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Le commerce des produits du sol. — L’exportation. — Les disettes périodiques. — Déboires de la situation. — Rôle des chemins de ter. — Mauvaises routes. — Variations extrèmes dans les prix des produits agricoles.
Il ne s’agit pas seulement de produire des denrées - agricoles, il faut encore savoir et pouvoir leur trouver un débouché à des prix qui ne soient pas onéreux pour le producteur. C’est ici que l’auteur S’embarrasse. Si le perfectionnement des modes de culture dépend du savoir, de l'énergie, du bon vouloir de l'agriculteur, s’il est le maître dans le choix des plantes qu'il introduit dans son assolement, ‘qu'il cultive dans son jardin et son potager, si dans son étable il élève les races de bétail auxquelles, pour telle ou telle raison, il donne la préférence, le producteur se sent souvent absolument impuissant visa-vis des oscillations du marché et des conditions dans lesquelles se font la vente et le transport de ses produits vers les lieux de consommation.
Et c’est encore un des points les plus diflciles pour notre agriculteur, car il lui est généralement
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impossible de prévoir d'avance ce qui peut l’attendredès qu'il s'agira non plus de produire, mais de réaliser en monnaie sonnante les fruits de son travail. Un proverbe russe bien connu dit que « C’est Dieu qui fait les prix ». Si ce proverbe peut être appliqué partout, si dans tous les pays du monde les prix de vente des produits agricoles, les exigences et les oscillations des marchés dépendent de causes tellement multiples et complexes qu'il est souvent impossible de les prévoir et de les escompter d'avance, nulle part plus qu'en Russie les variations des prix, les écarts entre les maxima et les minima, ne sont aussi grands, les conditions de vente et de transport aussi incertaines et pleines de surprises pour le producteur vendeur. | Pour une grande partie de nos produits et notam- . ment pour les céréales que nous exportons en masse, les prix se règlent généralement d'après les cours des grands marchés étrangers. Pour le seigle, nous sommes principalement tributaires de l'Allemagne, pour l’avoine de l’Angleterre, pour le froment de l'Italie en première ligne, puis de la France et de l'Angleterre en partie presque égale, et enfin de la Hollande.Lesautres paysimportateurs nous prennent presque autant de blé que l'Italie à elle seule ; pour l'orge, l'Allemagne et l'Angleterre vont de front, mais ne nous prennent que la moitié de la quantité exporwe, le reste se partageant entre différents autres pays, parmi lesquels la part de Ia France est
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à peine de 4 pour 100. I est évident que Îles proportions ne sont pas toujours les mêmes et que la répartition de nos céréales sur les divers marchés varie plus ou moins d’année en année, mais je me base sur Îles moyennes de la période quinquennale de 1896 à 1900. Si l’on recherche le rapport de l’exportation des céréales au chiffre de la production, on trouve que, pour cette même période, la quantité de grain livré à l'exportation n'a pas dépasse 13 ct ou pour 100 de la production ; mais ce rapport varie beaucoup pour les différentes espèces de céréales. Aïnsi, pour Îe froment, l'exportation a atteint 24 pour 100 de la production, pour l'orge, 24,2, pour l’avoine 6,9 et pour le seigle 6 seulement. L'exportation est beaucoup plus considérable pour la graine de lin, non inclue dans les moyennes précitées ; elle a presque atteint 64 pour 100 de Îa production, tandis, que pour la graine de chanvre, elle n’a été que de 4,3 pour 100.
En laissant de côté le lin, on voit que l'exportation ne nous prend en moyenne qu'un peu plus de la septième part de notre production en céréales, et néanmoins ce sont les pays importateurs qui nous
1 On ne peut entièrement se fier à ces chiffres pour juger de la part de chaque pays dans notre exportation, car à côté de l'importation il y a la réexportation, qui ne se laisse presque point enregistrer ; ainsi, la Hollande et l'Allemagne réexportent une grande partie de notre blé sur le marché anglais, etc. Cecitient à diverses causes dont il serait trop long de s’océuper ici et n'a que peu d'importance pour la question qui nous occupe.
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: dictent les prix de nos denrées principales sur nos . propres marchés à nous. Par suite, les droits d'entrée dont certains pays, et la France dans le nombre, ont frappé nos céréales, ont une répercussion très défavorable pour nos agriculteurs dans l’intérieur même du pays. D'un autre côté, nous avons àcompter, .'sur les marchés étrangers, avec la concurrence des “autres grands pays exportateurs, les Etats-Unis d'Amérique en première ligne. Ces pays, dont les ‘ produits agricoles n'arrivent jamais chez nous, n’en - exercent pas moins une influence marquée sur notre ‘marché intérieur, et nos agriculteurs s'en ressentent bien. | |
Tel est l’état des choses dans les années normales. "Mais il n’en est pas toujours ainsi. Il est des années, ‘ relativement rares, où les mauvaises récoltes, nous donnant à peine de quoi couvrir notre consommation intérieure, font hausser les prix des blés sur nos : marchés à un taux dépassant les prix que Îles expor- .:tateurs peuvent nous offrir, en comptant Îles frais de transport, les droits d'entrée, etc. L'exportation descend alors à un minimum dont nous n’aurions ‘pas eu à nous plaindre, car la consommation locale doit certainement être couverte avant tout; mais . dès que notre part sur les marchés des pays impor- tateurs diminue, les pays exportateurs, nos concur- .rents, s'empressent d'y prendre la place laissée vacante par notre abstention relative et forcce. L'année de disette une fois passée, nous avons à
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