HIVERNEMENT
Les abeilles peuvent supporter l'hiver sous tous les climats, à la condition que l'été y durera as-ez longtemps pour leur permettre de ramasser des provisions suffisantes pour l'hiver.
Aussitôt que le temps froid arrive, les abeilles s'assemblent dans leur ruche en groupe compact pour entretenir leur chaleur. Elles ne se réunissent pas sur les rayons remplis de miel, mais sur les cellules vides au-dessous du miel. Elles ne s'engourdissent pas, comme les gnêpes et les frelons, car un thermomètre glissé au milieu d'elles marque une température estivale, quad au dehors, elle est bien audessous de zéro,
Les abeilles, en groupe, sont imbriquées comme les tuiles d'un toit, chacune ayant la tête sons l'abdomen de celle qui est immédiatement au-dessus, et ninsi de suite, jusqu’à celles qui peuvent atteindre le miel ; celles-ci en passent à celles qui sont sous elles, qui, à leur tour, en donnent aux suivantes successivement jusqu'aux dernières du groupe.
Quand le froid devient excessif, elles s’agitent par des
vibrations continuelles, pour développer une plus grande
quantité de chaleur par cet exercice * ; et à mesure que celles * On a reconnu que le mouvement se transforme en chaleur, la chaleur n'étant qu'une des formes du mouvement que le mouvement vienne d'un large corps où d'un petit, qu'il s'arrête graduellement ou soudainement, le résultat est le même, il est transformé en chaleur. {FLAMMARION, Le Monde arant l'homme.)
qui oceupent l'extérieur du groupe se refroidissent, d'autres les remplacent. En outre, le battement d'ailes envoie, du sonnet du groupe au bas de la ruche, de l'air qui réchauffe les nbeilles placées à lu partie inférieure ; et celles-ci, si elles ne sont pas trop engourdies, profitent d’un jour moins froid pour grimper au-dessus de la masse et prendre du miel à leur tour.
Quand le temps est très froid, on peut souvent entendre leur bourdonnement de l'extérieur de la ruche ; et si, quand elles sont groupées, on frappe sur leur ruche, elles répondent par un murmure qui dure plus ou moins longtemps et dont le son est plus ou moins intense, suivant la force de la colonie.
Comme tout exercice musculaire a besoin de nourriture pour compenser la dépense du système, plus les abeilles seront tranquilles, moins elles mangeront. Il est conséquen:ment très important de les garantir autant que possible en hiver centre une grance élévation ou un grand abaissement de temperature, qui, tous deux, les exciteraient à beaucoup d'activité.
Quand toute la nourriture qui est à leur portée est consonmée, elles périssent si la température est trop froide pour leur permettre de transporter leur groupe entre d'autres rayons contenant du miel. Il en résulte que lorsqu'on met les abeilless en hivernage, si les rayons du centre de la ruche ne sont pas bien garnis de miel, on doit les échanger contre d’autres plus remplis ; atin que, quand le froid force les abeilles à quitter les rayons extérieurs, elles puissent se rnssembler sur ceux qui sont le mieux approvisionnés. C'est surtout dans les régions froides, où les abeilles récoltent peu de miel d'automne, que ces précautions sont nécessaires.
Il n’est guère possible de prévoir combien une colonie dépensera de miel pour passer l'hiver en bon état. Cela dépendra beaucoup du système d’hivernage, car on peut la laisser en plein air, ou la placer dans un local spécial où les
abeilles n'éprouvent pas d'excitations soudaines ni de change-. ments atmosphériques sérieux. Cela dépendra beaucoup aussi de la longueur des hivers, qui varient grandement sous les différentes latitudes, et de la précocité du printemps. Dans le Canada, les abeilles souvent ne récoltent rien pendant plus de six mois : tundis que dans les Etats les plus au sud elles sont rarement sans récolte pendant six semaines Dans tous les Etats-Unis du centre, si on les hiverne en plein air, chaque ruche doit avoir au moins 20 livres de miel ; dans notre pays 30 à 35 livres ; mais plutôt 35 livres que 32.
Dans les ruches à rayons mobiles, une simple inspection suffit pour se rendre compte des provisions. Le poids des ruches n'est pas toujours un criterium infaillible, car les vieux rayons sont plus lourds que ceux qui ont été bâtis depuis peu et sont souvent remplis de pollen.
Les apiculteurs expérimentés reconnaissent ordinairement d’un coup d'æil le poids des provisions. On doit se rappeler que les abeilles ont besoin de nourriture, non seulement pour passer l'hiver, mais aussi pour se nourrir et nourrir leur cou’ain pendant les jours froids du printemps, avant
que les fleurs donnent du nectar. Les abeilles ne gaspillent pas leurs provisions, et les colonies dont les magasins sont bien fournis seront d'ordinaire les plus fortes et les mieux préparées pour lu récolte suivante.
Les commençants enthousiastes sont portés à abuser de l’extracteur, laissant parfois trop peu de miel pour l'hiver dans la chambre à couvain. Si les abeilles ne sont pas trop encombrées de miel, nous conseillerons de lxisser aux fortes colonies toute la provision que leur chambre à couvain contient.
Il est prouvé qu'ü y « du bénéfice à laisser pour l'hiver, aux fortes colonies, une grande quantité de miel, afin qu'elles ne limitent pas leur ponte du printemps.
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