‹ La Russie au XVIe siècleChapitre 18 sur 30 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Ordre de .marclie^ manière de combattre et discipline militaire.

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Les Basses ont plus de confiance dans

le nombre que dans le courage de& âcldats on Thabileté des chefs. Ils sont conduits et marchent sans ordre, sauf que les quatre corps (j)olk) dont l'armée se compose restent chacun sous ses enseij^es, et qu'ils chargent en masse, tous à la fois et confusément, sur Tordre du général. Les chefs des cavaliers ont chacun à l'arçon de la selle un petit tambour de bronze, sur lequel ils frappent pour donner le signal de la charge.

H y a aussi d'énormes grosses caisses établies sur un plancher que portent quatre chevaux réums par des chaînes ; chaque grosse caisse est battue par huit hommes.

Ils sonnent du clairon et de, la trompette d'une manière sauvage et bien diâéreute

de la nôtre. Lorsqu'ils chargent on qu'ils font quelque invasion, ils poussent tous ensemble un grand cri, aussi fort qu'ils puissent crier, ce qui se joignant au son du tambour, du clairon et de la trompette iait un bruit confus et terrible. C'est ainsi qu'ils attaquent y lançant d'abord leurs flèches, puis le sabre en main, et l'agitant^ le brandissant par bravade au-dessus de laurs têtes, avant d'en venir aux coups.

Comme leur infanterie n'est jamais en bon ordre y on la poste d'habitude en embuscade, ou dans une forte position, d'où ' elle peut sans grand donunage faire le plus de mal possible à l'ennemi. Bans une bataille rangée, ou dans le cas d'une grande invasion des Tartares , l'infanterie se tient dans l'enceinte du château mobile (goulùn gorod), qu'amène avec elle le Golava Voévoda^ dont j'ai déjà parlé. Le château peut au besoin être établi sur une ligne de un à sept milles. Il ne consiste que dans une double muraille en bois, qui protège devant et derrière, et qui laisse, entre ses. deux côtés, un vide de trois yards environ,, de sorte qu'à l'intérieur on a assez d'espace pour charger et décharger les armes à ieu

et 86 servir des autres armes. Cette ma* raille est close aux deux extrémités, et a de chaque côté des meurtrières pour tirer ou pour combattre à Tarme blanche. Elle isuit partout rarmée. Les pans de mur sont portés sur des chars que traînent des chevaux qu'on n'aperçoit pas» car ils disparaissent sous leur charge. Lorsqu'on arrive à la place que le Oclava Voévoda a choisie d'avance pour y établir le château mobile, on l'installe suivant le besoin , tan^tôt sur un mille de long, tantôt sur deux ou trois, ou davantage, ce qui se fait rapidement et sans outils i sans charpentier, car le bois est taillé de manière à ce que chaque pan s'emboite dans un autre, d'une manière que comprendra facilement quicon-^ que connait le mode de construction des Russes.

Bans ce château se tiennent les tireurs, bien défendus, et avec avantage, suitout contre les Tartares, qui n'oiàt .pas de canon et ne portent d'autres armes que le sabrè^ l'arc et les flèches. Il se trouve aussi à l'intérieur des pièces de campagne, dont on se sert suivant l'occasion. Contre les Tartares, on conduit peu de pièces de cam^*

pagne, mais lorsqu'on a affaire ai^ Çolqnai^ dont on tient plus grand compte, Tarmée entre en campagne mieux fournie de munitions de toute espèce et des provisions nécessaires. On croit qu'aucun prince chrétien n'a une plus forte réserve de munitions que Tempereur de Russie, ce dont on peut juger en partie d'après le magasin d'artillerie de Moscou, où se trouvent des pièces de gros calibre, toutes en bronze^ fort belles et en excessive quantité.

Le soldat russe passe pour mieux se défendre dans un château ou une ville^ quen plaine et de pied ferme, ce qu'on a toujours observé dans les guerres, et par exemple, il y a environ huit ans, au siège de Pskov, où le roi de Pologne, Etienne Battori , à la tête d'une armée de 100,000 hommes, fiit repoussé et forcé enfin de lever le siège, avec une perte d'un grand nomlm de ses meilleurs capitaines et soldats. Mais dans les batailles, on remarque que les Russes sont toujours battus par les Polonais et les Suédois*

Si un homme se comporte avec plus ^e vaillance que les autres, ou s'il rend quelque service signalé, Tempereur lui envpîe

une plaque d'or, portant l'empreinte de St-George à cheval, quil laissera pendre à sa manche ou fixera 8ur son bonnet.

Cela est regardé conmie le plus grand honneur que puisse mériter un service quelconque.

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