‹ La Rupture de la Symphyse Pubienne Au Cours de l'AccouchementChapitre 38 sur 44 · APR · texte numérisé non relu

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au dehors, de façon qu’elle se dégagea complètement et sans autre aide. Le | reste suivit aisément.

L'enfant était de taille moyenne et portait les traces d’une putréfaction très

avancée ; il exhalait une odeur horrible.

La délivrance fut bonne; l'utérus se contracte bien, et la malade, qui n’a pas

extraordinairement souffert, est simplement affaiblie.

Les premiers jours après les couches paraissent bons, si bien qu’on ne croit pas devoir laisser subsister les craintes qui n’avaient pas manqué de se produire quand on à vu la tête se dégager d’une façon aussi soudaine. On avait en effet soupçonné à ce moment une rupture de la symphyse pubienne, en raison de ce phénomène insolite, mais il avait été impossible de s’en assurer à cause des

| difficultés que présentait l'examen des parties intéressées.

Les choses en étaient à ce point, lorsque le 24 octobre, troisième jour de lit, des changements surprenants s’opèrent chez la malade. Le soir, des frissons ; puis survient une diarrhée profuse. Abattement extrême, traits décomposés, langue sèche, extrémités froides. Le pouls est à 128; le ventre est météorisé; très sensible à la pression, il y a incontinence d'urine et des matières fécales. Ces dernières ne tardent pas à provoquer l'apparition d’eschares au sacrum.

L'état ne s’améliorant pas, on transporte la malade à l'hôpital, le 3 novembre. Ace moment se développe un œdème considérable de la jambe gauche, résultat évident d'une obstruction veineuse. Le 6 novembre, un nouveau frisson, très violent avec sueurs profuses. Les symptômes précédents s’aggravent encore, les eschares gagnent en étendue, le marasme est complet ; enfin cet état se termine par la mort le 7 novembre au soir, c’est-à-dire le 17e jour après l’accouchement.

AUTOPSIE, le lendemain. — Émaciation extraordinaire, œdème énorme du

-membre inférieur gauche. Tout le squelette est d'un tissu raréfié et ramolli ;

ainsi la colonne vertébrale se laisse ouvrir avec une extrême facilité ; la table interne du crâne est à l’état de membrane molle et granuleuse, l'acide acétique n'y révèle aucune trace de sels calcaires,

Cerveau dur, anémié ; larachnoïide rachidienne présente une coloration ardoisée.

Tubercules disséminés dans tous les poumons ; au sommet, petites cavernes

communiquant entre elles ; autour, tissu sclérosé.

Viscères hypertrophiés, l'utérus lui-même est un peu gros. Sur le col, eschares jaunes diphtériques, avec perforation, se dirigeant les unes vers la vessie, les autres vers le rachis.

La paroi antérieure de la vessie est baignée par du pus et en rapport avec le cartilage déchiré et disjoint de la symphyse pubienne..….

Quant à cette dernière, elle n’était évidemment pas antérieure à l'accouchement ; elle n’a pas dû même se produire lors du passage de la tête au détroit supérieur, à cause de la putréfaclion avancée du fœtus. Le crâne était non seulement ramolli, mais amoindri par une perforation accidentelle; enfin le rélrécissement siégeait surtout à droite, et il n’y avait pas à gauche de bien grands obstacles à surmonter.

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Remarquons toutefois que le canal pelvien est très étroit dans toute sa lon= gueur et l’on s'étonne que l'application du forceps ait pu si aisément réussir,. car enfin on n’employa que tout juste les forces nécessaires pour extraire une” tête tombée sur le périnée ; la traction était donc insuffisante pour produire une rupture mécanique de la symphyse. Enfin les contractions utérines n'ont jamais, été bien puissantes. Ÿ

Cet accident serait plus facilement explicable si on avait pu constater au préa= lable une mobilité anormale de l'articulation, et si les os du bassin s'étaient con sidérablement élargis à l’époque de l'accouchement, comme cela a lieu dans la, variété d'ostéomalacie dite condensante (cerea seu cohœærens). ;

Or, l'examen du squelette tout entier, surtout celui du fémur et du bassin, montrait qu'on avait ici affaire à la variété d'ostéomalacie dite raréfiante (race turosa). {|

On pouvait du reste invoquer la pigmentation ardoisée de l’arachnoïde rachi= dienne pour expliquer la parésie des membres inférieurs, en rapportant cette dernière à une maladie de la moelle. Enfin l’ostéomalacie elle-même et toute” seule pouvait à la rigueur suffire pour donner la clef de cet état paralytique et prolongé des jambes, ainsi que des violentes douleurs qui se produisaient à leur. niveau quand on voulait leur imprimer le moindre mouvement. ÿ

Les causes ici sont donc multiples, en raison même des conditions patholo=. giques aussi complexes que défavorables présentées par cette malade.

Dans ce dernier cas, la malade est morte d’une phlébite intercurrente, qui l'a - vite emportée, agissant sur un organisme très affaibli. Les lésions du côté de la: symphyse se ressentent de ce mauvais état général, mais ne rappellent pas tou tefois celle de l'arthrite purulente ou puerpérale; elles n’ont eu qu’une impor . tance secondaire, une évolution peu bruyante et inapérçue, au milieu des autres ù symptômes. |

OB$. 66. — LOoBsTEIN, 1808 (Thèse de FRAISSE, 1882).

Femme de 37 ans, primipare, petite et lymphatique. Bassin pas San petit et. rétréci au détroit inférieur. Forceps en O. I. G. A.

Au détroit supérieur, craquement, puis la tête descend rapidement et l'accou-* chement se finit vite; déchirure du périnée.

Le second jour, douleur à la région pubienne et incontinence d'urine; mort dans le coma au 3e jour.

Rupture de la symphyse avec écartement d’un pouce, rupture du pubis gauche. :

Bassin manifestement rachitique.

OBS. 67. — PHOENOMENOW, Saint-Pétersbourg (lirée de la Revue de Hayem + 1883, p. 194).

Femme de 30 ans, primipare, taille 1 m. 26, cyphotique depuis l’âge de 2 ans” à la suite d’une chute. :

Distance des trochanters 26 centim., des épines iliaques 25 centim., des

trêtes iliaques 27 centim. Diamètre conjugué externe, 19 centinr. au-dessous

le la cyphose. Diamètre antéro-postérieur du détroit inférieur, 9 centim. L'accouchement eut lieu à la clinique. Les douleurs s'étant arrêtées après

engagement de la tête, on fit l'application du forceps; quelques tractions de

moyenne force, suffirent pour extraire la tête, mais un peu avant son extraction

on entendit distinctement un bruit de craquement,

Enfant vivant pesant 3,600 gr. On constate après l’accouchement une déchi-

rure périnéale de 2 centim. et, sur la paroi vaginale à gauche de l’urèthre une

Wéchirure profonde au fond de laquelle on voit à nu les fragments osseux du .

pubis, séparés par un intervalle d’un travers de doigt. Les mouvements sont

conservés dans les membres inférieurs. La femme succombe 48 heures après :

l'accouchement à une péritonite suraiguë. À l’autopsie on trouve une fracture au point de jonction de la symphyse avec la branche gauche du pubis, un interwalle de 5 centim. séparant les fragments. La colonne vertébrale présente au niveau de la région lombaire une déviation angulaire à concavité antérieure, la Méviation commence à la 1re vertèbre sacrée.

