‹ La Rumination chez l'HommeChapitre 19 sur 49 · DATES · texte numérisé non relu

DATES

cardiaque, une irritation, une sorte de gastrite traumatique qui avait été à l’origine de tous les symptômes. Il ne nous semble pas qu’il puisse être possible d'interpréter ce cas, ainsi qu’on l’a fait, comme une sorte de réflexe envers un corps étranger entretenu par un état nerveux spécial. Un réflexe n’aurait pas attendu plusieurs semaines avant de se produire, et en tout cas s'il avait persisté après que sa cause eut été supprimée, il ne se fut pas accompagné de douleurs. Au contraire, une lésion de la région juxta cardiaque explique très bien, à la lueur de ce que nous connaissons de la pathologie de cette région, cette observation remarquable :

Mérycisme tardif :

Le mérycisme tardif n’est en quelque sorte que le diminutif du vomissement tardif : les mêmes causes les produisent tous deux avec le même ordre de fréquence relative, c’est dire que nous n'allons pas insister sur ces étiologies, les livres spéciaux en traitant à loisir. Rappelons simplement la fréquence de toutes les causes agissant dans la zone d’influence du pylore, que ce soit en amont ou en aval de lui sur le tractus digestif, ou même que ce soit d’une façon réflexe comme dans les lésions de la vésicule biliaire. À toutes les périodes d'évolution de ces lésions, il est possible d'observer la rumination tant à la période de

sténose spasmodique qu'à celle de sténose organique,

ep

tant à celle où l'estomac réagit encore qu’à celle où il est complètement dilaté. ScHMaALz cite un cas de mérycisme survenu chez un homme atteint de sténose pylorique avec grande dilatation et qui ruminait à de longs intervalles une bouillie infecte dans laquelle on pouvait reconnaître, quand il la rejetait, des aliments

qu’il avait avalés plusieurs jours auparavant. Pronostic

Indépendamment de la gravité de la lésion causale le mérycisme apporte presque toujours par luimême un facteur d'aggravation. En effet, comme il est très fréquent que les malades rejettent leurs aliments, il s'ensuit un élément de dénutrition qui n’est souvent pas négligeable.

La guérison peut survenir, mais elle est fonction non seulement de la guérison de la lésion causale dont le diagnostic doit être fait avec le plus grand soin, mais de l’état névropatique plus ou moins accentué. Dans les cas idéals, mais pratiquement très rares, dans lesquels la touche nerveuse n'apparaît pas, le mérycisme disparaît dès que l'estomac est guéri; en réalité il semble bien qu'un terrain spécial soit nécessaire pour qu'un individu dyspeptique réagisse suivant le. mode mérycole. Si ce n’est pas un état nerveux nettement pathologique, du moins est-ce cet état de neuroarthritisme aux réactions si spéciales et que le médecin doit déceler pour traiter convenablement son

malade. Il est évident que là encore, nous aurons tous

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