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peu l'application plus générale des engrais chimiques, C est leur prix relativement assez élevé, en comparaison du prix des blés, le surplus de la récolte ne couvrant pas toujours Île surcroît de dépense qu'entraine Îeur achat. Dans plusieurs autres provinces de cette région, on peut encore se passer de l'emploi de ces engrais, vu leur richesse en prairies naturelles, qui donnent au bétail du foin en abondance et par suite une grande provision de fumier au fermier. C'est le cas dans les gouvernements de ‘Twer, de Novgorod, de Wladimir, de Kostroma et surtout de Tarosiaw et de Wologda, sans parler de la Sibérie où l’industrie laitière et la production du beurre pour l'exportation ont déjà acquis un grand degré de développement.
Le Ministère de l'agriculture a, du temps où j'étais à sa tête, entrepris une série de mesures pour l'avancement de cette industrie dans les régions qui lui étaient les plus propices. Nous avons créé des écoles de laiterie, nous avons institué pour ainsi
.… dire tout un corps d’instructeurs, en faisant venir
les premiers du Danemark, pour les remplacer ensuite par des Russes, leurs élèves ; j'ai fait mettre à l'étude le projet de la création d’un Institut supérieur de laiterie, avec une station expérimentale, dans le genre de celles qui fonctionnent en Danemark, en Suède, et même chez nous'en Finlande, ayant choisi pour ces établissements un empla-
cement très bien approprié dans un des domaines
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de l'Etat du gouvernement de Noveorod, muni de riches pâturages, pas trop loin de Pétersbourg. Nous avons importé des producteurs des meilleures espèces de la race bovine de l'étranger, et entre autres de France, où un délégué de notre Ministère, M. Bodisco, a acquis pour une somme considérable, à l’une des expositions de Paris, des exemplaires de toute beauté des meilleures races laitières de France. Ces animaux français qui ont figuré à plusieurs expositions en Russie, avant d'être mis à la disposition de nos éleveurs, sous certaines conditions que le Gouvernement leur a prescrites, ont eu chez nous le plus grand succès, et l'initiative que le Ministère de l’agriculture a prise dans ce cas aura certainement pour suite l'acquisition directe par nos agriculteurs d'animaux reproducteurs en France. Ce premier essai a été une vraie révélation
pour eux, car jusqu'ici ils ne connaissaient, pour la
plupart, que les races suisses, hollandaises, allemandes et anglaises, dont on nous faisait payer les reproducteurs à des prix exorbitants, bien au delà souvent de leur valeur réelle.
Je dois dire, néanmoins, qu'à côté des races étrangères dont nous nous servons pour l'amélioration de notre bétail, ou que nous élevons en pureté, nous possédons des races indigènes très remarquables et estimées, surtout comme vaches à lait. Telle est,
avant tout, la race dite de Taroslaw, originaire de
la province de ce nom, justement estimée pour £.:
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qualités laitières. Elle donne non seulement du lait en abondance, mais, ce qui est plus importañt encore, un lait d’une qualité supérieure, très riche en beurre (jusqu'à 4,2 pour 100). Les races des gouvernements de Wologda, Wladimir, Kostroma, sont à peu près du même type. Ce qui caractérise ces races et les fait souvent préférer aux animaux des races étrangères, c’est leur grande endurance, le peu de soins qu’elles réclament, la nourriture frugale dont elles se contentent, sans diminuer la quantité de leur lait. On peut dire que leurs facultés laitières sont prodigieuses par rapport à leur poids vif et à la nourriture qu'elles reçoivent. Il est vrai que les pâturages sont très beaux dans les souvernements dont elles sont oricinaires et que les prairies irriguées par les eaux du Wolga et de ses affluents donnent un foin très nutritif. Il faut dire aussi que les animaux de ces espèces ne brillent pas par leurs formes extérieures et sont généralement d’une taille assez exiguë, ce qui les déprécie à la boucherie. Puis, nous devons citer notre belle race de Kholmogori, un des districts du gouvernement d’Arkhangel, sur les bords de la Dwina du Nord, également réputés par leurs pâturages. Les animaux de cette race sont d'une taille puissante et donnent du lait en quantité tout aussi considérable que la race Jaroslaw. La race de Kholmogori est, dit-on, le produit d’un croisement d'animaux indigènes avec des reproducteurs hollandais, importés au commen-