L'examen microscopique montre une altération profonde du cartilage et des os au voisinage de la fracture, la substance fondamentale du cartilage est infiltrée régulièrement et par place de granulations calcaires, les éléments figurés sont en voie de prolifération et l’on remarque soit dans les capsules, soit dans le tissu intercellulaire des groupes de jeunes cellules de nouvelle formation. Ces altérations ont pour conséquence l’une et l’autre la perte d’élasticité du cartilage. Le tissu osseux contigu au cartilage présente comme ce dernier des dépôts de

jeunes cellules offrant les caractères du tissu des granulations; il est tellement .

friable qu'il se laisse aisément couper par le scalpel. La rupture du bassin qui peut supporter dans l’état normal des tractions de.200 kilogr. ne s'explique que par la prédisposition due à ces processus pathologiques. +

O8Bs. 68. — HARAJEWICZ (Wiener med, Blaiter, 1891, n° 7).

J. M..., âgée de 380 ans, est admise à la Maternité de Saint-Lazare à Krakovie

dans la nuit du 30 au 31 décembre 1888.

Cette femme ne se souvient pas d’avoir jamais été malade. Elle eut un an et demi auparavant un premier enfant, L'accouchement aurait duré 2 jours et :2 nuits; l'enfant était mort-né,

À l'examen on constate que l'enfant est à terme, il se présente parle sommet.

Diamètres extérieurs : bis-épineux, 24 centim., bi-crête, 26 centim., conjugué externe, 18 centim, et demi.

Au toucher vaginal, col dilaté admettant 2 doigts: bords souples et tranchants,

membranes intactes, sommet assez dur, mobile au-dessus du détroit supérieur, :

la fontanelle postérieure en arrière.

A 3 heures de l'après-midi la femme, ayant fait un mouvement, perdit les:

eaux. Le col alors s’est presque complètement dilaté et. admettait 3 doigts, ie sommet fixé.

Le lendemain matin, 31 décembre, sous l'influence des douleurs qui se produisaient régulièrement, le sommet s'était engagé davantage. Battements fœtaux normaux, pas de bosse séro-sanguine. Température, 370,8.

Dans la soirée les douleurs diminuèrent d'intensité : en même temps la mère s’épuisait, la bosse séro-sanguine augmentait et les battements fœtaux s’accélérèrent; si bien que à une heure du matin (1er janvier), je décidai de faire une application de forceps.

J'employai le forceps du professeur Madurowiez sous chloroforme. Application

suivant le diamètre oblique droit dans la partie supérieure de l’excavation.

La tête descendait lentement. A la quatrième traction bien qu'elle fût modérée, je sentis un craquement à la suite duquel la tête fut extraite rapidement.

Le pariétal et le temporal portaient l'empreinte de la cuiller droite.

En même temps que la tête était extraite, se faisait un hématome de la grande lèvre droite. L'accouchement fut terminé rapidement. Il s’écoula une certaine quantité de liquide amniotique teinté de méconium de mauvaise odeur.

Délivrance suivant la méthode de Crédé.

Lavage vaginal et intra-utérin avec 3 litres d'une solution aqueuse de créosine à 2 p. 100.

Glace sur la région de la symphyse et sur la vulve.

L'enfant pesant 4.500 gr., mesurant 58 centim., mourut au bout d’une demiheure:

2 janvier. Température du matin 379,8, du soir 39°. Utérus douloureux et volumineux, en latéroversion gauche. 2 irrigations vaginales avec solution de créosine 2 0/0.

Le 3. Témpérature 390,6, 390,8.

Lochies fétides.

Le 4. 40°, 390,4. Point de côté.

Le 5. 400,2, 39°,6.

Tuméfaction de la région inguinale droite. Tumeur remontant à deux doigts au-dessus de l’arcade de Fellope.

Le 9. 390,6, 400,5.

Pneumonie du lobe inférieur droit en pleine évolution.

Le 7, 39°, 409,5.

Ventre un peu moins ballonné. La grande lèvre droite, très tuméfée est fluctuante dans la profondeur.

Le 10. La température oscille toujours entre 380,5 et 40°.

La pneumonie est en pleine résolution.

A la partie supérieure de la grande lèvre droite se fait une fistule qui mène dans une cavité au fond de laquelle on trouve une petite surface osseuse nécrosée. Pansement iodoformé.

Le 11. Par la fistule s'écoule une sérosité louche de mauvaise odeur. Le soir, frisson, état général mauvais.

Le 14. 370,8, 380,5. État général meilleur.

Le:15, 3%, 370,

Ph Vo rar

Mais les, jours suivants la température remonte, atteint 40°. L'état général S’affaiblit de plus en plus: diarrhée profuse, incontinence d'urine. L'utérus remonte à trois travers de doigt en dessus de la symphyse; par la fistule de la. grande lèvre droite s'écoule toujours un liquide lactescent; au fond on sent le pubis droit dénudé et rugueux. k

-Le 20, le professeur Obolinsky appelé en consultation confirme le diagnostic de disjonction de la symphyse.

La malade meurt le 29 : paramétrite, septicémie, œdème du poumon,

À L'AUTOPSIE. Involution utérine complète, endométrite puerpérale, déchi-

rure du col, vaginite diphtéroïde avec plaques de sphacèle à sa paroi posté

rieure.

Autour de la vessie et de l'utérus un exsudat sanieux et puant qui s'étend sous le péritoine dans la moitié droite dubassin du rectum à la symphyse ; puis il dépasse la ligne innominée, se prolonge en bas à la cuisse en traversant le

canal crural, en haut s’insinue sous le péritoine jusqu’en arrière du rein droit.

Les deux pubis dénudés de leur périoste, baignent dans le pus, la symphyse est disjointe. Pas de lésion vesicale.

30 RÉTRÉCISSEMENT DU BASSIN. — ABCÈS à

a) CAS SUIVIS DE GUÉRISON.

O8s. 69. — Professeur GUYON (Registres de la Maternité, 1864, tirée de la thèse d'agrégation du P' BUDIN, 1888). -

Primipare, 22 ans. Angle sacro-vertébral accessible et à 10 centimètres de ia partie inférieure de la symphyse pubienne. M.TI. D.P. (variété frontale).

