CR L
tes QU LE AAv ANA x CT û San: Ni U PE
TR
| ” hlie (rer Le ra lirèo nee His ha bin nosb'h iles 04) è Th ein sa | D Su of oo à D LA | ce
Lol inerub lies sc Hub suruon #1 vvog'e
vid l
Les désordres en Russie et les intérêts agricoles. — Causes ct Caractères de ces désordres, — Comment on: trompe les paysans. — Organisation révolutionnaire des soulèvements, — Usines et
domaines pillés.
ur J'ai été obligé d'interrompre pour quelque temps la sérke de mes Correspondances, les événements : tragiques dont la Russie a été Je théâtre ayant suspendu pour ainsi dire toute la vic du pays. Les cheminsde fer, la poste, le télégraphe ne fonctionnaient pas, les ouvriers de fabrique étaient en grève, et même les journaux ne paraissaient qu'irrégulèrement, ou bien ne Paraissaient pas du tout. Le moyen de garder assez de Sang-froid pour parler de questions économiques et agricoles au moment où tout le pays était bouleversé ct où l'existence, l’avenir non seulement de l'agriculture, mais de toute culture en Russie étaient mises en doute ! Les idées au nom desquelles le parti révolutionnaire anarchiste soulevait l'émeute, la république démo- Cratique, une assemblée Constituante élue par le Suffrage universel et direct dans un pays où les huit dixièmes des habitants sont illettrés, l'abolition de :
toute propriété particulière, la nationalisation du
sol avec le droit de chacun à la terre, sans aucune indemnisation des propriétaires, etc., menaçaient
d’abolir, de balayer tout ce qui fait la prospérité et ‘ même l'existence du pays, en Te réduisant à l'état sauvage. Toutes ces belles théories, accompagnées
dg D ronflantes sur le bien-être général qui
: devait être la suite de l’avènement du pr et au
pouvoir, n'avaient et ne pouvaient certainement
- voir aucune chance de succès dans le pays, quoiqu'elles fussent soutenues par la terreur, la violence
et jusqu’àa:la peine de mort sous les formes les plus :
.Atioces, mises en pratique par les révolutionnaires : à Moscou, à Varsovie, à Riga et ailleurs ; mais elles
ont, néanmoins amené des émeutes, des échauf-
‘fourées sanglantes, des désordres et des troubles inévitables, dont la majeure partie du peuple ne
comprenait ni le but réel, nila raison, d'autant plus
que le peuple était le premier à en souffrir, ce qui a, par parenthèse, très mal servi la cause même des anarchistes en ouvrant les yeux au peuple et en le
mettant bientôt du côté de l’ordre.
Comme l’a maintes fois déclaré l'Empereur aux
représentants mêmes des partis Îles plus réaction-
naires, rien ne fera changer la marche du Gouvernement dans l'application des réformes promises, sur la décision formelle et inébranlable du souverain.
Les désordres et Îles troubles n'ont donc eu pour résultat que de ralentir la réalisation de ces réformes,
AGRAC AIO AA ATI ANS
| nl soc 1:12 RATE ne) »312 "9 AqnQ vil 29h hoti | 59 5 À L l PE pain tal 1 ef 1 p taf : 1 tèlrxsl'e ‘,
tir 11
Lie es \d
ai do pa 11.666048
taie 26 RER den sn Ne > €
mais ne pourront ni les faire abroger, ni les réduire à.néant. C’est une tâché bien ingrate que les révolutionnaires se sont donné pour but de poursuivre, et c'est sur eux avant tout que doit retomber la respon-
.:&sabilité des malheurs dont souffre aujourd'hui le
pays et qui rendent la transition de l’ancien ordre de choses au régime nouveau plus pénible et plus lente. S'ils arrivaient à triompher, ce ne serait plus une révolution, mais un cataclysme, comme nena
. pas encore connu l'histoire... Aussi tous Îles gens
de bonne volonté et de raison doivent-ils se réunir, pour leur opposer une résistance énergique au nom de.la sécurité du pays et de la civilisation, menacée elle-même par ces barbares d’un nouveau genre. Si.je me suis vu obligé de faire une digression dans le domaine des questions politiques, dont mes études agronomiques auraient dü être exemptes, c'est que les événements qui se déroulent en Russie touchent de trop près à nos intérêts agricoles, en arrêtant tout trafic, tout commerce, en empêchant même le ravitaillement des contrées atteintes par la disette, et ont une répercussion des plus funestes parmi nos classes campagnardes. C'est aux désordres soi-disant agraires dont bien des provinces nous ont donné le spectacle terrifiant que 'je voulais en venir pour en montrer le caractère réel et le danger encore bien plus grand que les émeutes dans les villes, facilement maîtrisées jusqu'ici par la force armée et n'ayant aucune chance de réussite dans
MONET EN EE EEE EEE
MIT eee +
l'avenir, quoiqu'elles donnent un nombre toujours
croissant de victimes, tant coupables et méritant leur sort, rqu'innocentes et souvent inconscientes, même parmi la masse entraïnée dans les rangs des émeutiers.
