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décimer les troupeaux, mais il en restait toujours
assez, et les pertes occasionnées par l'épizootie étaient bientôt couvertes. Aujourd'hui, grâce aux mesures énergiques prises par le Gouvernement pour combattre ce fléau, il est entièrement passé dans Île
domaine de l'histoire, du moins pour la Russie d'Europe. Dans nos provinces asiatiques, on le com-
bat avec plein succès au moyen de l’inoculation,
d’après le procédé du D' Nentsky.
Si, comme je viens de le dire, l’étendue:des terres a dbles était alors insignifiante, les agriculteurs avaient à leur do plus de terrains vierges qu'ils ne pouvaient en cultiver, et les rendements de ces terrains étaient souvent très élevés malgré les modes de culture les plus rudimentaires. Ainsi, on Y ensemençait souvent les terres sans labour préalable, en répandant la semence sur les chaumes de l’année précédente, etc. Grâce à leur fertilité naturelle, ces terres produisaient en abondance le grain le plus cher et le plus estimé sur le marché, tant pour la consommation intérieure que pour l'exporta-
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tion, diverses variétés de blés durs, (la bialotourka, la koubanka, l’arnaoutka, la ghirka, le blé de Taganrog, etc), du millet, de l'orge, de la graine de lin et même du maïs. Après quelques années, on abandonnait les champs dont Îles rendements commençaient à baisser, pour transporter la culture sur d’autres terrains, et ainsi de suite. Si cette culture “était tout extensive et primitive, si la somme des capitaux engagés était insignifiante par rapport à la superficie du territoire, les entreprises agricoles dans ces régions Ctaient généralement très considé-
rables et ces capitaux rapportaient beaucoup. Nombre ; de gens y ont fait fortune ; le pays, quoique sauvage
encore et à peine peuplé, était prospère et riche.
Mais cette prospérité même finit par y attirer de:
“plus en plus les cultivateurs, de plus en plus les capi- ‘taux, et les choses changèrent bientôt du tout au tout. .
Le grand revirement qui s'est opéré durant les dernières dizaines d'années dans les conditions économiques et agricoles de nos provinces méridionales, est dû à’ la création de tout un réseau de lignes de chemins de fer, qui les traversent de part en part aujourd'hui, à flafflux d'ouvriers venant du Nord durant la saison d'été pour y offrir
+ eur travail, et à l'introduction des machines agri-
coles qui ont, plus encore que le renfort de la maind'œuvre, contribué au développement de lagriculture au détriment de l’industrie de l'élevage, dont je
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. viens de parler. Il faut noter, en outre, le dévelop-
pement encore plus considérable de l'industrie
minière dans certaines parties de cette région si
favorisée par la nature, la création de grandes usi-
nes métallurgiques, l'exploitation des gisements de ‘fer, de houille, de sel et d’autres richesses minérales; si toutes ces branches nouvelles de l’industrie exigeaient de leur côté des bras, non seulement elles - n’en ont pas enlevé à l’agriculture, car la grande
masse des ouvriers qu’elles employaient venait des provinces du Nord, mais elles ont au contraire
favori le développement de l’agriculture, en créant
: de nouveaux centres de population, des débouchés
inconnus jusqu'ici pour ses produits; elles ont
apporté dans le pays une animation nouvelle,
-sans parler des capitaux qui y aflluaient en masse,
pour:ainsi dire de tous les pays du globe. Le com-
merce d'exportation a pris un essor nouveau, grace
aux chemins de fer, à laménagement des ports
d'Odessa, de Nikolaeff, = Théodosie, de Rostoff-
Taganrog, de Novorossijsk, etc. Les prix des terres ont doublé, triplé, quintuplé. Il est évident que le
‘système de l'agriculture semi-pastorale, qui était ‘bon pour Fancien temps, ne pouvait plus se mainte- -nir dans de telles conditions.
Les prerniers résultats de cette ère nouvelle furent:
“l'accroissement, d'année en année, de la surface cultivée, le défrichement de terrains nouveaux, la diminution, sinon la disparition totale des steppes
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