‹ La Russie agricole devant la crise agraireChapitre 100 sur 140 · ANT ES REPARER PSN · texte numérisé non relu

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. qui ne servaient jadis que comme pâturage. L'éle- . vage du bétail ne pouvait plus désormais garder ni

ses proportions d'autrefois, ni son caractère primitif,

“les proprictaires n'avaient plus la possibilité de se * contenter du revenu qui leur est apporté par 1 à

2 brebis par hectare, une fois que la valeur du terrain eut triplé ou quintuplé.

Tout changement d'anciennes coutumes étant difficile, une partie des éleveurs s’est décidée à quitter les lieux devenus moins propices à leur industrie et s'est transportée, avec tous ses troupeaux, dans des localités plus désertes, les steppes du Sud-Est, le gouvernement de Stavropol, les terres des cosaques du Terek, de Kouban, et plus tard jusqu'en Sibérie. Les autres ont considérablement limite le n#mbre de leur bétail et se sont eflorcés de fr're de l'élevage plus intensif, plus rationnel, approprie aux circonstances nouvelles; ainsi, au lieu et place des anciennes races locales de bétail à cornes, ils ont entrepris des croisements des animaux de ces races avec des reproducteurs de races étrangères plus précoces et plus appréciées sur le marché, des Shorthorn, des Charolais, etc.; d’autres encore ont trouvé plus avantageux de n'élever que des animaux pur sang. Même pour les brebis, certains éleveurs ont préféré remplacer les mérinos par des races de boucherie, principalement de provenance anglaise. Ceux qui ont gardé les bêtes à laine ont considérablement réduit leurs troupeaux, tout en donnant encore plus

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de soin que jadis à la production d'animaux à forte toison et de grande stature, afin de les livrer à des "prix plus avantageux à la boucherie ; on a même fait des essais de croisement des moutons mérinos avec des animaux de taille plus forte, des races à viande, et si la qualité de la laine s’en est fortement ressentie, l'augmentation du poids des produits de ces croisements est venue dédommager des pertes qui en résultaient sur les prix de vente de la laine. Sous le rapport de l'élevage, c'est donc une évolution complète qui s’est opérée.

Si, parallèlement, il s’est fait une évolution tout aussi sensible par rapport à l'agriculture proprement na dite, celle-ci a eu un caractère tout différent. Le défrichement des steppes, des terrains vierges, la production des céréales ont progressé à pas de géant, mais ce n'était qu'une ex! :sion em espace, le caractère de la culture étant resté tout aussi extensif et primitif qu'autrefois. Les faucheuses et les moissonneuses de toute espèce, y compris les , moissonneuses-lieuses, et des machines de mème genre, mais plus rudimentaires, construites dans Île pays, et surtout les batteuses à vapeur ont permis de faire beaucoup plus de travail avec beaucoup moins de bras que jadis ; ou plutôt, en profitant de l'afflux d'un nombre toujours croissant d'ouvriers durant la période estivale, on a pu, à l'aide de ces machines, étendre la culture à une surface cinq, dix et quinze fois plus grande que par le passé.

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