LA REINE
La reine d'une ruchée ne tient Point, comme on le croyait
autrefois, le sceptre du gouvernement. La ruchée est une
république féminine dont chaque membre travaille an bien Commun, selon son âge, avee une activité et une abnévation a lmirables, «ins qu'aucune autorité se fasse sentir, Les mä'es n'y sont admis que pour un temps et sont même saerifiés avant leur heure au moindre signe de disette, Quant à la mère, elle est certainement l'objet d'attentions et de soins, Car sa vie est plus précieuse que toutes les autres : elle est bien l'être indispensable sans lequel la famille ne peut subsister : son absence amène l'inquiétude, le désespoir, et tinnlement la démoralisation des on rières si elle disparait à une époque où elle ne pent Pas être remplacée, Mais elle n'est qu'une citoyenne comme les antres. Elle pon ? nuit et jour, Sa part de labeur, c'est à maternité, tandis que les ouvridres remplissent tous les autres devoirs : ce sont ces dernières qui nourrissent le couvain et le réchauffent, de même qu'elles construisent les rayons, pourvoient à tous les besoins de Ia ruchée, la défendent au prix de leur vie et nmascent en vue des mauvais jours, comme nous l'avons vu plus hant.
Si la reine ne sert qu'à maintenir la colonie dans nn état de prospérité, il n’est Pas moins vrai qu'elle joue un rôle très prépondérant. Sans elle, la colonie ne peut manquer de disparaitre très rapidement. Nous croyons done devoir lui consacrer un chapitre spécial.
Le nom de ‘ reine” un été donné à Pabeitlesue e quorpuelle ne régné pas autrement qu'une bonne mère an milien de ses enfants. Qeulques auteurs npicoles français out tenté de remplacer le nom de reine par celui de inére 5 mais ce terme n'est pas méme aussi convenable que le premier, ear une reine vierge ne peut pas être appelée mére, tandis que le non de
reine convient à toutes les phases de son existence. DESCRIPTION DE LA REINE,
La forme de la reine diffère sensiblement de celle des autres abeilles ; quoiqu'elle ne soit pas, à beaucoup près, aussi volumineuse que le mâle, son corps est plus long, beaucoup
plus allongé que celui de l'ouvrière, elle ressemble un peu à
une guêpe. Ses ailes, quoiqu'elles soient en réalité plus longues que celles de l'ouvrière, paraissent plus courtes que celles du mâle, Le dessous de son corps est d'une couleur dorée, et le dessus, chez la reine de race Commune, est
généralement p'us foncé que chez les ouvrières,
Ses jambes sont plus longues que celles des ouvrières, Ses mouvements sont lents, semblables à ceux d’une matrone quand rien ne la dérange ; mais elle peut cependant se mouvoir
avee une vitesse étonnante.
Sa forme et sa couleur différent de
celles des ouvrières: ses mâchoires
Fig. S. Abeille-mere, sont plus couites, sa tôte est plus
Aplus grandaque nature arrondie, son abdomen n'a pas les
organes où e pro luit la cire; ses jambes n'ont ni les brosses
ni les corheilles pour récolter ct rapporter le pollen, son
aiguillon est con be et plus lon: d'un tiers que celui de l'ouvrière (fig S).