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cement du xvin° siècle sur Îles ordres de l’empereur Pierre-le-Grand. Pendant les deux siècles qui se sont écoulés depuis, la race qui en est issue a gagné un caractère de constance, et ses belles qualités se transmettent mieux que celles de Ia race laroslaw, grâce en partic aux conditions exceptionnellement favorables pour son élevage dans ses lieux d'origine. Un des avantages de nos races indigènes est qu'elles sont moins sujettes à la tuberculose, comparativement aux animaux importés, qui se ressentent parfois du changement de climat et du mode d'entretien.
Pendant ces dernières années, le Ministère de l’agriculture avait à sa disposition un crédit annuel de plusieurs centaines de miile francs pour l'acquisition et la propagation d'animaux reproducteurs des meilleures espèces, tant indigènes qu'étran-: gères, que l’on distribuait selon les exigences et les conditions climatériques des diverses localités. Le crédit devait même augmenter d’année en année, mais la guerre avec le Japon est venue mettre un terme à cette augmentation, sans que, du reste, l’al cation annuelle déjà concédée ait été diminué et nous avons pu continuer notre activité comme par le passé. Voici comment nous procédions. Nous avions des fermes, pour la plupart attachées à nos écoles d'agriculture, où nous installions des centres d'élevage 4’ animaux de sang pur, adaptés aux conditions des diverses régions ;/1es produits de ces
animaux étaient vendus aux agriculteurs à un prix couvrant seulement les frais d'élevage. Nous achetions, toujours à l’aide de notre crédit, tant à l’étranger que dans l’intérieur, des reproducteurs que nous mettions à la disposition d’éleveurs de confiance, et plus souvent encore des zemstwos ou organisations locales, sous l'obligation de les prêter, pour la saillie des vaches, aux communes qui en feraient la demande et se chargeraient de leur entretien. Plus souvent encore nous avancions aux zemstwos, aux sociétés d'agriculture, ou à d’autres organisations du même genre, les sommes nécessaires pour l'achat des animaux à leur propre convenance. Quelquefois nous leur posions la condition de mettre à la disposition du Ministère une certaine proportion de la progéniture de ces animaux, etc.
Toutes ces mesures sont encore trop récentes pour que nous puissions en voir les résultats. Quant aux mesures pour l'avancement de l'industrie laitière, elles sont de plus longue date et je montrerai que le succès a pleinement couronné nos eflorts.
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La production laitière. — Un précurseur. — La vente du lait. — La fabrication des fromages. — Le développement de la production du beurre. — Ses principaux caractères, — Progrès réalisés dans l'exportation des beurres.
On doit considérer comme une ère mémorable, dans l’histoire de notre industrie laitière, la fin des années soixante et Île commencement des années soixante-dix du siècle passé. C’est à cette période que se rattachent les débuts du premier pionnier dans cette branche de l'industrie agricole, en Russie, M ‘.icolas Wéréschtagine, frère du célèbre peintre Basile Wéréschtagine, qui a trouvé une fin si tragique à bord du Petropaw»lossk, aux côtés de l'amiral Makaroff. Marin comme lui, il a de bonne heure quitté le service de la flotte pour s'adonner entièrement à son occupation favorite, la laiterie, dont il avait probablement acquis les notions premières dans le domaine de son père, propriétaire agriculteur dans une des provinces du Nord de la Russie. Après avoir fait ses études pratiques de laiterie et de fromagerie en Suisse, il eut l’idce de fonder des fromageries coopératives (à l'instar de
celles qu'il avait vues fonctionner avec plein succès dans la République helvétique), dans le gouvernement de Twer d'abord, et les provinces adjacentes ensuite.
Je me souviens, tout comme si c'était d'hier, de l'accueil sympathique, je pourrais dire de l'élan d'enthousiasme que son initiative a soulevé tout d'abord, et des médisances, de la calomnie même, qu'elle a suggérées bientôt après. Si l’on ne mettait pas sa propre intégrité en doute, on accusait les fromageries créces par lui et où (E paysans venaient apporter leur provision de lait journalière, d'enlever la pitance aux petits enfants; on prévoyait, par suite, le dépérissement de la population, que sais-je encore. D'un autre côté, la forme coopérative ne correspondait point aux exigences des paysans, qui ne voulaient et ne pouvaient point attendre la vente des fromages et la répartition gntre eux de ses revenus, mais tenaient à vendre le lait. argent comptant, bien que ce füt pour une somme bien inférieure.
