‹ La Russie agricole devant la crise agraireChapitre 58 sur 140 · À LS · texte numérisé non relu

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Différences entre les régions en Russie. — Influence des races et des climats. — La culture dans la région Septentrionale. — La région du Nord-Ouest. — Le lin et le chanvre. — Emploi des engrais. — La transformation du bétail.

Tout ce que j'ai dù dire jusqu'à présent sur les conditions économiques et agronomiques de mon +. pays, — amicus Plato, sed magis amica verilas, — présente notre agriculture sous un aspect plutôt défavorable. Aujourd'hui, je veux donner un aperçu de son état général, des progrès déjà réalisés et de nos vues sur l'avenir. J'avoue qu'il n’est:pas facile de traiter cette question pour un pays aussi vaste que la Russie et présentant, dans ses diverses localités, des conditions aussi variées de climat, de sol, de population et même de nationalité ou de race, car le caractère propre aux différentes races influe sensiblement sur tout l’ensemble de la vie rurale, le mode de travail et le développement des diverses branches de la production. Ainsi, les races polonaise, csthonienne, lithuanienne, germanique, sont absolument contraires à toute idée de propriété communale, ne s'agglomèrent point dans de grands villages

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et préférent s'établir dans de petits hameaux ou même des fermes isolées; les Russes de la race grande-russienne, qui domine dans le Centre de Îa Russie, sont encore imbus des principes collectivistes, n'’admettent point l'idée de la propriété foncière individuelle, détestent l'isolement et résident de préférence dans de grands villages; les Petits- Russiens font de mème, mais partagent les terres entre eux à titre de propriété individuelle ou de famille; les Tartares de la Crimée et du Caucase s'adonnent au jardinage plus qu'à l'agriculture; les habitants de la Bessarabie, issus de la race moldave,

plantent des vignes ; les Grecs, venus de l'Asie.

Mineure sur le littoral caucasien dela mer Noire, s’occupent presqu'exclusivement de la culture du tabac; les Kirghizes et les Kalmouks font de l'élevage, etc.

Ainsi, les modes de culture, les systèmes de l'exploitation agricole ne dépendent pas seulement des conditions du climat et du sol, mais encore de la race des habitants, de leur caractère inné, de leurs aptitudes et des habitudes qu'ils doivent souvent à leurs ancêtres et que, — conservateurs-routiniers comme le sont presque toujours les populations rurales, — ils ne sont pas enclins à changer du jour au lendemain, mais auxquelles ils se tiennent souvent plus que de raison. Ce caractère spécial des races, leurs aptitudes et inclinaisons invétérées, sont autant d'éléments avec lesquels il faut compter et qui ne se laissent pas modifier facilement. Qu'un

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