J'âi déjà abordé la‘question des désordres agraires dans-:une de mes études précédentes, mais ce qui s'est passé depuis a eu une importance tout autre. Dans diverses parties de la Russie on ne peut presque plus compter le nombre des domaines pillés, dévastés, brûlés, rasés de terre. Il est certains districts, dans les gouvernements de Saratoff, de Koursk, de Kherson, dans Îles provinces Baltiques, où à peine quelques
| propriétés sont restées intactes; tout le reste a été
saccagé par des bandes de paysans, à la tête desquelles se plaçaient des émissaires du parti anarchiste, des étudiants, des maîtres d'écoles, etc., se donnant pour des envoyés du Czar, endossant des uniformes chamarrés d’or et constellés de décora-
tions, et. conduisant les paysans au pillage des
demeures seigneuriales, soi-disant sur les ordres de l'Empereur. L'administration était souvent prise au dépourvu, les troupes manquaient sur les lieux, ou n'arrivaient que trop tard, pour ne trouver que des ruines fumantes, et ces mêmes paysans implorant à genoux leur pardon.
Les causes de ces désordres et leur caractère présentaient des différences dans les diverses localités.
Ainsi, dans les provinces Baltiques, elles furent
dues principalement à la haine séculaire des Lettes et des Esthoniens contre les seigneurs, pour la plupart allemands, qu'ils ont toujours considérés comme des oppresseurs ; la libération des serfs s'y est opérée, à l'encontre des autres parties de la Russie, sans dotation de terre, ce qui a mis les paysans de ces localités à la merci des proprictaires-barons ct descendants des anciens chevaliers de fa Livonie et de l'Esthonie, qui ont su pendant de longues années ‘et jusqu'aux temps les plus récents conserver un régime presque féodal. C’est principalement contre : ces barons que Le mouvement a été dirigé, mouvement d'un caractère presqu'exclusivement politique et national. Un grand nombre de châteaux historiques, datant de plusieurs siècles, avec des galeries de tableaux et d'objets d’art d’un prix inestimable, entourés de fermes modèles — même pour cette partie la plus avancée en Russie sous le rapport agricole, — ont péri dans les flammes ; leurs propriétaires ont été parfois assassinés, le plus souvent chassés, traqués dans les bois comme des bêtes fauves, ayant à peine réussi à sauver leur vie, et entiérement ruinés au milieu de ce désastre, dont la contrée, hier encore florissante, ne se relèvera pas de sitôt. Les paysans lettiens et esthoniens révoltés mènent encore aujourd'hui une guerre de guérillas contre les troupes envoyées en grand nombre pour supprimer l'émeute, qui n’a certes pas plus de chance de succès définitif ici qu'ailleurs, mais qui n'en a pas moins pris un
sé. nov Ac dan: Me ne
caractère très sérieux, vu les conditions spéciales du pays au milieu duquel elle a surgi.
, Dané les autres parties de la Russie où se sont déroulés des événements tout aussi sinistres (sans parler du Caucase qui est le théâtre de soulèvements
+ purement politiques et d’une lutte acharnée entre les diverses peuplades indigènes, — Arméniens, Tartarès, Mingréliens, Circassiens, etc.), ces désordres ont eu lieu que dans des localités plus où moins isolées et distantes les unes des autres. Je viens de dire que ces désordres étaient pour la plupart du
Rtemps provoqués et fomentés par des émissaires socialistes, mais si on leur prête le nom de mouve-
* ment agraire, ce n'est pas toujours avec raison.
