‹ La Rupture de la Symphyse Pubienne Au Cours de l'AccouchementChapitre 10 sur 44 · CHAPITRE III Étiologie · texte numérisé non relu

CHAPITRE III Étiologie

La rupture de la symphyse pubienne, à quelque cause qu'eile appartienne, est un fait rare en clinique.

Dans les services où les observations sont prises avec tant de soin, comme la clinique d’accouchements Baudelocque, on n’en a constaté aucune depuis juillet 1889, date de sa fondation. Braun von Fernwald.dit que dans la statistique d’un hôpital où l’on fait 3,000 accouchements par an, il faut attendre des années pour voir un fait semblable se produire; dans la clinique qu'il dirige, sur 30,000 accouchements, 3 cas seulement furent relevés.

La lecture des observations que nous avons recueillies dans les différentes revues d’obstétrique françaises et étrangères, nous apprend que les causes sont extrêmement variables.

Pour Bach, la rupture ne peut avoir lieu sans SGD OS RE la cause serait donc toujours maternelle; souvent, en effet, on ne peut la mettre sur le compte de la traction exercée avec le forceps, traction qui fut très douce dans l'observation du professeur P inard. Cependant nous avons trouvé consignés de nombreux cas où il faut accuser l'opérateur ou ses aides.

Aussi diviserons-nous l'étiologie en causes tenant à la mère, à l'enfant, à l’accoucheur. Cette division est assurément très schématique, car le plus souvent ces trois causes interviennent à la fois, mais elle nous permettra de mettre plus de clarté dans notre exposé.

Î. — Causes maternelles. — Elles sont prédisposantes et nécessiteront une force active plus ou moins considérable.

Les primipares et surtout les primipares âgées, chez lesquelles les moyens d'union articulaire ont perdu leur souplesse, semblent occuper la première place dans notre statistique.

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Chez les multipares, les lésions du bassin prédominent. À des os petits et grêles correspondent des ligaments articulaires faibles qui se rompent sous l'influence d’une force même minime.

Étudions les différentes maladies aiguës ou chroniques qui peuvent se localiser sur la ceinture pelvienne pour lui enlever sa solidité, pour la déformer et par conséquent placer un obstacle au passage du fœtus.

Le rachitisme agit : 1° en donnant aux os une fragilité spéciale; nous ne rappellerons pas ici les lésions anatomo-pathologiques de cette maladie qui semble avoir une prédilection pour le bassin ; 2° en modifiant plus ou moins les diamètres du détroit supérieur et de l’excavation. Ce sont surtout les bassins rachitiques et généralement rétrécis qui prédisposent à la rupture, la tête fœtale y prend point d'appui dans tous les sens, et pour passer elle doit ou se réduire, ou élargir la symphyse, ou la rompre. Ulsamer prétend que ce bassin qui a conservé sa forme juvénile, a aussi conservé la faiblesse juvénile de ses ligaments. Le bassin en entonnoir est souvent méconnu et cependant ses parois subissent une pression de plus en plus forte à mesure que la tête descend. La rupture se fait au moment où la tête franchit le détroit inférieur, les branches du pubis agissant, d’après Schauta, comme des bras de levier. Ulsamer rapporte une observation dans laquelle le diamètre conjugué avait 9 1/2 et le transverse 8 centimètres au détroit inférieur.

Le bassin rachitique proprement dit est aplati d'avant en arrière au détroit supérieur seulement, son diamètre transverse est normal ou exagéré et par conséquent suflisant. Si l’aplatissement est considérable, la tête sera retenue, d’autant plus que, d’après Braun, les articulations sont ossifiées, et on observe plutôt une fracture du pubis. MM. Farabeuf, Pinard et Queirel affirment au contraire que jamais on n’a vu l’ankylose spontanée du pubis.

L'ostéomalacie occupe le deuxième rang (Ulsamer) : 1° par le ramollissement qu’elle imprime au squelette pelvien, en touchant même les symphyses; 2° par les déformations que cette maladie apporte dans les diamètres du bassin. L'élasticité seule permettrait peut-être l'élargissement de la ceinture pelvienne, mais l’adhérence extrêmement faible du pubis avec son cartilage favorise la rupture. Ulsamer range encore dans les bassins ostéomalaciques des bassins dont le détroit supérieur est normal ou peu rétréci, tandis que le

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