‹ La Rupture de la Symphyse Pubienne Au Cours de l'AccouchementChapitre 15 sur 44 · CHAPITRE VI Complications · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI Complications

Les complications sont de deux ordres : les unes primitives sont occasionnées par la force brutale, cause de la rupture, aussi siègentelles dans son voisinage: les autres secondaires sont dues à des infections microbiennes. Nous ne parlerons pas des complications tardives, comme l'absence de consolidation, que nous nous réservons d'étudier avec le pronostic.

La rupture de la symphyse sacro-iliaque ne doit être considérée comme une complication que lorsqu'elle est double et s'accompagne de déchirures étendues de ses moyens d'union, véritables luxations des os du bassin les uns sur les autres. La femme éprouve des douleurs aiguës, généralisées à toute la région fessière ; ces lésions exagèrent l’impotence et retardent la guérison.

Ce sont les parties molles qui sont le plus souvent atteintes soit par le passage de la tête fœtale, soit par l’instrument employé, soit même par l’éclatement de la symphyse. Le vagin peut être déchiré au niveau de sa paroi antérieure; si la déchirure s'étend en profondeur jusqu’à la symphyse, elle la transforme en articulation ouverte, et augmente les chances d'infection. Dans certains cas elle a permis au doigt introduit dans le vagin de pénétrer jusqu’à l'articulation et de sentir la dénudation du pubis (obs. de Adams, Havajewicz, Bué). Pour Budin et Maygrier, il se ferait une véritable section de la paroi vaginale comprimée entre la tête fœtale et le bord postérieur des surfaces articulaires pubiennes, plaie dont la pathogénie est comparable à celles qui se produisent au niveau des arcades sourcilières. Winckel et Audebert pensent que la déchirure se produit par surdistension transversale des parties molles. Porak ajoute à cette distension transversale l'extension longitudinale de la paroi du vagin par la descente de la tête.

L'urèthre est déchiré dans l'observation de Wabhl; il peut n'être que tiraillé, dévié, élargi et raccourci même comme dans le cas rap-

porté par le professeur Guyon. Cette lésion uréthrale peut être due à l’action vulnérante directe du fragment osseux, mais dans le cas où elle siège à la partie postérieure, elle est produite, dit Fraisse, par la traction du ligament de Carcassonne.

La vessie peut n’avoir qu’une contusion s’accompagnant alors d’incontinence ou de rétention que Kufferath explique par des tiraillements du corps vésical par distension transversale. Chez la malade d'Adams, la vessie était déchirée à sa partie antérieure. Ce n’est pas le fragment osseux qui en est la cause, prétend Fraisse, c'est le ligament vésico-pubien qui arrache, ou bien encore c’est une vessie pleine, comprimée contre le symphyse, qui éclate au moment où le vide se fait.

Ces lésions s’accompagnent d'infiltration d'urine toujours grave par elle-même et par la suppuration qu'elle peut amener dans son foyer.

Les déchirures de la vulve aboutissant au vestibule,du périnée, des racines du clitoris, sont peu graves. Elles sont visibles et peuvent être réparées rapidement.

L'écartement traumatique de symphyses distendant les ligaments d’un utérus surmené suffit à expliquer l’inertie utérine avec l’hémorrhagie abondante qui l’accompagne. Nous avons relevé en effet dans l'observation de Bué que l'écoulement sanguin continue après la délivrance et ne césse qu'après l'application d'une ceinture.

Les complications secondaires apparaissent plusou moins rapidement. La plus redoutable de toutes est l'arthrite traumatique qui souvent devient purulente. Elle est annoncée alors par des phénomènes généraux, frissons, fièvre plus ou moins forte, céphalalgie, puis la douleur s’exagère dans la région pubienne, du gonflement et de l'œdème apparaissent. Si on n'intervient pas à temps la tuméfaction devient considérable, la rougeur apparaît, la fluctuation est nette.

Bouilly, dans sa thèse d’agrégation, parle d’abcès de la cavité de Retzius secondaire à une inflammation de la symphyse, abcès se révélant par une tumeur pouvant acquérir le volume d’une noix de coco (Gordon).

Cette arthrite peut être purulente d'emblée ou encore prendre les allures insidieuses des affections puerpérales rapidement mortelles.

Dans les formes les plus graves, comme on en rencontrait antérieurement, la suppuration peut devenir le point de départ d’une pyohé-

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