L'accouchement naturel pouvait être espéré, mais les contractions, fortes du reste, étaient mal dirigées à cause d’une obliquité antérieure très prononcée. Non seulement la tête resta élevée et demi fléchie, mais la dilatation ne se fit pas.

A la salle de travail depuis six heures, Mme Alliot, constatant le peu de pro-

- grès du travail, appliqua dans le vagin la vessie-tamponnement, comme cela

avait été convenu avec M. Guyon.

Les contractions qu’on sollicitait,en donnant ce point d'appui à l’orifice, produisirent un peu d’amincissement pendant les cinq heures que la vessie fut maintenue dans le vagin. |

La première moitié de la nuit qui suivit fut agitée, et dans la seconde on fut : obligé de retirer la vessie que la femme ne pouvait plus supporter. ,

A 5 heures, les contractions augmentèrent de nouveau sans avoir plus de résultat. L’orifice épais et infiltré ne cédait pas et les téguments de la tête tuméfiés appuyaient seuls sur le segment inférieur et antérieur de l'utérus.

-L’angle sacro-vertébral était encore accessible. ‘

‘Dans la matinée, n’espérant plus la voir accoucher naturellement, M. Guyon fit cinq incisions superficielles pour débrider l’orifice utérin, Il appliqua ensuite le forceps, fit des tractions méthodiques et fortes. Ses efforts, unis à ceux de son interne, M. Perret, firent descendre la tête dans le petit bassin, mais après un craquement qui fut entendu de tous les assistants.

L'enfant naquit faible avec des contusions de la face, une fracture à l’occipital et une paralysie faciale du côté gauche. Néanmoins il but le lait qu’une nourrice lui fit couler dans la bouche.

“Après la sortié de l'enfant, on constata un écartement assez considérable de la symphyse pubienne, et la douleur qu'éprouvaitla femme à chaque mouvement du membre inférieur droit fit soupçonner l'existence de semblables lésions du côté de la symphyse sacro-iliaque correspondante. Elle fut transportée avec son enfant, qui mourut quatre jours après, à la salle Sainte-Margucrite, n° 6.

‘On immobilisa son bassin le plus complètement possible en la couchant dans une sorte de boîte remplie de son.

Les jours suivants, fièvre, ballonnement du'ventre, lochies fétides, incontipence d’urine. Injections d’eau-de-vie camphrée.

Il y eut arthrite traumatique sacro-iliaque droite qui guérit sans suppuration, selon toute probabilité, et une suppuration prolongée de la Symphyse pubienne avec nécrose d'une des facettes articulaires et une destruction de la partie antérieure de l’urèthre. Elle élimina un séquestre provenant du pubis gauche.

Cinq mois plus tard on sent par le doigt l’ancien foyer de suppuration de la symphyse qui a été détruite en partie, mais il n’y a ‘plus ni douleur, ni mobilité anormale. Les mouvements de la marche sont réguliers et libres. L’urèthre est large et court, causes de l’incontinence; on tenta deuxopérations pour rétrécir l'orifice uréthral qui n’en persiste pas moins, et rendit nécessaire l’usage d’un appareil à pelote comprimant l’urèthre.

b) CAS SUIVIS DE MORT,

OBS. 70. — Bacx (Thèse de Strasbourg, 1832).

Femme de 36 ans, petite, goitreuse, contrefaite.

Primipare, bassin en antéversion, sacrum très courbé, région sacrée presque horizontale, arcade cintrée, ventre en besace. Diamètre antéro-postérieur de dimension ordinaire.

Travail, rupture prématurée des membranes, douze heures plus tard la tête étant encore au détroit supérieur, M. Stoltz fait une application de forceps en O.T. G.A. Difficultés pour introduire l'instrument.

« À peine avait-il commencé à faire de faibles tractions qu'on entendit tout à coup un craquement semblable à celui qui vient de la fracture d’un os. La femme poussa un Cri plutôt par étonnement que par douleur, car elle n’en accusa au-

cune : aussi fut-il impossible dans le premier moment de se rendre compte du bruit qu'on y avait perçu. La tête n'avait pas encore franchi le détroit supérieur; les contractions étaient énergiques. Une nouvelle traction qui ne nécessita aucune foree fit descendre la tèfe dans l’excavation et dans le même instant on entendit encore une légère crépitation, Presque immédiatement après la tête fut plutôt chassée que tirée du détroit inférieur de même que le reste du . COrpPS. »

Cherchant à s'expliquer le bruit entendu, on examine la tête du fœtus qui ne présente aucune lésion.

-Le second jour douleurs aux parties génitales, le 5e jour écoulement involontaire des urines, état général grave s’accentuant jusqu’à la mort qui eut lieu le 21e jour après l'accouchement.

L’autopsie entr'autres lésions montre la rupture de la symphvse pubienne avec écartement d’un pouce. L’encroûtement cartilagineux du pubis gauche, arraché de cet os, est resté adhérent au côté droit. De très petites portions ont résisté à l'effort qui en a séparé la presque totalité. Les ligaments inférieurs et supérieurs sont rompus, les pubis' ne sont plus liés que par une espèce de plaque charnue, épaisse, placée à la partie postérieure de cet os, et formée tant par le périoste que par le tissu cellulaire lardacé. Elle formait la partie postérieure

- d’un abcès dont la matière purulente remplissait l’éspace entre les deux pubis immédiatement sous le mont de Vénus. Cet abcès s'étendait à gauche sur la face externe du pubis qui était dénudée. L'écartement dés os du pubis dépend de l’écartement en dehors de l’os innominé gauche, très peu de celui du côté droit : comme si la tête du fœtus n'avait agi que sur cette portion de l'arc du bassin formée par le premier.

Il y a également écartement avec tiraillement des deux symphyses postérieures.

Les os qui entrent dans la composition du bassin sont plus minces et plus légers qu'à l'ordinaire et présentent peu de surface compacte ; les os des îles, recourbés en dedans par leurs bords antérieurs. Le détroit supérieur est presque orbiculaire, lorsque les pubis sont rapprochés ; l’angle sacro-vertébral est proéminent; l'excavation large ; l’arcade bien cintrée ; sa branche gauche un peu plus courbée que la droite.

O8Bs. 71. — POULET (Mémoires et comptes rendus de la Soc. de méd. de Lyon, 1363-64).

Primipare, 27 ans, bassin régulièrement rétréci.

O. I. G. A. Travail long, forceps, dégagement brusque de la tête après un craquement assez prononcé.

* Incontinence d’urine, épuisement, mort par pleurésie.

AUTOPSIE. — Rupture de la symphyse pubienne entre le fibro-cartilage et la surface osseuse du côté gauche; écartement de 28 millimètres; cet écartement est limité par le ligament antérieur qui n’est qu'incomplètement déchiré et qui réunit encore les deux pubis. Cet espace est baigné de pus,

Lésions des symphyses sacro-iliaques.