Dans une de mes études précédentes, j'ai démontré que l’idée du partage des terres scigneuriales entre les paysans était pour ainsi dire imbue chez ces derniers ; ne possédant généralement des terres qu'à titre de propriété communale, voyant la part de chacun dans la commune diminuer d'année en année, à mesure qu'augmentait la population, ils caressaient de tout temps l'espoir de la réalisation, un jour ou l’autre, de ce rêve. Aussi accueillirent-ils avec joie et avec la plus grande crédulité la nouvelle bienheureuse, apportée par des hommes dans lesquels ils voyaient des envoyés du Czar, — d’un oukase impérial, leur concédant enfin la jouissance de toutes ces terres, usurpées soi-disant par les seigneurs au détriment de la classe pauvre et
PPT ES
mt
que l'Empereur leur restituait enfin, mais à la con-
: dition expresse de la destruction immédiate de toutes
les fermes et des habitations mêmes des proprictaires, pour enlever à ces derniers Îe désir et même la possibilité de revenir jamais et de rétablir leurs propriétés. Ils en avaient assez joui, les riches, oppres-
‘ seurs des paysans, et voulant empêcher le Czar de
prendre cette mesure de clémence vis-à-vis des pauvres et des déshérités, n'ont-ils pas imaginé
: aujourd’hui de limiter à leur profit les droits de
l'Empereur autocrate, le père du peuple ! Ceci ne pouvait être toléré. Le Czar faisant appel à ses enfants et les invitant à prendre sa défense, — ceux qui n'obéiraient point à ses ordres, ou qui tarderaient à entrer dans cette voie de justice et de vengeance, n’obtiendraient rien dans le partage annoncé et risqueraient même de se voir de nouveau asservis aux seigneurs, s'ils ne savaient profiter sans retard de la liberté annoncée dans le manifeste impérial, la liberté de conscience, proclamée dans le même acte, voulant dire que, quoi que l’on fasse, on n'avait plus de remords de conscience à craindre, tout étant dorénavant permis.
[l n’en fallait pas plus pour soulever les paysans et les faire marcher contre les propriétaires, brülant, détruisant, saccageant tout, et ne se voyant déçus qu’à l’arrivée des troupes avec de vrais généraux en tête, tandis que les autres, les faux émissaires, ont pu pour la plupart filer à temps et se
soustraire aux châtiments sévères et plus mérités par eux que par-les pauvres paysans, victimes de leur crédulité, qui eurent à les subir bientôt après.
Si la question de la terre était certainement le motif principal de tous ces mouvements, réprimés tout aussi vite que surgis inopinément, si la disette épouvantable de cette année avait servi à accroître encore la misère et la détresse des paysans, — auxquels les propriétaires voisins étaient pourtant les premiers à venir en aide, — il est néanmoins difficile de considérer ces désordres aussi terribles qu'insensés, comme un mouvement agraire. Souvent ce n'étaient même point les paysans les plus pauvreÿ, ri les villages manquant le plus de terres qui se laissaient entrainer les premiers et se livraient aux excès les plus graves.
Le pillage n'était également pas toujours le motif principal de ce mouvement, qui revêtait plutôt le caractère de folie furieuse. Tout en incendiant les maisons et les châteaux, en abattant les arbres des parcs et des jardins, les paysans mettaient parfois le feu aux granges remplies de blé, sans les avoir dévastées au préalable ; ils égorgeaient les animaux de ferme, des centaines de vaches et de taureaux. des milliers de brebis des races les plus belles, tout en jetant leurs dépouilles dans la rivière, sans Îles
‘. emporter chez eux, ne fût-ce que pour en manger la viande ; ils coupaient la langue aux chevaux dans les haras ou leur brisaient les pieds en se réjouis-
RENE CP Pme, F mans pe
sant de leurs hurlements de douleur; même des habitations seigneuriales, on n'emportait que peu de choses, mais on mettait en pièces les pianos à coups de hache, on déchirait Îles tableaux, les tentures, etc., et puis l’on s’en allait paisiblement chez soi, certain d’avoir fait œuvre méritoire. Surpris de voir les troupes arriver inopinément, conscients enfin de tout le mal qu'ils avaient fait, se réveillant comme d'un mauvais rêve, les paysans redevenaient doux et soumis et n'opposaient presque jamais de résistance, se laissaient docilement conduire en prison, rapportaient à la moindre injonction ce qu'ils étaient parvenus à soustraire dans les domaines dévastés, demandaient humblement pardon aux propriétaires mêmes qu'ils venaient de dépouiller de tout leur avoir, se jetaient à genoux dans les églises en implorant la grâce du ciel pour leurs méfaits et juraient devant Dieu et tous les saints de ne plus recommencer.
