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siège dans la jambe gauche, celle-ci reste immobile pour ne pas provoquer de
vives souffrances, on remet aussitôt la ceinture, la fièvre est tombée.
Le 17. Etat général bon, douleur nulle quand la malade repose tranquillement.
Le 19. La pression est insensible sur la symphyse même et douloureuse audessus.
Intérieurement, toute la symphyse est douloureuse, surtout du côté gauche, vis-à-vis de l'insertion du muscle pectiné.
La malade repose tranquillement munie de sa ceinture, les janbes allongées,
jointes et immobiles. Pas de douleur spontanée, pas de fièvre.
Le 27. Nouvel examen. Avec beaucoup de précautions, la malade évacue sa chambre de la clinique. Extérieurement la pression ne produit rien sur la sym-
physe, à l'intérieur elle provoque de la douleur et la région parait gonflée. Etat
général bon.
La malade repose tranquillement, toujours dans la même position et évite craintivement tout mouvement.
Bientôt comme la pression intérieure de la symphyse n'éveille aucune douleur, on essaye de la faire quelque peu. marcher, la première fois au 4 mai.
. Dans cet essai elle ose à peine poser les pieds sur le sol, et elle ressent une douleur à l'endroit malade. En touchant la symphyse pendant ces essais de marche, on peut s'assurer que la consolidation n’est pas complète.
7 mai. Nouvel essai, plus fructueux. La malade chancelle un peu, ce qui la surprend elle-même, car elle ne ressent plus aucune douleur à la symphyse.
Le 12. La symphyse n'est douloureuse ni au dehors ni au dedans, mais elle est démesurément gonflée, son diamètre mesure 4 centimètres et demi au pelvimètre de Van Huevel, elle cest ferme.
* L'utérus est gros, mal revenu sur lui-même, fortement antéfléchi, mais non douloureux, les annexes sont libres. La malade s’en va.
Le cas est intéressant pour plusieurs raisons, et diffère de la plupartdes faits analogues connus. Le diagnostic en était indiscutable, et les symptômes devaient éloigner l’idée de toute autre lésion : ainsi, une forte douleur survenant spontanément, très bien localisée, s’'augmentant par la pression et aussi les mouvements des jambes, l’allègement immédiat procuré par l'application d'une ceinture, enfin les résultats rapides et surprenants de cette méthode curative, etc,. etc:
Au début on trouvait bien de la sensibilité dans la région abdominale ct notamment la pression était douloureuse vers la droite de l'utérus. Mais ces signes disparurent de bonne heure, tandis que les douleurs au niveau de la symphyse et la parésie des membres inférieurs durèrent fort longtemps.
Dans les autres cas, on indiquait comme signe caractéristique la possibilité de placer un doigt entre les extrémités disjointes de la symphyse. [ci en raison des douleurs extraordinaires, il fut impossible de constater si les deux pubis étaient restés unis : peut-être chez cette femme ne l'ont-ils jamais été : poutêtre encore l'écartement a-t-il été prévenu par l'usage immédiat de la ceinture.
Mr eus
Il n’est done pas nécessaire de donner une importance absolue à l'état de la jointure, puisque dans notre cas c’est seulement un jour après l'accouchement qu'apparurent les symptômes.
Généralement on dit que la douleur se produit au moment même où s'opère la disjonction, pendant l’accouchement. Dans notre cas on ne peut constater rien de semblable, soit avant, soit pendant ou après l'accouchement.
La sensibilité douloureuse qu’on trouve à ce niveau fut rejetée sur le compte d’autres causes, d'ordre sans doute inflammatoire, et ce n’est du reste que lorsque la malade essaya de faire quelques mouvements que se produisit une douleur cuisante à la symphyse.
Autre différence, c'est d'ordinaire à la suite de fausses positions du sommet ou de puissantes opérations (généralement une application de forceps) que se produit la plupart de ces désastres. Ici nous avons une présentation du siège et une extradition en somme simple et peu pénible.
L'accident à dû trouver son origine dans un état particulier de l'articulation, laquelle présentait une moindre résistance, qui était due elle-même soit à un affaiblissement des masses ligamenteuses, soit au relâchement de la symphyse pendant le temps de la grossesse, ce relâchement peut du reste être considéré comme une augmentation du jeu normal des articulations du bassin à l’état ordinaire.
Il ressort aussi de notre examen qu'il n’y avait pas de rétrécissement du bassin. é
On sait en effet, qu'un rétrécissement soit oblique, soit même quelconque peut, surtout si on exerce de vigoureuses tractions, être l’origine de pareils désastres.
Une chose surprenante, c’est le résultat immédiat obtenu par l'application de la ceinture, et aussi la disparition de la fièvre et le bien-être général qu'on observait aussitôt que les deux extrémités du bassin étaient régulièrement refixées. On peut certainement attribuer à l'emploi immédiat de la ceinture le peu d’inflammation locale qui suivit l'accident et surtout le manque de symptômes du côté de la vessie. Les derniers en effet s’observent d'ordinaire en pareils cas.
Si la lésion n’est pas diagnostiquée de suite et si on ne songe pas à appliquer le seul traitement-rationnel, c’est-à-dire la ceinture, il ne sera point rare de voir survenir à ce niveau une forte suppuration suivie elle-même d’une transmission fatale ou tout au moins d’une longue, pénible et douloureuse convalescence.
Peut-être même de pareilles disjonctions méconnues et suivies finalement d'une terminaison favorable, constituent-elles à elles seules l’origine d’un grand nombre de puerpéralités douloureuses, qui s’accompagnent d'un séjour forcé au lit et de l'impossibilité de remuer les membres inférieurs, ce qu’on mettait sur le compte d’une paralysie.
O8s. 36. — Prof. CHAUSSIER. (Thèse de FRAISSE, 1882).
Une femme de Dijon avait fait 5 enfants dont 3 ont vécu et 2 sont morts, ces derniers après une version laborieuse.
Enceinte une sixième fois on fit aussi la version ; quand la tête traversa le détroit supérieur la femme sentit un craquement terrible dans les os du bassin, craquement entendu des assistants. Cette malheureuse femme mourut peu d'heures après.