HO EE
Par son bord antérieur et son extrémité inférieure, elle est légèrement rejetée en dehors, d’où il résulte que les deux facettes, très rapprochées en haut et par leur bord postérieur qui fait saillie dans le bassin, sont espacées en bas et en avant par un espace triangulaire que le cartilage d’union vient occuper. Cette facette présente une hauteur de 30 millim. et une largeur de 40 millim.., elle est entourée d'une zone osseuse plus oblique en dehors que la facette elle-même, c’est l’empreinte d'insertion du ligament interpubien.…
Ces surfaces sont revêtues de cartilage; dans l’enfance, les pubis osseux se regardent par deux surfaces oblongues, convexes dans les deux sens, très distantes, coiffées d’une épaisse couche de cartilage hyalin dont la face adhérente fertile sert à l’accroissement et qui se prolonge en dessous, en avant et en dessus. Après la puberté, un point osseux épiphysaire naît dans le cartilage, à la place qui sera l'angle du pubis et s'étale sur le bord supérieur du corps pubien, sur sa face antérieure, enfin sur sa face symphysienne elle-même. ,
Chaque surface pubienne nourrit donc une croûte cartilagineuse qui reste hyaline sur une petite épaisseur et se transforme en fbro cartilage en approchant de la ligne médiane où ce dernier lui-même se désagrège pour former une cavité ou fente médiane. Au pourtour de ce bloc interosseux, le fibro-cartilage dure longtemps montrant une striation bien disposée pour l'union des os.
Moyens d'union. — Ce qui donne de la solidité à la symphyse, c'est le « manchon péri-osseux fibro-tendineux » resplendissant et: nacré.
Du côté du bassin, ce manchon est réduit au périoste très fort, couvrant et unissant les bords saillants et rembourrés des facettes pubiennes, dont la juxtaposition forme le bourrelet que l’on sent généralement par le toucher vaginal, et qu'il faut chercher derrière le milieu de la symphyse.
Au-dessus, derrière les tendons des muscles droits, ce périoste manchon devient très épais, et reçoit des faisceaux venus de loin, ceux qui enveloppent et bordent les crêtes des pubis.
En dessous, le sommet de l’arcade est comblé par une masse ligamenteuse triangulaire, haute de 15 millimètres, qui arrondit en arcade l’angle des chevrons pubiens (ligamentum arcuatum), et dont
le bord libre constitue la partie la plus mince, c’est le ligament souspubien.
En avant, le manchon périosseux n'est plus homogène en raison du grand nombre d'éléments tendineux qui viennent se tresser avec les siens et, en s’entrecroisant sur la ligne médiane, augmenter sa solidité et son épaisseur qui peut atteindre jusqu’à 10 millimètres. On y reconnaît les faisceaux descendants émanés du tendon des droits et pyramidaux de l’abdomen, les faisceaux du grand oblique qui viennent s'entrecroiser sur la ligne médiane et plus profondément une couche transversale appartenant à l’entrecroisement des adducteurs et du droit interne.
L’articulation se trouve donc enveloppée d'une gaine fibreuse complète, plus épaisse en avant qu’en arrière, dans laquelle des points renforcés constituent des ligaments dont le plus fort est l’antérieur qui est plutôt antéro-inférieur dans la position normale du bassin.
Étudions maintenant les rapports de cette articulation.
La face antéro-inférieure est directement recouverte par l’entrecroisement des fibres d'insertion des muscles voisins, le tissu cellulograisseux très épais et la peau du mont de Vénus. Plus bas, dans la partie excavée formée par le ligament arqué, elle répond à la soudure des racines des corps caverneux du clitoris, entre lesquelles se trouvent les veines faisant communiquer les veines clitoridiennes avec celles du bulbe du vagin. Le ligament suspenseur du clitoris rattache à la face antérieure de la symphyse ces organes qui en sont séparés par un tissu cellulaire lâche.
La face postéro-supérieure répond à la face antéro-inférieure de la vessie dont elle est séparée par du tissu cellulaire très riche en plexus veineux. Près du bord inférieur de la symphyse, cette loge prévésicale est fermée par la réflexion des fibres tendineuses vésicales, au milieu desquelles passent de nombreuses veines. Accolée à la symphyse se trouve une arcade artérielle rétro-pubienne constituée par un rameau de l’obturatrice s'anastomosant avec un semblable venu du côté opposé.
