‹ La Russie agricole devant la crise agraireChapitre 60 sur 140 · ANT · texte numérisé non relu

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‘prement dites, dont l'espace est relativement peu étendu, elles sont généralement placées sous le régime dela propriété communale partout où domine la population russe, quoique les partages entre Îles villageois ne se fassent qu'à de très grands inter- : valles et parfois ne s’opèrent même pas du tout, de - fait, quoique la commune garde toujours le droit de les exécuter sur un commun accord de la majorité de ses membres. Là, au contraire, où domine une population de Ia race autre que la race slave, qu'elle soit finnoise, esthonienne, lithuanienne, etc., les terres arables sont partagées une fois pour toutes entre les. membres de Ja commune sous le régime de la propriété individuelle, tandis que les forêts, les pâturages et Îles prairies naturelles gardent souvent le caractère de propriété communale, sur laquelle tous les membres de Ja commune ont le droit de jouissance à titres égaux.

Vers les confins méridionaux de cette région, le système de culture semi-forestiere tend de plus en plus à disparaître, les forêts restent forèts tant qu’elles ne sont pas définitivement defrichées pour entrer alors dans la catégorie des terres arables, des prairies ou des pacages. Si le lin occupe encore une place très importante dans l'agriculture de cette région, S'il apparaît toujours comme Îa première plante après défrichement, il rentre ailleurs dans les

assolements , réguliers, surtout 1à où l'assolement triennal est remplacé par un assolement de six à huit ans, avec trèfle ou timothée {Phleum pratense): il occupe la première place au début de l'assolement, après Îles plantes herbacces ; quelquefois on lui donne la seconde place, après le seigle ayant recu la fumure ; mais la culture du lin après deux ou trois années de trèfle est généralement préférée. Les assolements prennent alors les formes suivantes : 1° jachère avec engrais (fumier de ferme) ; 2° seigle ; 3° avoine, avec semences de trèfle ; 4° trèfle ; 5° trèfle:; 6° lin; — ou bien : 1° jâächère avec engräis ; 2° seigle ; 3° pommes de terre ; 4° avoine avec trèfle ; 5° trèfle ; 6° trèfle ; 7° lin ; si on laisse le trèfle trois ans, au lieu de deux, en l’utilisant la troisième année pour pâturage, l’assolement est alors prolongé d'une année. Quand on place le lin après le seigle, l’assolement est comme suit: 1° jachère avec engrais; 2seigle: 3°1in; 4° avoine avec: trèfle ; 5° et 6° trefle. Quelquefois, mais beaucoup plus rarement, on fait précéder le lin par la pomme de terre.

La région où la culture du lin*a le plus d'importance, comme plante industrielle de grand rapport, occupe les gouvernements de Pskoff, ou Pleskau, comme disent les Allemands, exportateurs de notre lin; le lin provenant de cette province est réputé comme le meilleur, 1l est connu sur les marchés sous le nom de lin de Riga, d'après le port d'embarquement. Puis viennent les gouvernements de

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Twer, Witcbsk, Smolensk, Wladimir, Kostroma, Iaroslaw, certaines parties des provinces Baltiques. Le lin- réapparaît dans nos provinces méridionales, mais seulement pour la production de la graine ; vu la sécheresse de ces contrées, la tige y est courte et n'est généralement pas utilisée. Ailleurs, la culture du lin n’a pas d'importance et ne se rencontre que sporadiquement ; il est remplacé par le chanvre, qui n'entre jamais dans l'assolement et que l’on cultive d'année en année, avec force fumure, sur les terrains avoisinant les habitations des paysans, où le transport du fumier ne présente pas de difficulté. Le chanvre est toujours cultivé tant pour sa filasse que pour sa graine, dont on tire une huile consommée par nos paysans pendant les carèmes en place du beurre ; la culture du chanvre a l’inconvénient d'exiger une énorme quantité d'engrais, au détriment des autres plantes. Le mème désavantage se présente, et avec plus d'intensité encore, dans les provinces où la culture du tabac fmakhorka et bacoun) prend une extension plus ou moins grande, ne laissant plus d'engrais du tout pour Îles champs. Tel est le cas dans les gouvernements de la petite Russie : Poltawa, Tchernigoff, et dans certaines parties des gouvernements de Tamboff, Riazan, Woronège, etc.; 1l est vrai que les terres y sont assez fertiles encore pour pouvoir se passer d'engrais, quitte à ne donner souvent que des récoltes médiocres. Mais il paraït que le tabac, plante indus-

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trielle de grand rapport, tout comme le Jin, rachète ce que le paysan perd sur ses autres terres, où ül

attend une bonne récolte plutôt de Dieu et de ses saints que de son propre travail et de la fumure. Il faut avouer que dans certaines régions, même quand il a du fumier de reste, le paysan ne l’utilise pas toujours comme engrais, mais l’emploie comme combustible, après en avoir fait des espèces de briquettes, desséchées au chaud soleil de fete.

Je parlerai plus tard des traits distinctifs de nos sols, la terre noire et les terrains argileux et sablonneux qui dominent dans une partie des gouvernements du Centre de la Russie, dans toute sa partie septentrionale et dans les provinces du Nord-Ouest, la Pologne y comprise, et du Nord-Est. Pour le moment, je me bornerai à dire que là où le sol est de nature moins fertile, l'agriculture est relativement plus avancée, les procédés de culture sont meilleurs ; le propriétaire, grand ou petit, seigneur ou paysan, donne à sa terre des soins plus assidus et s'en repose moins sur la grâce du Ciel. Les proverbes allemand et italien : feltes Land, faule Leute ; — il pacese grasso fa l'uomo pigro (le terrain gras fait l'homme paresseux), ont sous ce rapport leur pleine application chez nous. C'est dans la région des terres pauvres que l’agriculture a réalisé jusqu'ici le plus de progrès, abstraction faite des gouvernements où domine l'industrie sucrière, dont je parlerai plus

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