‹ La Russie agricole devant la crise agraireChapitre 20 sur 140 · LES · texte numérisé non relu

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PROPRIÉTÉ INDIVIDUELLE ET COLLECTIVE où

placés sous la tutelle du mir et des employés préposés à la surveillance et au contrôle de ce dernier, les paysans devant être, pour leur propre bien, attachés à la terre, comme ils étaient autrefois asservis au seigneur. Si vous parlez de l'unification des droits des paysans avec ceux des autres classes, on vous accusera de vouloir les ruiner, leur extorquer Îicurs terres, en faire des prolctaires à votre profit.

Et pourtant, que demandons-nous, les partisans d'une législation égale pour tous? Est-ce Ja suppression de la propriété communale par voie législative ? est-ce l'expropriation des biens communaux au profit des particuliers ? Nullement. Ce n’est que fa reconnaissance aux paysans du droit de vivre à leur guise, de partager les terres entre eux, si bon leur semble, de passer sous le régime du droit commun et de ne plus être régis par des lois spéciales qui léur Ôôtent. la jouissance pleine et entière de ce qui leur revient. Nous demandons que la propriété communale, qui a existé chez bien des peuples, mais qui a fait son temps, qui est passée dans le domaine de l’histoire, mais dont on trouve encore quelques vestiocs dans certains pays, tels que la Norwège, la Suisse, l'Espagne et même la Hollande, ne soit point soutenue artificiellement et forcément par des mesures législatives, et, qui pis est, des mesures administratives, souvent absolument arbitraires et dépendant uniquement des convictions et des prédilections des employés préposés à la surveillance des paysans.

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Nous désirons qu'on laisse la propriété communale suivre son cours normal d'évolution, quoique nous ne doutions pas un instant que ce cours conduira à sa transformation en propriété individuelle. ‘Telle est la loi de.l'histoire dont on ne peut entraver la marche sans risque des plus grands périls, et même

: de commotions économiques et sociales, dangereuses

pour la sécurité de tout le pays.

Il est vrai que Îles lois existantes ne s'opposent pas absolument à la transformation de la propriété

communale en propriété individuelle, quoiqu'elles y

mettent certaines conditions. Ainsi, Îe partage des terres entre les membres de. Ia commune peut se faire, mais seulement à la majorité des deux tiers des voix, majorité fort difficile à atteindre. Mais ce qui présente plus de difficultés encore, c’est le partage effectif des terres. Chacun veut dyoir son lot dans les meilleures conditions possibles et lon n'arrive presque jamais à une entente cCordiale. Tant que les terres représentent le bien de la commune, la répartition se fait entre tous ses membres avec la plus grande justice, d’après une espèce de cadastre pratique des plus exacts, mais amenant à des résultats très défavorables au point de vue de la culture. Ainsi, pour ne léser les intérêts de personne, les paysans répartissent les terres entre eux de manière que chacun ait sa part des meilleurs terrains, des moyens ct des mauvais, dans. les champs les plus proches du village, ainsi que dans

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