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Ministère de l'agriculture, trop limité dans ses fonctions pour avoir pu l’entreprendre, est appelée à s'en occuper en premier chef. De mon côté, je ne puis que sympathiser à cette idée, en en désirant la plus prompte et la plus complète réälisation, — mais 1] ne faut point se dissimuler les énormes difficultés de la tâche. La surface totale des terres appartenant aux paysans se chiffre, rien que dans les cinquante gouvernements de Ia Russie d'Europe {moins la Pologne), à 157 millions d'hectares ; on voit à quelles quantités énormes on aura affaire. D'un autre côté, voici des chiffres montrant à quel point les récoltes sont, en moyenne et pour une période de dix-huit ans, de 1883 à 1900, inférieures sur les terres des paysans par rapport à celles des propriétaires particuliers. Si l’on prend ces dernières pour 100, on aura comme moyennes sur Îles premières : pour le seigle 83,3 pour 100, pour l’avoine 82,4, pour le blé de printemps 85, pour l'orge 88, pour le blé d'hiver 87, pour le millet 88,9, pour les petits pois 84,2, pour le sarrasin 87,5, pour le lin ‘ (graine) 88,4, pour le chanvre (graine) 90, pour la pomme de terre 87,9. Ces chiffres sont extraits d'une récente publication {en langue russe) de la Section d'économie rurale du Ministère ‘de lagriculture (Sommaire des données statistiques sur l'agriculture en Russie à la fin du XIX®° siècle, trois livraisons, dont un album cartographique, . Saint-Pétersbourg, 1903). M. L. Grandeau, dans
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COMPARAISON DE LA PRODUCTION Si
son superbe ouvrage: L'agriculture et les institulions agricoles du monde au commencement du XX siècle (t. 1", Paris, 1005), cite des données à peu près semblables, quoique puisées à une autre source, et pour une période de dix ans seulement. D'après ce recueil, la moyenne de la récolte des céréales, en hectolitres par hectarex sur les terres des particuliers et sur celles des paysans est respectivement: pour le seigle, 11,5 hectolit. et 0,4 hectolit.; pour le grand blé, 11 et 9,1; pour le petit blé, 9,6 et 8; pour l’avoine, 15,4 et 12,7; pour l'orge, 11,5 et 10,5 ; pour la pomme de terre, 92,3 et 72; ce n’est que pour le sarrasin qu’il donne des quantités égales pour les deux catégories de terrain, 6 hectolit. 2 par hectare; c'est en cela seulement que les données de M. Grandeau diffèrent des chiffres cités plus haut ct d'après lesquels le sarrasin suit la règle générale ; il est vrai que les propriétaires particuliers abandonnent presque la culture du sarrasin et ne lui affectent que les terres les plus médiocres.
On présume facilement quel serait le résultat, si le rève de nos socialistes était réalisé et toutes les terres concentrées entre les mains des paysans. La production totale de notre pays en céréales, qui se chiffre aujourd'hui par 476 millions de quintaux pour quatre de nos principales cultures (froment, seigle, avoine et orge), baisserait. immédiatement de 15 à 18 pour 100 au moins! Il est facile de juger
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