Une mensuration exacte du bassin fournit les dimensions suivantes après le rapprochement complet des surfaces pubiennes :

Diamètre-antéro-postérieur... 1,6... 9Cent. D M AT NT ER LR SR EN ROZ Ge Pr QOMAPION SE RAM nee ee eee De — e sou CÉITOIL NIEMIOUR MR. 2e eee er

Si on écarte les os du pubis de 28 millimètres, le diamètre transverse acquiert un développement de 16 millimètres, qui le porte à 13,4, Il y a aussi un développement proportionnel des deux diamètres antéro-postérieur et oblique; cé bassin est donc assez régulier, mais rétréci d’un centimètre et demi environ.

O8Bs. 72. — DucHÊNE (Thèse de Strasbourg, n° 253, 1869).

La femme L..., âgée de 42 ans, taille moyenne, constitution assez bonne, mais fatiguée, tempérament sanguin, entra à la clinique obstétricale le 21 juin 1869, en couches depuis quinze jours et dans les circonstances suivantes.

Elle était enceinte pour la sixième fois et avait eu successivement cinq filles. Le premier accouchement s'était terminé spontanément, mais après un travail long et pénible dans lequel l’enfant était venu mort au monde. Quant à l’accouchée, elle avait gardé le lit pendant un mois par suite d’une affection puerpérale dont nous ignorons la nature; elle était alors âgée de 27 ans. Les trois accouchements suivants se sont terminés spontanément après un travail facile, et la dernière couche avait été également assez bonne. Durant toutes ces couches, la malade fut atteinte d'affection miliaire, mais de peu de gravité.

Le travail du dernier accouchement s’était déclaré dans la nuit du 6 au 7 juin. La sage-femme ayant reconnu une présentation anormale, fit appeler un accoucheur, qui crut reconnaître à travers les membranes la présence d'un bras, pour

la réduction duquel il fit quelques tentatives de déplacement du fœtus par ma-

nœuvre externe. Enfin, à 5 heures du soir, la poche des eaux s'étant rompue, on reconnut la présence de la tête.

Comme les douleurs étaient peu fréquentes et peu vives, la sage-femme administra du seigle ergoté; dès lors les contractions devinrent continues, sans être plus efficaces. |

Un autre médecin appelé à 10 heures du soir, pendant que l’enfant était en danger de mort et cédant aux instances de la parturiente, appliqua le forceps. Cette opération fut un peu difficile; il fallut-retirer la première branche introduite (branche mâle) pour la replacer une deuxième fois : l'extraction put enfin être faite, mais avec des efforts de traction assez considérables.

Pendant l'opération, la femme se plaignit de douleurs vives à la région sacrée.

La délivrance n’offrit pas de difficultés, la matrice revint facilement sur ellemême et il n’y eut aucun symptôme inquiétant du côté du ventre,

L'enfant, du sexe masculin, dans un état de mort apparente, put être facilement rappelé à la vie; il portait des traces nombreuses de compression des cuil-

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lers de l'instrument, et notamment du côté de la nuque une plaie transversale de Ow,01 de longueur, pénétrant toute l'épaisseur du derme.

Par suite de la compression que le plexus nerveux avait éprouvée de la par de Pinstrument, les extrémités inférieures étaient frappées de paralysie; non seulement les mouvements volontaires étaient impossibles, mais les mouvements transmis étaient très douloureux. La malade sentait dans les membres comme un engourdissement général, en même temps que des fourmillements continuels.

Le 4e jour se déclarait une éruption miliaire directe qui se localisait sur les côtés du cou et était accompagnée d’une dyspnée très intense. La malade était prise le même jour de diarrhée ; les selles étaient fréquentes, fétides et invo- Jontaires, symptômes d’une paralysie du rectum.

Le 23 juin, jour où la malade fut conduite à la clinique, nous la trouvons très affaiblie, très abattue, avec une physionomie exprimant la souffrance et.en. proie à des frissons qui se répètent fréquemment. On prescrit 10 centigr. d'extrait gommeux d’opium en potion, à prendre pendant la journée. Des lavements administrés à plusieurs reprises à la malade n’ont pas été conservés pa’ elle.

Le 24. La nuit a été assez bonne, à 9 heures du matin s’est déclaré un frisson violent, accompagné d’horripilation et suivi de chaleur et de transpiration. Pas de selles dans la journée. P. 88. T. 380,2.

Le 26. L'état d’affaissement est très considérable, le ventre est élevé, tendu, douloureux dans la région inférieure, surtout la fosse iliaque ; aussi le professeur Stoltz appelle-t-il notre attention sur la région pelvienne, qui doit être, dit-il, le siège de quelque grande lésion. La malade a eu une selle spontanée en diarrhée le matin ; les extrémités inférieures sont toujours très douloureuses et la flexion des membres inférieurs provoque dans les cuisses et dans les lombes une douleur plus vive encore qu'auparavant.

Potion opiacée et cataplasmes opiacés.

Le 27. Apparition d’un êrysipèle de la face.

Le 28. La nuit a été très agitée, il n’y a cependant pas eu de frissons, mais beaucoup de chaleur, le gonflement et la rougeur de la face ont beaucoup diminué ; cependant ces parties sont toujours chaudes. Les jambes sont toujours aussi enflées, et la malade se plaint d’un endolorissement général. Le ventre est aussi élevé que les jours précédents, mais il est mou et dépressible. La région pubienne est sensiblement élevée, saillante, empâtée ; dans la profondeur on sent comme un peu de fluctuation, sans changement de couleur de la peau. Les parties génitales sont œdématiées. [Il existe surtout une sensibilité très vive sur la ligne de la symphyse pubienne où la malade éprouve de vives douleurs, principalement quand elle se retourne dans son lit pour se coucher sur le côté ; toujours mêmes plaintes du côté de la région sacrée ; pour remuer les membres inférieurs elle doit les prendre avec la main.

Le 29. Cris de douleur, refus d'aliments.

L'’œædème des parties génitales et le gonflement de la région pubienne, qui

présente déjà un certain degré d’élasticité et même de fluctuation, une mobilité extraordinaire, dont jouissent les os innominés à la partie inférieure, et des douleurs assez vives au niveau de l’échancrure sciatique, font supposer à M. le professeur Stoltz que les tractions du forceps ont dù déterminer une diduction des symphyses, laquelle à été suivie d’inflammation et se terminera probablement par suppuration.

Le 30, Mêmes symptômes. P. 104. T. 38,2, frissons.

Jours suivants, frissons répétés.

5 juillet. Le gonflement va en augmentant de jour en jour, peut-être ces symptômes ne sont-ils que les signes précurseurs d’un abcès en voie de formation.

Le 7. Langue sèche, agitation.

Le 9. Délire, abattement. P. 116. T. 380,6

Les phénomènes locaux se sont amoindris.

La malade succombe le 11 juillet 1869 à deux heures de l'après-midi après des alternatives de coma, de délire et de jactation.

