‹ La Russie agricole devant la crise agraireChapitre 98 sur 140 · PE · texte numérisé non relu

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lette des fruits vers la mi-septembre et on peut la . prolonger indéfiniment, car les fruits de la citrouille

ne craignent nullement la gelée. On reconnaît les fruits mürs en enfonçant l'ongle dans l'écorce; s'il y

‘entre facilement, si l'écorce est molle, c’est que le

fruit n'est pas encore arrivé à maturité, mais ceci n’a d' importance que quand on tient à la récolte de la

‘semence ; Ja qualite nutritive des fruits, destinés

au bétail, est à peu près égale pour les fruits mûrs que pour les autres. Une fois récoltée, la citrouille se conserve très facilement, 1l faut seulement la préserver contre l'humidité qui pourrait la faire pourrir; si le fruit gele, cela n’y fait rien, on peut

: le garder à l'état gelé indéfiniment, et c'est même

le moyen le plus simple de le conserver en hiver, quitte seulement à le faire dégeler avant de le donner au bétail. On peut également le mettre en silo, en le hachant préalablement. La”séparâtion des semences, si l'on veut les récolter à part, est chose plus difficile ; il faut enlever l'intérieur du fruit et rassembler les graines soit à la main, soit en faisant macérer la pulpe dans une cuve, en y ajoutant de l'eau et en agitant la masse avec une petite pelle ; on construit pour cela des espèces de barattes. La graine tombe au fond, et la pulpe surnage. Si l'on veut donner la citrouille aux animaux sans cette opération préalable, il faut la couper en menus morceaux, au couteau, à la hache, ou bien à laide d’un coupe-racines. Le bétail, vaches, brebis, cochons et

même les chevaux, s'y accoutume facilement et en devient très friand ; les vaches augmentent de lait, les cochons engraissent ; si l’on veut des cochons bien gras, il est bon de leur donner de la citrouille cuite ou rôtie au four ; on la mélange en ce cas avec de Ia farine, du son. Autrement on se contente de la mêler à de la paille hachée, de la balle de blé ou d'avoine, etc.

Les espèces de citrouilles cultivées comme fourrage sont très variées ; il en est qui donnent des fruits d’une grosseur colossale, ce qui dans ce cas spécial importe peu, car il s'agit surtout d'en avoir une masse glus grande à l’hectare, qu'ils soient petits ou grands indifféremment. Quand on a en vue la production de la semence, on a recours à une espèce spéciale, qui en abonde. Dans les semences du commerce, toutes les variétés sont souvent entremêlées. Les espèces potagères conviennent moins bien à la culture de la citrouille dans les champs, qui en exige de plus rustiques.

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. La Russié Méridionale. — Anciens procédés d'élevage : les mou-

tons et les bêtes à cornes. — Revirement dans les procédés ‘agricoles. — Leurs causes et leurs résultats. — La culture intensive. — La propriété individuelle chez les paysans. — Rôle des sociétés agricoles. |

Le Midi et surtout le Sud-Ouest de la Russie pré-

sentent un caractère tout différent de celui des

régions dont j'ai parlé jusqu'ici. Tandis que la plu-

part de nos provinces sont toujours sous le régime d’une culture absolument extensive, celles du Sud- Ouest, les gouvernements de Kieff, de Podolie, de Wolhynie, ont, comme les provinces Baltiques et de Pologne, une agriculture beaucoup plus avancée, sont depuis longtemps entrées dans la phase de la

culture intensive. Il y a quelques dizaines d’années

à peine, l'élevage des bestiaux, la culture semi-pastorale dominaient encore dans la Russie méridionale, les champs labourés n'y apparaissaient que comme des oasis perdus au milieu des steppes sans bornes,

, non encore défrichées, toutes vertes au printemps,

mais bientôt après jaunies par les chaleurs torrides de l'été, et où les rayons du soleil se reflétaient

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dans les fils argentins de la sparte (Stipa capillata) dont la steppe était’ couverte comme d'un tissu ondoyant.