Et tandis que Île mouvement s’apaisait ici, les désordres éclataient ailleurs, ayant toujours le même caractère de fureur insensée, stupide, illogique, car souvent les paysans étaient les premiers à souffrir des suites de leurs crimes, comme dans les cas, malheureusement assez fréquents, où ils ont incendié des usines, des sucreries, des distilleries, etc., qui leur donnaient un gain assuré durant les longs mois de l'hiver, pendant lesquels tous les travaux agricoles sont en suspens. Aussi implorent- ils
aujourd'hui les propriétaires des usines ancanties de les rétablir au plus vite, ce que ceux-ci sont, pour le moment, pet enclins à risquer:
‘Un fait à noter: à l'encontre de cequi s'est passé dans les provinces Baltiques; ‘ci il n'y a presque pas eu de victimes à déplorer parmi les propriétaires et leurs familles, ou bien ce n'étaient que des cas de vengeance personnelle : souvent les paysans les prévenaient d'avance du saccage qui menacait leur terres et les engageaient à fuir, tout en s'apitoyant sur leur triste Sort. g'il y a eu des Cas où les paysans ont ravagé de préférence les domaines des propriétaires dont ils avaient particulièrement à se plaindre et qui étaient détestés par leurs voisins des alentours, ailleurs Jes maîtres Îles plus aimés et dont les rapports avec les paysans ne jaissaient rien à désirer, ont néanmoins subi le sort commun: Si quelques - uns d'entre eux ont pu garder assez d'ascendant sui {es villageois voisins, pour prévenir toute agression de leur part; étaient alors les habitants de villages plus oignés qui venaient en masse Ct entraïnaient à leur suite, parfois au MOYEr de menaces, Ceux qui ne voulaient pas bouger de leur propre oté. Là où les propriétaires ont pu faire venir à temps seulement quelques hommes de trotipes ou quelques cosaques encore plus redoutes par les paysans; aucune levée n'a eu lieu; partout d'ailleurs la foule se dispersait à l'approche des trou- pes, sans que celles-ci aient presque jamais eu
à recourir aux armes. Mais la plupart du temps les troupes arrivaient trop tard, ne trouvaient que des ruines fumantes et se mettaient à la poursuite des fuyards, procédant à l'arrestation des mencurs et des principaux délinquants, ot appliquant aux autres des mesures de correction rigoureuses, après quoi les villages coupables étaient soumis à l'occupation militaire.
Nulle part les désordres n'ont duré plus de quelques jours, mais le mouvement calmé i ici renaissait ailléurs, et encore aujourd’hui nous avons à enregistrer de nouveaux faits de ce genre, quoique Îles paysans ne se laissent plus duper par les agents révolutionnaires aussi facilement que dans les commencements et les livrent souvent d'eux-mêmes aux autorités où bien leur réservent un accueil qui leur enlève le désir de revenir. Désillusionnés sur le rôle de ces soi-disants délégués du Czar, prêts à une levée en masse pour faire delacontre-révolution, tout aussi dangereuse pour la sécurité du pays que la oO elle-même, et dont nous avons déjà vu des exemples terr Tant les paysans n’en attendent pas moins du Czar et aujourd'hui plus que jamais, la solution de leur rêve chimérique, toute’ la terre aux paysans, ce qui nous fait craindre que nous ne soyons pas encore au bout de nos épreuves.
CN
md 277 200 Babe mere. 10 3 on ne
La région dela terre noire. — Prédominance, dans cettc région, des conditions climatériques. — Mode traditionnel de culture. — Les
rendements des terres seigneuriales et des terres des paysans. — Difficultés spéciales dans les améliorations agricoles.
Quels que soient Îles troubles ou mème les luttes intestines qui déchirent un pays, qu'il change de régime, qu'il modifie ou abroge les lois qui le régissent, les lois de la nature restent immuables, un même soleil éclaire les jours de paix et de bataille et les saisons suivent leur cours en dehors de toute activité humaine, l’homme n'étant qu'un infiniment petit sur notre planète, incapable de modifier en quoi que ce soit ses évolutions. J'ai beaucoup parlé dans mes études précédentes des formes de Îa propriété, communale ou individuelle, plus ou moins
propice à la production agricole, des conditions
économiques qui rendent un pays plus où moins prospère, de l’état plus ou moins avancé de la culture humaine, dont dépendent les résultats du labeur journalier des travailleurs ; mais pour que le travail puisse atteindre son maximum de production, il faut avant tout que l’homme connaisse les
ic À asfnissge As tui