AUTOPSIE. — Elle fut faite 24 heures après la mort. A l'ouverture du cràne on trouve un épanchement sous-arachnoïdien séreux et purulent vers la partie postérieure droite du cerveau; à gauche on constate la présence de sérosité et d'une petite quantité de liquide cérébro-spinal.:On ne trouve rien dans les ventricules.

On rencontre dans le poumon plusieurs amas de matière purulente, abeëès métastatiques (ou embolies) dont on constata aussi la présence dans le cerveau.

A l'incision de la paroi abdominale vers la région pubienne, on vit s’écouler 2 à 300 grammes de pus blanc et crémeux, et l’on put constater à l’aide du doigt une déchirure immense au niveau de la symphyse pubienne qui avait subi un écartement de deux centimètres.

On constata de plus une diduction de la symphyse sacro-iliaque de sorte que l'os iliaque droite se trouvait complètement séparé du reste du bassin; l'os iliaque gauche n'avait pas bougé.

Du côté des os pubis les lésions étaient les suivantes : ligaments décollés et déchirés, cartilages d’inscrustation presque complètement disparus, ligament de Poupart détaché, canal inguinal disparu. On constatait encore que le pus avait fusé en haut dans la région hypogastrique, et en bas dans la gaine du muscle pectiné.

Du côté de l'utérus on voyait que le cul-de-sac péritonéal postérieur renfermait 100 grammes de pus environ, les ovaires gonflés baignaient dans le pus remplissant le cul-de-sac. Après les avoir essuyés, ils présentaient une teinte ardoisée, résultat probable d’une ancienne suffusion sanguine. Le péritoine était pâle, les intestins boursouflés et distendus par uné énorme quantité de gaz.

Traces de péritonite et de pleurésie anciennes.

D'après ces diverses lésions il nous était permis de conelure que le point de: départ de tous ces accidents avait été la rupture des symphyses pubienne et sacro-iliaque droite, qu'il en était résulté une inflammation vive qui avait

SNS =

passé à la suppuration et que la résorplion purulente, qui s'était déclarée ensuite, avait amené la mort.

Diamètres du bassin :

Diam. antéro-postérieur du détroit supérieur. .,... ..,. 10 cent. LP LSACIO-SOUS-pUbieni rs 0 RE MR ee st ADS On a ue ru er a ec mn ce a EP ee LAN D EURE ARRET EEE ARC SR SL ES

Le bassin présentait quelques traces de rachitisme, les cavités cotyloïdes faisaient un peu saillie en dehors et les os eux-mêmes montraient un certain degré de transparence.

Les diamètres de la tête fœtale ne furent pas mesurés à la naissance.

Duchène prétend qu’en raison des antécédents de la malade on aurait peut-être pu se dispenser de se servir du forceps. Ayant accouché déjà cinq fois, il est probable, dit-il, que la tête aurait fini par se fléchir et par se dégager spontanément.

OBs. 73. — CayLa (Thèse de FRAISSE, 1882).

Primipare, bassin ostéomalacique. Disjonction des symphyses, arthrite purulente; mort en cinq jours.

Louise L..., 20 ans, constitution faible. À été réglée à 15 ans; menstrues régulières. Vers le 20 novembre 1880, les règles disparaissent, marquant le début d'une grossesse. Elle nous arrive le 3 septembre 1881, à la fin de son neuvième mois ; les membranes se sont rompues avant tout début de travail.

Présentation en O.I.G.T. Le doigt pénètre dans le col ; promontoire très saillant. Diamètre sacro-sous-pubien, 8 centim. 8 sans déduction.

En parcourant avec l'index l'aire du détroit supérieur, on remarque que la circonférence présente une très grande irrégularité.

À gauche, l’excavation paraît régulière, mais de dimensions petites. A droite, au contraire, on rencontre en promenant le doigt, une saillie au niveau de l'éminence iléo-pectinée, saillie qui avance dans le bassin, dont elle rétrécit considérablement l’aire utile.

Du reste, même disposition de l’autre côté, bien moins marquée toutefois.

Le bassin ne présente pas d’obliquité, cette saillie de l’éminence iléo-pectinée rappelle la comparaison classique d’un cœur de carte à jouer.

Rien dans l’aspect de la malade n'aurait pu faire supposer une irrégularité aussi grande du bassin. Le ventre est très développé, obliquité très grande de l'utérus de haut en bas et de droite à gauche. Bruits du cœur fœtal réguliers, bien frappés, superficiels, leur maximum est à gauche à quatre travers de doigt en dehors de l’ombilic.

Le lendemain, au matin, la dilatation n’a pas fait de progrès, la présentation est très élevée et presque inaccessible au toucher vaginal. La malade perd encore ses eaux par moments; l'utérus est comme tétanisé, la tête fixée, la position paraît définitive.

Pendant tout le jour, contractions fortes et nombreuses. Le troisième jour, lundi matin,la dilatation est comme une pièce de 1 franc. Le col est effacé, aminci. Pommade belladonnée,lavement de chloral.

Lundi soir, l'orifice est comme une pièce de 2 francs, les battements fœtaux sont moins forts et même irréguliers ; le deuxième bruit disparaît par moments. Contractions fréquentes, pouls rapide. L'enfant est épuisé, l'enfant perd du méconium.

Mardi matin, la tête commence à s'engager ; on conslate une bosse sanguine ; la fontanelle postérieure est accessible, elle est située à gauche.

La tête est dans le diamètre oblique gauche.

Application du forceps Tarnier à 10 heures du matin. Introduction de la branche gauche.

Application très oblique ; le manche est placé presque de champ, il est fortement reporté vers la droite et en bas. L'introduction est assez laborieuse.

Introduction de la branche droite. Contrairement aux prévisions qu'on pourrait avoir, en raison de la saillie osseuse signalée plus haut, l'introduction est assez facile.

La branche introduite directement à droite, accomplit un mouvement de spirale qui la fait glisser sous le pubis, les branches s’articulent aisément.

Après quatre minutes de tractions, la tête descend dans lexcavation ; mais le forceps dérape et on est forcé de procéder à une deuxième application.

Après quelques tractions, la tête semble descendre un peu; mais les branches glissant de nouveau, on est obligé de faire une troisième application. Cette fois la vis est fortement serrée, la tête descend, la rotation s’accomplit, l'enfant peut être extrait. Légère déchirure du périnée.

L'enfant est vivant, mais il a une hémiplégie faciale droite complète.

La tête a été saisie suivant un diamètre oblique. La cuiller postérieure (gauche) porte sur la bosse frontale gauche, et arrive au-dessus de l'œil, envahissant la fosse-temporale.

La cuiller droite a laissé son empreinte sur la partie latérale de la tête, en arrière du pavillon de l'oreille. La grande courbure de la cuiller a même tracé un sillon passant derrière le pavillon et correspondant au point où le nerf facial sort du trou stylo-mastoïdien.