Le bord supérieur répond aux tendons des droits et des pyramidaux, et entre ces derniers à un triangle fibreux, attache inférieure de la ligne blanche ; en arrière il est libre. On y trouve deux arcades vasculaires très importantes à cause de leur volume dans les derniers
Ex :
mois de la grossesse : l’une artérielle est formée par une anastomose entre des rameaux de l’épigastrique, donnant des branches qui s’enfoncent dans l'épaisseur du fibro-cartilage ; l’autre est veineuse.
Le bord inférieur formé par le ligament arqué est continué par l’aponévrose moyenne du périnée. Son bord tranchant est en rapport avec la paroi supérieure de l’urèthre au moment où ce canal perfore l’aponévrose moyenne du périnée, ce qui explique certaines ruptures de l’urèthre.
$ 2. — Ce que devient la symphyse pubienne à la fin de la grossesse et pendant l’accouchement.
Il a été de tout temps admis par la majorité des accoucheurs que les articulations propres du bassin, qui ne permettent à l’état normal que de légers glissements, deviennent très mobiles pendant la grossesse, s’écartant même pendant l'accouchement. Paré, Hunter, Morgagni, Riolan, Spiegel, Duverney ont vu sur des femmes récemment accouchées « les pubis chevauchants et mobiles ».
Luschka, qui a repris la question, est arrivé aux mêmes conclusions. Pour constater ces mouvements de glissement, le professeur Budin conseille le moyen suivant : la femme étant debout, on introduit le doigt dans le vagin et, la pulpe de l'index étant dirigée en haut, exactement appliquée sur le bord inférieur de la symphyse, on fait marcher la malade. À chaque pas on sent une des branches osseuses qui chevauche, descend considérablement et refoule le doigt ; puis cette branche remonte, et c’est celle du côté opposé qui à son tour descend. La branche qui reste élevée correspond à la jambe qui demeure immobile, sert de soutien au tronc ; la branche qui descend correspond au contraire au membre inférieur qui se déplace et progresse.
Cette mobilité, qui existe chez toutes les femmes enceintes, augmente au fur et à mesure qu’on approche du terme de la grossesse. Chez des femmes mortes en couches on a trouvé un écartement de 10 à 15 millimètres. Mm° Boivin l’a vu de 27 millimètres, Hunter et Morgagni de 3 centimètres. Elle serait d'autant plus considérable que la femme a eu plus d'enfants, et il peut alors persister une légère mobilité.
La cause de ce relâchement physiologique est diversement interprétée, les uns l’attribuent à une infiltration de sérosité qui ramollit et gonfle les ligaments et les cartilages, due au mouvement fluxionnaire qui active la nutrition de l'utérus et de ses annexes pendant tout le temps de la grossesse (Lenoir), ou à l’obstruction mécanique au retour du sang à travers les veines du pelvis. Les autres, comme Luschka et Henle, décrivent une fonte progressive du fibro-cartilage, résultant des congestions périodiques dont le bassin est le siège. Ce que l'on peutaflirmer, c’est que ce relâchement dépend bien de la gravidité, puisqu'on ne l’a jamais rencontré dans les tumeurs solides ou liquides occupant la même situation que l'utérus gravide ; nous devons donc rejeter l'opinion de Baudelocque qui nie l’épaississement des cartilages et prétend que l’écartement des surfaces est occasionné par l'utérus distendu par le produit de la conception ou la tête même du fœtus pendant l'accouchement.
Ce relâchement de la symphyse est Le facteur principal de la dilatation transversale du bassin, et l’écartement se fait quand « la tête du fœtus ou toute autre cause vient à agir excentriquement sur les os qui forment les articulations » (Lenoir).
Stoltz ne partage pas cet avis, l’imbibition et le ramollissement physiologique ne seraient pas tels qu'ils puissent augmenter d’une façon notable les dimensions du bassin ; lorsqu'il y a. relâchement manifeste, dit-il, c’est qu'il y a une cause pathologique. Quoi de plus difficile, en effet, que de fixer le moment où s'arrête la mobilité physiologique, et où commence le relâchement pathologique; avec Braun nous dirons que l’écartement n'importe en rien, le relâchement entrera dans le cadre pathologique quand il s'accompagnera de douleurs et de gêne dans la marche.