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: en 1BM38209 à” LL. Roy ms ENS pu — En 26 LA RUSSIE AGRICOLE PRO.
Chacun sait que la Russie présente, sur la plus snCbi grande partie de sa surface, une vaste plaine ; mais sarti c’est une plaine élevée, et les eaux souterraines ne l'état s'y trouvent souvent qu'à une profondeur relative- irès € ment considérable. Nous possédons de grands cours 10 * d'eau, des fleuves qui sont les plus grands de lEu- oh rope, tel que la Wolga, le Don, le Dniéper, le d'hal .-Dniester, avec leurs affluents, tout aussi connus et natu considérables, comme l’'Oka, {a Kama, le Donietz, | Des "la Diesna, le Pripet, et bien d’autres;-sans parler de prai rivières de second et de troisième ordre ;: — mais déb: toutes ces rivières, les grandes comme. les petites, font ont leur cours au fond de vallées plus ou "moins Plus profondes et séparées par des plateaux plus ou ; incu moins élevés. Ces plateaux sontsouvent cntrecoupés de | par des ravins, des vallées ‘secondaires, mais’ ces des ravins etces vallées ne portent de l'eau qu'au pou moment de la fonte des neiges et sont absolument sant à sec le reste du temps, surtout pendant les séche- de | resses de l'été. Ict, Aux temps déjà lointains où la Russie se peuplait, SCI où la population, encore flottante, cherchait à s'éta- st blir, elle suivait naturellement ces cours d'eau et pla . fondait des villages sur leurs rivages, en mettant tait petit à petit en culture les terres avoisinantes. Dès : que l'on voulait s'éloigner des rivières, on ne trou- EXP vait plus la possibilité de vivre, par manque nel d'eau. C'est ainsi que s’est pour ainsi dire cristalli- au
sée la population rurale dans une situation qui est net
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encore jusqu'ici prédominante dans Îa majeure partie de la Russie, — situation correspondante à l'état physique et orographique du territoire, mais très défavorable au point de vue de l'exploitation de nos vastes terrains, De grands, — quelquefois d'immenses villages, — comptant plusieurs milliers d'habitants, le long des rivières, des cours d’eau naturels, grands ou petits, mais netarissant jamais. Des prairies naturelles Îe Jong de Îeurs rivages, prairies le plus souvent submersibles pendant la débâcle et les crues printanières. à la période de la fonte des neiges, et par suite très riches en herbe. Plus loin, des plaines à perte de vue, — des steppes incultes autrefois, où des troupeaux innombrables de bétail de toute espèce paissaient en liberté, — des champs labourés aujourd'hui, mais ne servant pour la plupart qu'à la production des céréales faisant le fond de notre culture, — duseigle, de l'avoine, de l'orge au centre du pays, — du froment, du ‘millet, du maïs au midi, — quelquefois du lin pour semence, du sarrasin, des tournesols, des pois, etc. ; la pomme de terre, la betterave, le tabac et d’autres plantes industrielles ne sont cultivées que dans certaines régions.
Sauf les terres appartenant à des particuliers et exploitées d'après les principes d'agriculture rationnels, les énormes espaces de terrains appartenant aux paysans, exploités dans {es conditions mentionnécs plus haut, présentent le règne de la culture la
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plus extensive, la plus primitive, la plus uniforme, la plus épuisante et le plus souŸent sans l’'application d'aucun engrais, car comment transporter le fumier à des distances de plusieurs kilomètres, et à quoi bon, au point de vue du paysan, engraisser et améliorer les terres dont la jouissance ne lui est jamais assurée ?
Pour que la répartition de ces terres se fasse d’une manière rationnelle, 11 faut donc avant tout garantir à l’agricuiteur la possession de sa terre à jamais, lui en donner Îa libre disposition, la concentrer en un lieu et, ce qui est plus important encore, le rapprocher de sa terre, lui donner la possibilité de s'y éta- . blir et d’y créer sa ferme, d’y transporter sa demeure, son bétail, etc. Au lieu de la concentration” de la population rurale dans de grands villages, il fâut, au contraire, l’éparpiller, la disséminer, la décentraliser, tout en procurant au paysan la possibilité de résider là où il ne peut aller aujourd’hui que pour quelques jours ou même quelques heures,souvent à condition d'y emporter la provision d’eau potable nécessaire pour lui et ses bètes.
Cette eau, est-il possible de l'obtenir surles lieux ? Dans la majeure partie des cas : oui, mais à condition de creuser des puits, d'endiguer les petitscours d’eau qui aujourd’hui tarissent en été et d’en faire des étangs ; d'emmagasiner, partout où le terrain s'y prête, ne füt-ce qu’une partie de l'immense quantité d'eau provenant de la fonte des neiges au printemps,