‹ La Russie agricole devant la crise agraireChapitre 84 sur 140 · HOW · texte numérisé non relu

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plantes, telles que la betterave, par exemple, et même la pomme de terre, ne peuvent être cultivées

avec avantage dans ces conditions. Le moyen

d’avoir une récolte tant soit peu lucrative de betteraves quand l'épaisseur de Ia couche arable ne dépasse pas 10 ou même 18 centimètres, tandis qu'avec des labours profonds on lui offre un lit de 35°à 45 centimètres et au delà. On sait que les plantes absorbent au moyen de leurs racines et évaporent par Îles feuilles une masse d’eau très considérable, quoique différente pour les diverses espèces. Il est évident que plus le milieu dont elles tirent cette énorme provision d'eau est restreint, comme c'est le cas lorsque les racines n'ont leurs ramifica-

tions que dans la couche superficielle, de peu

d'épaisseur, et que l'apport de l’eau du dehors, par les pluies, fait défaut, cette couche n'en est q plus promptement privée, et la plante périclite ; au contraite, lorsque les racines pénètrent à une profondeur plus considérable, le volume de la terre qui leur fournit l'eau nécessaire est plus grand, le desséchement relatif de chaque unité de ce milieu est moindre, et, ce qui est plus important encore, elles peuvent puiser cette eau non seulement dans la couche supérficielle, mais aussi dans le sous-sol, où la provision en est toujours plus abondante.

Tels sont les avantages de la culture profonde, des défoncements du sol et de son ameublissement ; il est évident qu'avec ces procédés on obtient un

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milieu plus'vaste et plus propice à [a végétation. Mais comme toute médaille a son revers, — les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas — il arrive dés époques où les résultats de ce mode de culturé se présentent sous un jour tout différent ; il peut devenir tout aussi funeste à la végétation, qu'il lui était favorable dans les années normales. Ceci fait le point “de départ des partisans de la culture superficielle, parmi lesquels je dois placer un agronofne aussi éminent que l'était le professeur .. Kostitcheff, quoique de mon côté je ne puisse me . ranger ‘à cette opinion. Ils affirment, notamment, “que la sécheresse étant le plus grand fléau de l’agriculture dans le Centre et le Midi dela Russie, nous devons éviter tout procédé de culture capable d’activer le dessèchement de la terre. Or, dans les années de grande sécheresse, la chaleur tropicale de l'été, l'air sec de l'atmosphère ambiante, les vents torrides du Sud-Est pénètrent à une plus grande profondeur dans la couche de terre ameublie, que dans Îa terre Compacte, et la dessèchent ee l’aèrent par tous ses interstices et ses pores, enlévent à la plante le peu d'humidité dont elle aurait pu jouir-autrement. Dans ces cas là, les : Jabours profonds sont d'autant plus nuisibles à la végétation que la téèrre est plus ameublie, qu’elle est plus poreuse, qu’elle se laisse plus facilement pénétrer par l'air ambiant.

Je ne puis nier non seulement la possibilité, mais

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