L'enfant pèse 3,400 gr. ; son diamètre bipariétal est de 9 centimètres.

La délivrance se fait rapidement et spontanément. On fait tout de suite après deux lavages phéniqués et deux injections sous-cutanées d’ergotine.

Le lendemain de l'accouchement, l’état de la malade paraît assez bon, mais elle éprouve une impossibilité absolue de soulever tant soit peu les membres inférieurs, de les détacher du plan du lit. Les moindres mouvements provoqués déterminent de violentes douleurs dans le bassin, surtout au niveau de la symphyse pubienne. Le plus petit attouchement en cet endroit arrache des cris à la malade, et l’on ne peut, par des pressions latérales, rapprocher l’un de l’autre les os coxaux sans la faire horriblement souffrir.

Cet état de choses ne s'améliore pas, au contraire. La journée du 8 septembre

So

est très mauvaise. À ce moment, apparaissent des symptômes généraux de la plus haute gravité. La malade a des frissons, elle présente de la diarrhée et de là rétention d'urine. Des plaques de sphacèle se montrent sur la vulve, remontant jusque dans le conduit vaginal.

Le lendemain 9 septembre, au matin, les symptômes généraux et locaux s’aggravent encore; au-dessus de la symphyse pubienne est apparue une large bande érythémateuse; toute cette région est comme empâtée et très douloureuse. À ces symptômes vient encore s'ajouter un ballonnement assez considérable de l'abdomen.

L'état s'aggrave de plus en plus et rapidement ; la malade tombe dans le collapsus et finalement meurt le 9 septembre à minuit, c'est-à-dire 5 jours après l’accouchement.

L’AUTOPSIE est pratiquée le 11 septembre, à 10 heures du matin. A l'ouverture du ventre, dont le ballonnement a encore augmenté, on constate une légère vascularisation de l’épiploon et du péritoine en général ; néanmoins la séreuse contient très peu de liquide. On ne trouve que quelques fausses membranes blanchâtres et friables, dans les flancs, retenant l’épiploon.

Mais c’est au niveau de la symphyse que l’on constate Les lésions les plus intéressantes. Après avoir enlevé les parties molles qui la recouvrent, une chose qui frappe tout d'abord, est l’écartemént considérable qui existe entre les deux os pubis, écartement qui mesure 2 centim. et demi.

Continuant la dissection, on tombe sur un foyer purulent, qui occupe toute l'articulation interpubienne. Au milieu d'un pus gris sale, de mauvaise nature, nagent des détritus de cartilages, provenant de l’article rompu. Les surfaces osseuses articulaires sont à nu ; leur surface a un aspect gris noirâtre, et leur consistance va jusqu'à la friabilité.

Le foyer purulent se prolonge au-dessus de la symphyse dans toute la région qui correspond à cette zone érythémateuse que l’on avait constatée pendant la vie. À ce niveau le pus s’est infiltré entre les fibres des muscles droits de l’abdomen.

Inférieurement, vers la partie la plus déclive de la cavité de l'abcès, on trouve un orifice qui admet largement un stylet, celui-ci parcourt un conduit qui va s'ouvrir à la partie supérieure du vagin.

Au niveau de cette dernière ouverture, de même dans la plus grande partie du conduit vaginal, il existe de larges eschares.

Mais ce qui frappe le plus, après avoir vidé la cavité pelvienne de tout ce qu’elle contenait, ce sont certainement l'extrême irrégularité et les dimensions anormales du détroit supérieur et du bassin en général, toutes choses dont on . ne pouvait se faire une idée très nette pendant la vie de cette femme.

Le diamètre sacro-sous-pubien est de 8 centim., chiffre qui se rapproche de celui qu'on avait obtenu par la mensuration digitale. Les éminences iléo-pectinées. font une saillie très prononcée en dedans et diminuent considérablement l'aire utile du bassin, en lui donnant l'aspect d’une feuille de trèfle.

En un mot, ce bassin présente à un haut degré la conformation ostéomalacique. En voici du reste les dimensions :

LhGo8S—

Diamètre sacro-sous-pubien. 1. OR POUR srrasese cent. 0 Distance de l’'éminence iléo-pectinée droite au pro:

Montoire diese nEuLCl Le RE DT UP Distance de l’éminence iléo- pectinés gauche au SE

MOntOITe 2e. M NAT ELES DIR Bien APE C AE ma brtes68 Hauteur verticale dus sacrum . ASE ER ARIANE Diamètre oblique gauche. ........... NP USE HN ER 280 Diamétrewblique droit FIRE nu 1. CAE?

Distance entre les deux ne. iliaques antéro ee

MCUPOS ANR Re NA RE RTE oitlrrnend ee

Le squelette de cette femme ne présentait aucune des déformations appartenant au rachitisme. Pas la moindre déviation de la colonne vertébrale, pas de chapelet chondro-costal, pas d’incurvation des tibias.

Cette femme était d'une taille élevée, et rien n'aurait pu faire soupçonner, des déformations aussi accusées du côté de son bassin. C’était, en un mot, une dystocie absolument inattendue.

Notre cas présente du reste de nombreuses particularités. Ainsi, on n’a point entendu ce craquement signalé dans presque tous les faits analogues de disjonetion de la symphyse pans ne produite à l'occasion d'une application de forceps.

Ici la disjonction s’est faite sans secousse, sans efforts, probablement au moment de l'application de la seconde branche, laquelle a éloigné l’un de l’autre les os pubis ; ce serait donc en agissant plutôt à la façon d’un levier que le forceps aurait produit l'accident.

Mais quelle que soit l'explication, cette rupture ne peut s'expliquer que si l'on fait intervenir un autre élément dans sa production ; c’est-à-dire l’arthrite préexistante de la symphyse pubienne. L'état rugueux des surfaces osseuses, la destruction à peu près complète des cartilages existaient vraisemblablement depuis une certaine époque, avant que l'accouchement eut lieu. L’arthrite a donc, dans l'espèce, favorisé la disjonction ; de plus, nous avons acquis la certitude, par plusieurs expériences faites avec le forceps Tarnier, sur la réductibilité de la tête de l'enfant, que jamais on ne serait parvenu à extraire ce dernier si la disjonction ne s'était pas produite.

Ons. 74, — BRAUN VON FERNWALD (Arch. f. Gynæk., XLVII, 1894).

Nonipare, 41 ans, entrée le 4 août, morte le 14. Bassin simplement aplati, diam. conjugué vrai 9 cent. O.I.G.A.

Premières douleurs le 2 août, rupture spontanée le 3 août, à 3 he ‘du matin. On avait tenté plusieurs applications de forceps très énergiques en ville ; amenée le soir à la clinique, elle a 390,4 de température.

