Ceux qui emploient la ruche à cadres mobiles ont rarement besoin de recourir à ce moyen, qui ne peut réussir que quand toutes les circonstunees concourent À une production rapide de couvain.
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NOURRISSEMENT D'AUTOMNE
À l'époque où la récolte du miel cesse, toutes les colonies doivent être populeuses et, en saisons favor ables, leurs provisions doivent être suffisantes pour qu'après une répartition égale chaque colonie se trouve munie d'assez de nourriture. Si quelques ruchées en ont trop, d’autres trop peu, rien de plus facile que de les égaliser au moyen des rayons mobiles,
Dès que la production du miel cesse, à l'arrivée des temps froids, toute l'alimentation doit s'effectuer promptement. Si on la différait, les abeilles n'ayant plus assez de temps pour operculer leur miel, il'se chargerait d'humidité, pourrait aigrir et leur donner la diarrhée.
Divers nourrisseurs — On fabrique et on vend des nouirisseurs de toute espèce. Dans notre opinion, un bon nourrisseur est un simple bidon de fer-blane, comme celui dans lequel on conserve des fruits (fig. 70) Ce bidon tient à peu près une pinte, Quand il est rempli de miel ou de sirop, on lie sur son ouverture un linge d’une texture convenable et on le renverse sur un plat. Le liquide
Fig. 70.
Bidon-nourrissur,
s’en échappern quelque peu d’abord, mais la pression atmosphérique l’arrêtera bientôt ; on le portera renversé près de la ruche pour le placer l'ouverture en bas, sans le plat naturellement, sur les cadres, au-dessus du groupe des abeilles, la toile étant soulevée à cet effet et le chapiteau couvrant le tout. Les abeilles peuvent ainsi mettre cette provision en magasin sans s’exposer au froid et la placent dans un endroit convenable pour s'en servir plus tard,
Voici la description d’un appareil assez simple, appelé nourrisseur, disposé pour les ruches à cadres.
La figure 71 représente ce nourrisseur. C'est une boîte en fer-blanc où on introduit le sirop par l'ouverture 0, qu'on ferme par un bouchon b. Cette boîte se place renversée sur les cadres. Dans cette position, le nourrisseur présente aux abeilles une surface p percées de trous, assez petits pour que le sirop ne s'écoule pas, et à travers lesquels les abeilles viendront puiser le liquide sucré,
Fig. 71. — Nourrisseur es dans lequel on vient de verser du sirop.— Pour s'en servir, on retourne ce nourrisseur et on le pose sur la ruche à cadres : o, orifice par lequel on x versé le sirop et qu'on bouche avec le bouchon b; p, plaque percée de petits trous par où les abeilles viendront prendre le sirop.
Il est préférable de faire l'opération vers le soir ; le lendemain, le nourrisseur sera vide
Il existe bien d'autres sy-tèmes de nourrisseurs.
Fig. 72, — Nourrisseur Raynor sim Fig. 33. Nourrisseur anglais, en plifié. En tournant le nourrisseur fer-blane, à eylindre intérieure, sur luenême, on peut graduer la quantité de sirop donnée.
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Le plus simple de ces appareils est le nourrisseur à bouteille renversée. On place dans une ruche une bouteille remplie de sirop et on renverse cette bouteille pleine dans une petite auge en fer-blunc; on incline plus ou moins la bouteille, de façon que le sirop ne se renouvelle dans l’auge qu'à mesure que les abeilles le consomment.
On peut encore citer les nourrisseurs anglais tel que celui que représente la fig. 73, le nourrisseur Raynor, qui permet de mesurer la quantité de sirop donnée (fig. 72).
Fig. 74. — Nourrisseur Dercsne dans la position qu'il doit occuper sur la ruche : s, une des deux parties latérales où l’on verse le sirop ; /, l, lames sur lesquelles les abeilles viennent se nourrir; «, couvercle.
Il y a encore l'excellent nourrisseur de Miller. Il peut contenir 25 livres de nourriture et sert surtout pour les colonies qui n'ont pas de provisions pour l'hiver, ce qui est très rare.
Il est basé sur ce principe qu'un liquide versé dans deux vases communiquant, prend dans les deux le même niveau. Le liquide passe sous une partition et les abeilles, pour y avoir accès montent par le passage pour atteindre le sommet sous le couvercle. ‘Le grand avantage di e nourrisseur est de permettre de passer directement de la chambre à couvain, dans le réservoir.
Comme ce mole de nourrissement force à découvrir le dessus des rayons, il est bon de donner le sirop avant qu'il soit refroidi. Il échauffe ainsi l'intérieur du chapitern, et
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les abeilles en mouvement entretiennent cette chaleur et vident plus vite les bidons.
Le nourrissements d'automne doit être fait aussi promptement que possible. Si on le trainait en longueur, les abeilles excitées consommeraient davantage en élevant du couvain.
Les nourrisseurs de bois présentent l'avantage qu'on n’a pas besoin de les sortir pour les remplir, mais ils ne peuvent pas être mis aussi près du groupe des abeilles. Il est inutile de rappeler que le nourrissement doit être fait le soir pour prévenir le pillage, surtout quand on emploie du miel.
M. Scholtz, de Silésie, recommande la préparation suivante :
“ Prenez une chopine de miel et 4 livres de sucre blanc écrasé bien fin ; chauffez le miel, sans y ajouter
d’eau, et mêlez-y le sucre en travaillant bien la masse pour
la rendre homogène. Coupez-la en tranches minces ou divisez-ln en morceaux, que vous entourerez d'un linge à tissu peu serré avant de les mettre entre les rayons où sur les cadres. La plasticité de cette pâte permet à l'apiculteur de la donner de la façon qu'il préfère. Les abeilles ont moins de ditiiculté à employer cette sorte de nourriture que le liquide et il y a moins de perte.”
Cette préparation a été employée depuis quelques années avec succès aux Etats-Unis, comme nourriture pour envoyer des reines par la poste et par le chemin de fer, sous le nom de “ eundi de Good ”. Le sirop épais et le candi sont sans contredit les meilleurs succédanés du miel pour nourrir les abeilles quand elles doivent être confinées pendant longtemps et n’ont pas de miel.
Une expérience de M. de Layens a montré que les abeilles peuvent employer de l’eau pour dissoudre le sucre. Le même écrivain raconte comment un apiculteur français, M. Beuzelin, nourrit ses abeilles en hiver.
“Il scie un pain de sucre en tranches et place ces tranches au-dessus des cadres sous une toile. Un autre apiculteur m'a dit, il y a quelques années, avoir sauvé des colonies en ruches de paille en y suspendant simplement, au moyen de tils de fer, des morceaux de sucre pesant plusieurs livres.”
Ces méthodes, qui réussissent duns des climats modérés et humides comme celui de France, ne conviendraient pas dans le nord des Etats-Unis, encore moins au Canada.
Comme règle générale, il ne faut avoir recours à d'autre nourriture que le miel,,qu'en cas d’absolue nécessité. Dès lors, il faut donc toujours garder quelques rayons pour faire face aux besoins imprévus.
L'apiculteur prudent doit considérer le nourrissement des abeilles, à l'exception du peu qu'on donne au printemps pour stimuler la ponte, comme un mal auquel il faut avoir recours seulement quand on se peut l'éviter. (Dudant).
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