Les propriétaires de ce vaste territoire n'avaient à leur disposition ni la main-d'œuvre, ni Îles ressources nécessaires pour l’exploiter autrement qu’en y faisant paître des troupeaux innombrables

: d'animaux de toute espèce, des chevaux, des vaches et surtout des moutons mérinos, qui ont étéimportés

en Russie vers la fin du dix-huitième siècle, du

temps de Catherine la Grande. C'est à cette même époque que l’impératrice désirant peupler ce terri-

toire, encore absolument désert et inculte, y attirait de nombreux colons allemands, auxquels elle accor-

. dait toutes sortes de privilèges et sur lesquels elle ‘comptait comme sur des agriculteurs expérimentés,

qui devaient servir d'exemple à ses sujets. En réalité, l'exemple de ces colons ne servit pas à grand'chose aux Russes, mais les colonies allemandes sont bientôt devenues florissantes, et le sont encore aujourd'hui, sans que leurs habitants aient fusionné avec leurs voisins les paysans russes. Parmi ces colons allemands, il en est qui sont devenus de gros propriétaires terriens et aussi de grands éleveurs de moutons, et ils ont certainement beaucoup contribué

‘au développement de l'industrie lainière en Russie.

Dans les débuts on s’adonnait surtout à l'élevage des moutons mérinos à laine fine, type Negretti; plus tard on passa au type à laine longue, Infantado,

et enfin, dès 1866, on eut recours à des reproducteurs de la race Rambouillet; aujourd’hui la race Negretti est tout à fait abandonnée, et Îles types

‘ Infantado et Rambouillet dominent dans nos meil- :- Jeures bergeries; à côté de ces deux types, nos éleveurs ont su créer un type russe, dit mouton Mazaéff, du nom de l’éleveur Mazaeff auquel 1l doit son origine; s’il donne une laine un peu plus gros- sière que les mérinos Infantado où Rambouillet, il

porte une superbe toison d'un poids considérable et

se distingue par sa forte taille, qui le fait préférer ‘aux autres sur les marchés de boucherie.

Le nombre des brebis, que les propriétaires de nos provinces méridionales entretenaient sur leurs terres, était autrefois immense; certains d'entre eux en comptaient jusqu'à 50000 à 100000, ct même : 200 000; ils parlaient avec dédain des plus grands éleveurs étrangers, disant qu'ils avaient chez eux, pour la garde de leurs troupeaux, plus de chiens de bergers que ceux-ci ne comptaient de brebis. Mais si ces bergeries étaient si grandes numériquement, le nombre des animaux n’était que très restreint par rapport à la superficie du terrain; ainsi, onnecomptait alors généralement que de 1 à 2 têtes de brebis par hectare. Une et demie était la moyenne que l'on considérait comme normale ; si le chiffre atteignait 3 à 4 têtes par hectare, c'était déjà exceptionnel. En revanche, on payait des sommes fabuleuses pour les “plus beaux animaux reproducteurs, que l'on faisait

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venir de l'étranger. Plus tard quelques-unes de nos

bergeries ont su atteindre un tel degré de perfection, qu’une commission spéciale chargée par le gouvernement en 1880 de l'étude de la production ovine

en Russie, et à laquelle a pris part un savant profes-

seur allemand, M. Bohm, a cru pouvoir déclarer que la Russie n'avait plus à s'adresser à l'étranger pour avoir des reproducteurs, mais que ce sont au contraire les éleveurs allemands qui auraient pu venir en acquérir dans notre pays: |

C'était là le beau temps. Les prix des terres étaient infimes; l’agriculture, manquant de bras, n'était placée qu'au second rang, l'élevage occupant le premier. C’est à peine si l'on parvenait à cultiver, à ensemencer la vingtième partie de la superficie totale des terres de cette région, toutes, du reste, parfaitement propres à la culture. Les prix des jaines étaient très élevés, la concurrence des laines exotiques ne se faisant encore sentir que faiblement. Les steppes servaient de pâturage au bétail durant sept ou même huit mois de l’année, et lui fournissaient du fourrage en abondance pour l'hiver. Si l'on ne connaissait pas encore les faucheuses, les ouvriers affluaient en nombre suffisant des provinces plus peuplées du Nord pour l'époque de la fenaison.

A côté des brebis, une autre branche d'élevage avait une importance non moindre, celle du gros bétail à cornes, des races de j'Ukraine, Tcherkassky ;

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en été, les taureaux servaient de bêtes de labour, en hiver on les employait pour les transports des marchandises de toute espèce vers les grands centres de population. C’étaient surtout des animaux de boucherie que l’on élevait de préférence, et que l'on faisait plus tard faire le voyage à pied, à Moscou et à

Saint-Pétersbourg, pour y être abattus. Il est vrai

que la peste bovine venait de temps en temps

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