Ecoulement vaginal fétide accompagné de frissons. Dilatation de 6 cent. Sommet fixé transversalement au détroit supérieur, enfant vivant. On applique le forceps Simpson, extraction avec déchirure du col à gauche. Délivrance arti-

AN eee |

ficielle puis hémorrhagie, injection intra-utérine à l'acide phénique à 5 p. 100. Enfant vivant 4,400 gr, 53 cent. de long. ar Pendant les cinq premiers jours, la température monte progressivement ; le 9e jour la malade se plaint de doulours dans la région de la symphyse ; le 7e jour, météorisme ; le 11e jour, mort de septicémie. AUTOPSIE. — Endométrite septique, phlébite suppurée péri-utérine, écartement des os de la symphyse d'un travers de doigt avec foyer suppuré. Rétrécissement moyen du bassin, avec conjugué vrai de 9 cent.

40 Observations résumées non classées par absence de détails.

a) CAS SUIVIS DE GUÉRISON.

O8s. 75. — MORENHEIM (Wien. Beitr. 2. prakt. Arztnk. u. Gebh., Wien., 1781, p. 346, citée par ULSAMER).

Primipare jeune. Le travail dura longtemps.

Finalement, après trois jours de douleurs, la tête s'engage ; on fait alors une application de forceps : douleur très violente à la symphyse ct des deux côtés du sacrum. Enfant mort ; la tête était fortement écrasée.

Impossibilité de se tenir debout. Incontinence d'urine. Mobilité anormale de la symphyse. Comme traitement on se contente d’attacher les picds de la malade. Guérison. j

O8Bs. 76. — D'OUTREPONT (Gemeins. d. Zeitschr. f. Geb., 1830).

Application de forceps.

Pendant les dix premiers jours, douleur à la pression au niveau du pubis et mobilité anormale de la symphyse probablement disjointe par l'accouchement. Bandage sur le bassin. Onguent mercuriel sur le pubis. Décubitus horizontal. Diète. Guérison complète en 27 jours.

Ogs. 77. — D'OuTREPONT (N. Zeitschr. f. Geb., 1834, t. I, p. 85).

Angle sous-pubien étroit. Application de forceps.

Extraction à la 3° traction accompagnée de douleurs violentes au niveau de la symphyse.

L’écartement du pubis est d’un demi-pouce; il est exagéré ou diminué selon qu’on écarte ou qu’on rapproche les os iliaques

Guérison en 14 jours.

O8s. 78. — GMELIN (Th. Tubingue, 1854).

Primipare, 283 ans. Promonto-pubien minimum 3 pouces 2 lignes. R. g

« + = te *

0 2 mu

Forceps. Extraction facile après deux tractions:

Pas de symptômes de rupture pendant l’accouchement.

Vers le 4 jour, douleurs au niveau du pubis et dans les cuisses. |

Le 22e jour, grosse tuméfaction de la région pubienne +epamoagnne d’une exacerbation de la douleur, |

L’abcès se collecte, est incisé. II s’en échappe du pus fétide.

Guérison en 2 mois.

O8s. 79. —IMBERT (Arch. gén. de médecine (2), in Gmelin, Thèse Tubingue, 1854.)

Bassin rétréci. Forceps.

Craquement et descente subite de la tête. Déchirure du vagin. La rupture s’est produite entre le pubis droit et le fibro- cartilage. Écartement d’un pouce.

Néanmoins on fait une nouvelle application de forceps après avoir assujetti le bassin avec une ceinture pelvienne. Pendant qu’on termine l'extraction on perçoit plusieurs autres craquements.

L’écartement final de la symphyse atteint 2 pouces.

La déchirure du vagin est cicatrisée en 15 jours.

Application d’une ceinture pelvienne.

Consolidation du pubis en un mois; cés deux os sont maintenus écartés par une masse fibreuse où osseuse. Le bassin par suite setrouva élargi, si bien que plus tard la femme accoucha spontanément d’un enfant à terme.

O8Bs. 80.— AHLFELD (Schmidts Jahrb., 1876).

. pare de 33 ans.

Durée du travail, 7 h. 1/4. On est obligé de faire une application de forceps au détroit inférieur en O.I.D.P. pour ralentissement des battements fœtaux et inertie utérine. L’extraction ne fut pas forcée. Enfant vivant pesant 3.420 gr, longueur 51 centim.; son crâne est particulièrement ossifié.

Le lendemain, douleurs très violentes au niveau de la symphyse. Mobilité anormale entre les 2 pubis.

Bandage pelvien.

Les douleurs ont disparu le 14e jour.

Guérison complète le 20e jour.

b) CAS SUIVIS DE MORT.

OBs. 81. — HUTER (N. Zeitschr. f. Geb., 1851, t. XXXI, p. 349).

Ilpare de 31 ans.

Premier accouchement, forceps.

Cette fois encore, forceps et extraction difficile des épaules ; on ne perçut pas

de craquements, la femme n'éprouva pas de suite de douleur nettement localisée à la symphyse. | Mourut d'hémorrhagie.

Avant l'accouchement la malade avait eu une douleur profonde à l'hypogastre. AUTOPSIE. — Scoliose.

Rupture de la symphyse pubienne. Ecartement, un pouce. Les deux articulations sacro-iliaques sont légèrement béantes en avant.

O8s. 82. — E. MARTIN (Monatsschr. f. Geb., XXVIL, p.138).

Perforation du crâne et extraction avec le forceps. La femme mourut de déchirure de la paroi utérine postérieure produite par le forceps. A l'AUTOPSIE : rupture des 3 articulations du bassin.

(Cas relaté en détail par Heim. Diss. inaug. Iéna. De pelvi ubique justo minore.)

OBs. 83. — (Citée par ULSAMER et tirée du Journal de v. SIEBOLD, t. X, p. 270.)

Un anonyme aurait été témoin du fait suivant :

Deux professeurs ayant inventé chacun un forceps veulent accoucher une jeune femme de 17 ans.

Le premier applique son instrument ; mais il dérape ; le second alors saisit la tête avec son modèle spécial de forceps, fait 40 tractions et finalement extrait l'enfant ; mais la femme mourut subitement avec des convulsions.

L’AUTOPSIE révéla une disjonction traumatique des symphyses.

OBs. 84, — ELIAS VON SIEBOLD (Journal der Geburtshülfe. t.I Frankfort, 1813).

Femme ayant un bassin rachitique très étroit, tête enclavée. Tentatives vaines du forceps pendant trois quarts d'heure ; puis céphalotripsie.

La malade mourut d'infection.

A l’AUTOPSIE, métrite, mais pas de traumatisme des parties molles. La disjonction de la symphyse (1/4 de pouce d'intervalle) est due probablement aux tractions exercées sur le forceps ou au passage des épaules.

OBs. 85. — HOFFMANN (Monatsschrift f. Geburtskunde, t, IV. p. 413, 1846).