Toutes les fromageries coopératives sombrèrent
bientôt et furent remplacées par des établissements
D ce on
du même genre, mais purement spéculatifs, créés par des industriels ne poursuivant que leurs propres intérêts. Je ne sais ce qu'y gagnerentles petitsenfants des paysans, mais leurs parents furent exploités de la plus belle manière par ces industriels d’un tout autre genre que l'enthousiaste Wéréschtagine,
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obligé de renoncer entièrement à son idée primitive. Il cut d'autres déboires encore. Les. premiers fromages qu'il préparait d’après les procédés suisses
: — genre gruyère, le plus estimé en Russie, —
n'eurént pas tout d’abord les qualités voulues et ne
se vendirent que très difficilement. Il se mit alors à
fabriquer du chester, et quoiqu'il réussit assez bien, le chester ne trouva aucun débouché en Russie ; il essaya d'en expédier un stock en Angleterre, mais on l'y accueillit très mal, Wéréschtagine ne parvint à le placer qu'à des prix onéreux, et sa petite fortune personnelle y sombra presque entièrement. Il dut se décider alors à abandonner la partie, où
d’autres le remplacèrent pourtant avec plein succès
et firent fortune là où il n'encourut que des pertes.
. l'el est d'ordinaire le sort des premiers pionniers
dans bien des branches nouvelles de l’industrie, —
ne récolte point qui sème.
Mais Wéréschtagine ne se laissa point décourager et tourna son activité d'un autre côté. Il prit en fermage une petite terre dans le gouvernement de
Twer, et y installa, avec un subside de l'Etat, une
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école de laiterie, qui fut la première dans son venre en Russie, et fonctionna pendant près de vingt ans. I y admettait indifféremment hommes et femmes ;
cet établissement fut longtemps l'unique endroit où
nos propriétaires pouvaient'se procurer des laitiers
et des laitières expérimentés, à moins de les fair
re ‘venir de l'étranger, de la Finlande ou des provinces .
Baltiques. Ce n'est que bien plus tard que son exemple fut suivi par d’autres; il se fonda de nouvelles écoles, et es affaires personnelles de Wéréschtagine allant de plus en plus mal, il dut
fermer la sienne. Aujourd’hui il est complètement
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ruiné, mais son nom n'en reste pas moins attaché à l'histoire du développement de l'industrie laitière en Russie. |
A partir des premiers essais et des premiers échecs de Wéréschtagine, cette industrie ne progressa, à vrai dire, que lentement. Néanmoins, je dois citer d’autres noms de personnes, auxquelles on est plus ou moins redevable de son avancement. Les frères Blandoff, adeptes et compagnons de la première heure de Wéréschtagine, réussirent là où il avait échoué, en créant une vaste entreprise commerciale qui a ses embranchements dans bien des gouvernements: de la Russie, et quoiqu'ils ne poursuivent pas les idées humanitaires et idéalistes de ce dernier, ils ont su se créer un nom très estimé dans le pays, à côté d’une grande fortune personnelle. Ensuite, c'est l’académicien Middendorff, un savant de la plus haute renommée, auquel nous devons surtout l'étude zootechnique et la description scientifique de nos principales races laitières; M. Tcherwinsky, professeur à l’Institut polytechnique de Kieff, auteur d’un grand nombre d'ouvrages sur l'élevage du bétail et sur la zootechnie appliquée ; le baron Koutchenbach, allemand d’origine, qui a
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établi au Caucase, sous Îles auspices de l'ancien vice-roi de cette contrée Si riche en pâturages, le grand duc Michel Nicolaewitch, une superbe fromagerie pour la production du fromage désigné sous le nom de fromage suisse En Russie, mais qui nest en réalité encore que du oruyère (les produits du baron Koutchenbach peuvent, noë seulement rivaliser avec les fromages originaires de ja Suisse, mais les surpassent même bien souvent, grâce aux qualités exceptionnelles des fourrages du versant Méridional du Caucase); M. Kirsch, un spécialiste aujourd'hui au cervice de l'Etat, qui a beaucoup contribué au développement de l’industrie froma- | gère sur ses versants Nord; M. Kalantar, spécialiste distingué, également attaché au service de l’ancien Ministère de l'agriculture ; M. Ch. Weber, auteut d'ouvrages sur l'élevage du bétail et la laiterie (ces ouvrages, d'un caractère plutôt compilatif, n'en ont pas moins été d’une grande utilité pour noS agriculteurs) ; M. Riffestahl, placé à la tète du corps des instructeurs-laitiers dont j'ai parlé plus haut; Mme Ezerski, quia étudié en France la fabrication des fromages de crème, Gervais, Pont-l'Evèque, Brie, cete.; enfin toute la famille des princes Meschtersky, dont les ancêtres ont été les premiers 3 introduire au Centre de la Russie la fabrication d'un fromage sc rapprochant du gruyère; mais qui est connu en Russie sous je nom de fromage . Meschtersky ; les représentants de cette famille ont