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qui se sentent à l'étroit dans leurs lieux d'origine et veulent chercher des terres nouvelles sans pour cela être obligés de quitter leur mère c-patrie.
Si, à côté de cette migration, il existe une émigration réelle, hors des confins du pays: aux États- Unis d'Amérique, au Canada, en Argentine, etc., elle n'est limitée qu'aux juifs et à certaines catégorics de dissidents, qui ne possédaient point jusqu'à présent tous les droits civils dont jouissent leurs concitoyens. Mais encore faut-il espérer qu'avec la promulgation de l'acte mémorable de l'Empereur, inaugurant la liberté de conscience pour tous ses sujets, les dissidents n’auront plus de raison d'émigrer, et que la question juive sera également résolue tôt ou tard sur des bases de justice et de Hiberté. Il est bon d'ajouter que la soi-disant persécution juive en Russie, qui consiste en la limitation de certains droits pour les israélites et l'obligation pour eux de » n'habiter que certaines provinces de l'empire, est # basée sur des considérations purement économiques (la protection des populations rurales contre l’exploitation usuraire) et nullement religieuses, les juifs ayant de tout temps joui de la pleing liberté de l'exercice de Îeur culte. Mais ceci est une question trop longue, trop compliquée et'trop délicate pour h être traitée ici à fond. Je puis dire encore qu'il a été fait, dès le commencement du siècle passé, un essai de l'établissement de colonies agricoles juives dans certaines provinces du midi de la Russie, et que
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cet essai a complètement réussi, sinon du premier coup, mais à la longue, comme a pu le constater le Directeur honoraire de l’agriculture en France, M. Tisserand, qui a eu l’occasion de visiter ces colonies il y a quelques années. Il a même proposé certaines mesures nouvelles en faveur de ces juifs agriculteurs, et j'ai été heureux d’avoir eu la possibilité de les réaliser en grande partie.
Ceci dit, je reviens aux traits Carat stiques de la situation des populations rurales en Russie. Malheureusement, le principe de « tous propriétaires terriens », principe qui semblerait être l'idéal de l'organisation de la classe paysanne, ne donne point à cette dernière la richesse et le bien-être qu'on pourrait en attendre, et ne la préserve même point de la misère. Mais ici la question se complique par un autre principe, propre à une grande partie de la Russie, — celui de la propriété communale, et non de accompagné de restr ictions de la libre disposition des ter res, mentionnéés plus haut. Il est curieux que ce principe, qui fait l'idéal de nos socialistes, soit aussi préconisé par nos conser-
vateurs-réactionnaires, qui en prônent le maintien
pour les paysans, mais certainement n’en voudraient:
point pour eux-mêmes. On prétend que la propriété communale, qui donne à tous les membres de Îa commune le droit de jouissance d’une partie de la terre, avec le partage périodique du territoire communal entre tous Îles habitants du village, présente