Bassin aplati. Diamètre promonto-pubien minimum 8 centim. Accouchement provoqué prématurément. Tentative infructueuse de forceps au détroit inférieur ; l'extraction réussit enfin grâce à la manœuvre suivante : l'index d’une main accroche le maxillaire inférieur exerçant sur lui de fortes tractions, tandis que l'autre main placée sur l'abdomen de la malade fait de l'expression.

Pendant l'extraction, la malade éprouve une sensation de déchirure, puis après l'accouchement une douleur dans la fesse et le pubis.

Pendant les suites de couches, abeès de la région inguinale droite. Mort après 8 semaines.

Os. 86. — GMELIN (Th. Tubingue, 1854).

- VIpare, 36 ans. Bien portante.

Accouchements antérieurs normaux. ]

Vomissements incoercibles pendant la grossesse. Etat général très mauvais.

- Mort. Semble avoir été due à une cause extra-génitale. fs

À l’AUTOPSIE : relâchement tel des symphyses du bassin qu’il DÉEmIeE aux: os de jouer les uns sur les autres. Les pubis sont distants de 1 centimètre et demi : entre eux une cavité contenant une sérosité jaunâtre et tapissée par un épithélium à cellules plates.

O8s. 87. — KRIELE (Th. HALLE, 1882).

Forceps, déchirure des articulations du bassin. Mort. Le bassin était nettement en entonnoir.

D, — RUPTURE AU COURS D'UNE BASIOTRIPSIE OU CÉPHALOTRIPSIE a) Cas suivis de guérison.

OBS. 88. — DEPAUL (Bulletin de la clinique, 1886).

Naine de 1 m. 04, 18 ans, saltimbanque.

Bassin régulier, diamètre antéro-postérieur : 6 centim. 5.

A terme, en travail depuis vingt-quatre heures, forceps, tractions faites par une seule personne, puis par deux simultanément, mais en vain. Crâniotomie et céphalotripsie. Enfant de 2,400 gr. sans la substance cérébrale.

Disjonction des symphyses, laissant un écartement de 3 à 4 centim. Eschares du vagin et incontinence d'urine prolongée.

L'’écartement diminué existait encore un mois plus tard.

OBs. 89. — SCHAUTA (AUlg. Wiener med. Zeitschrift., 1882, n° 28).

B. M..., primipare de 32 ans. Bassin aplati, non rachitique.

Diamètre promonto-pubien minimum : 8 centim. 5.

Tentative vaine de forceps, puis perforation du crâne et extraction au moyen du crânioclaste.

Deux déchirures longitudinales de 6 à 7 centim. de long. des parois vaginales

antérieure et postérieure.

Le doigt explorant la déchirure antérieure pénétrait dans une cavité limitée à

droite et à gauche par les restes de la symphyse pubienne rompue et disjointe.

On appliqua un ue contensif ; mais il ne put être supporté plus d’une demi-heure.

: Troisinjections daile par jour avec une solution phéniquée à 1 p. 100.

Le troisième jour la fièvre s'allume, formant une courbe à grandes oscillations et progressivement atteint 400,7 le septième } jour. En même temps, œdème douloureux du membre inférieur gauche.

Le 28 juin (19e jour de l’accouchement), l’écartement de la Syiiphyse à AUGmenté et atteint maintenant 3 centimètres et demi.

Le 8 juillet, les déchirures du vagin sont complètement cicatrisées.

Quelques jours après, autour de la symphyse rompue se forme un abcès qui, à cause de l’oblitération de son ouverture vaginale pointe vers la peau et finit par s’ouvrir spontanément le 22 juillet.

L'orifice, de la grandeur d'une lentille, laisse écouler une grande quantité de pus; on prit soin de maintenir cette fistule ouverte.

Le 17 août, la malade se lève.

Le 4 septembre, la symphyse est parfaitement réunie et solide. Au point où s'est faite la soudure, on sent en arrière, et parallèle à l'articulation, une arête aiguë de forme et de dimension analogues à celle que forme souvent le cartilage proéminent vers la cavité du bassin.

Ce qui est intéressant dans cetteobservation (dit Schauta\, c’est que la guérison s’est effectuée sans application de bandage contentif. Le rapprochement et la réunion des fragments peut s'expliquer par la rétraction du tissu cicatriciel placé entre ces fragments ; il est probable que ultérieurement des sels de chaux s’y sont déposés.

b) Cas suivis de mort.

O8Bs. 90. — SCHRÔDER (Manuel d'accouchements, 1875. Traduction CHARPENTIER, p. 500).

Bassin rachitique considérablement rétréci (conjugué vrai, 7 centim. Diam. transverse, 12 centim. 6).

Accouchement très difficile terminé par perforation du crâne et céphalotripsie.

Rupture de la symphyse pubIQnte,

Mort sept heures après.

Enfant pesait 8 livres moins la substance cérébrale et mesurait 60 centim.

Oss. 91.— AuLreLp (Schmidts Jakrb. Leipzig, CLXIX, 1876).

Premier accouchement, extraction au moyen du forceps d’un enfant mort. Deuxième accouchement à la maternité de Leipzig. Le bassin est mesuré. Diamètre antéro-supérieur, 8 centim.

re

Après les douleurs qui ont duré trois jours, application de forceps. Après douze tentatives successives d'extraction on fait la perforation de la tête, puis la céphalotripsie. Immédiatement après la terminaison de l'accouchement, douleur vive au niveau de la cuisse et de la symphyse pubienne. Péritonite, mort.

AUTOPSIE. — La symphyse du pubis est complètement disjointe, abcès de l'articulation, les extrémités des os sont écartées de 3 centim. 5. Le cartilage est détaché du pubis gauche. Disjonction et écartement des symphyses sacro-iliaques.

Pus dans quelques veines au niveau de l'embouchure des trompes, dans le col utérin et ailleurs. |

Abcès dans les parois vaginales.

O8Bs. 92. — AHLFELD (Schmidt's Juhrb., 1876, t. CLXIX, 1re ‘observation, 1867).

A. W..., secondipare.

A son premier accouchement application de forceps pénible, suivie de l’extraction d’un enfant mort. d HP IS

Travail long (rigidité du col) ; finalement les battements fœtaux devenant irréguliers, tentative de forceps sur le sommetsau détroit supérieur. 10 à 12 tractions restent sans effet, alors perforation du crâne et céphalotripsie sous chlorcforme.

L'enfant pesait 3,700 gr., et mesurait 54 centim. Quand la femme se réveilla elle accusa de violentes douleurs dans la symphyse et dans les hanches.

Le lendemain on reconnut une impotence complète des membres inférieurs. Rétention d'urine. x

Fièvre, frisson, tympanisme abdominal, vaginite diphtéroïde à partir du 2e jour.

Mort le 12e jour.

AUTOPSIE. — Écartement de la symphyse pubienne 3 centim. et demi, dé la symphyse sacro-iliaque droite trois quarts de centim., et de la gauche un demicentim.

Diamètres du bassin :

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