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de père en fils continué à s'occuper de cette branche de l’industrie dans leurs nombreuses propriétés, et l'un deux a fondé, 11 y a plus d’une dizaine d'années, une école de laiterie et de fromagerie qui fonctionne avec succès, dans une de ses terres du gouvernement de Tuer. Je dois me borner à ne citer que ces noms, au risque d'en passer, et des meilleurs, surtout parmi les propriétaires des provinces Baltiques, où l'industrie laitière a pris un grand développement bien avant que dans le reste de Ia Russie, exception faite de la Finlande où elle a depuis longtemps acquis un grand essor et dont les produits sont justement appréciés sur les marchés européens les plus exigeants.
En parlant de l'industrie laitière, il faut distinguer la production du lait, vendu comme tel et destiné à l’approvisionnement des grands centres de population, la fabrication du fromage, la production du beurre, tant pour la consommation intérieure du pays que pour l'exportation. Les prix du lait.étant assez élevés dans la plupart de nos villes, les propriétaires des environs et ceux dont les terres se trouvent non loin des lignes de chemins de fer, trouvent tout avantage à expédier leur lait dans Îles villes à son état naturel; ni le fromage, ni le beurre ne pourraient leur donner un revenu comparable. Ce qui leur fait une concurrence assez sensible, c'est le grand nombre de vaches entretenues dans l'enceinte des villes mêmes, les petites comme
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les grandes, Saint-Pétersbourg et Moscou dans ce nombre. Dans les grandes villes, ces vaches restent l'année entière à l'étable, mais dans les petites il n’est pas rare de rencontrer, soir et matin, au beau
milieu des rues, de nombreux troupeaux de vaches
que l’on mène paître aux alentours, ou bien qui reviennent du pâturage vers leurs foyers respectifs, souvent au centre même de la ville. Mais l'entretien des vaches dans les villes coûtant relativement, plus cher que dans les campagnes, car il faut y apporter le fourrage de loin, les campagnards réussissent à combattre cette concurrence. D'un autre côté, les lignes de chemins de fer se dirigeant vers les grands centres de population procurent toutes espèces de facilités aux producteurs de lait que ces lignes desservent, en transportant les bidons de lait dans les trains de grande vitesse aux tarifs de la petite vitesse, réexpédiant les bidons vides gratuitement, etc. Ceci nous donne la possibilité de transporter notre lait à des distances relativement grandes. Ainsi, quoique ma terre soit à 300 kilomètres de Moscou, je trouve tout avantage à envoyer mon lait sur le marché de cette ville et je ne fais du beurre que pour la consommation de ma famille et de mon personnel. Dans d’autres propriétés, les prix du lait dans les villes baissant considérablement en été, on se tient à un système double : en hiver, on expédie le lait dans les villes, et l’on en fait du beurre ou du fromage pendant la saison d'été.
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