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lignes. En outre, j'ai une petite villa dans la petite ville de Sotchi, sur le littoral caucasien de la mer -: Noire. Elle n’occupe qu'un hectare de terrain, mais. c'est néanmoins une villa de rapport, car je la loue, avec jouissance du verger annexe, pour 1000 roubles | (2660 fr.) par an, au che de l'arrondissement, une sorte de sous-préfet, comme on Îles a en France. Tous.ces détails sont nécessaires, car Îes lieux dont je parle serviront de cadre au AE que je compte Éévelopper par la suite, du caractère de notre agriculture dans déc localités. Ces trois localités -me sont aussi le plus connues; quand je parlerai, avec lle teps, d’autres parties de la Russie, c'est d’après les voyages nombreux que j'y ai faits, ainsi que: “d’après mes'études scientifiques et ma pratique en *: qualité de ministre, qui m'a mis en rapport avec les ‘agriculteurs de toute l'étendue de l'Empire. | i D’après ce que je viens de dire sur mes propriétés, “on pourrait me croire riche, en m'appliquant Ja ‘mesure française. Malheureusement, il n’en est rien. … Si je voulais liquider, le chiffre de mon avoir actuel . ‘approcherait probablement de zéro plus que d’une quantité moins négligeable. La valeur des terres : dans les régions où se trouvent mes deux propriétés, + variant de 150 à 200 roubles da déciatine (de. 350 à … 500 francs l’hectare en chiffres ronds), cela présen- ‘tcrait un joli capital, si mes terres, comme celles de la majeure partie des propriétaires russes, n'étaient grevées d’hypothèques couvrant presque tout le
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montant de leur valeur. Ce serait certes désespérant au point de vue d’un propriétaire français ; mais ni moi, ni tous ceux de mes compatriotes qui sont dans la même position que moi, nous ne désespérons nullement. Je ne désire qu’une chose, c'est que Îles revenus de mes terres suffisent à couvrir les annuités aux banques foncières, à raison de 3,50 à 4,50
pour 100 d'intérêt et 0,50 à 1 pour 100 d'amortisse-
ment; horslesannées absolumentdésastreuses, je puis espérer me tirer d'affaire et remplir mes engagements vis-à-vis des banques, en ne demandant rien ou presque ren pour moi, hors les denrées que le domaine peut donner pour mon entretien et celui de ma famille pendant les quelques mois d'été que nous passons à la campagne. Dans ces conditions et vu la hausse toujours croissante du prix de Îa terre en Russie, — je me souviens personnellement des temps où ces mêmes terres ne valaient pas plus de 150 à 200 francs l'hectare, — on pouvait considérer l'acquisition des terres, à condition de ne pas en exiger de revenus immédiats, et en étant prêt à parer aux années où la récolte manquerait completement, comme un bon placement de père de famille.
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L'organisation de la propriété du sol. — La propriété collective et le Mir. — Fluctuations de la main-d'œuvre. — Emigration à ‘ l'intérieur de l'Empire et au dehors. — Conséquences de la
propriété collective.
La Russie est un pays agricole par excellence, c'est une vérité que l’on a entendu répéter bien souvent, et c'est aussi par elle que je me vois obligé de commencer. De ses 130 millions d'habitants, Îles huit dixièmes, ou à peu près, représentent le chiffre , de la population rurale et vivent priacipalement, sinon uniquement, de l’agriculture. Les diverses branches de l'industrie, — que l’on aessayé, à grand frais d'argent et de réclame, ainsi qu'à l'abri d’un régime douanier absolument protectionniste, d'implanter en Russie, — n'occupent qu'un: nombre relativement restreint d'ouvriers, qui ne perdent point leurs attaches avec leurs lieux d'origine, y conservent leurs maisons et souvent même leurs lots de terrains, exploités par leurs femmes ou autres membres de leurs familles, et où ils viennent terminer leurs vieux jours. La classe ouvrière proprement dite, telle qu'on la voit dans les pays occiden-
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