CHAPITRE lU
oduits naturels.
En fait de fruits ^ les Kusses ont des pommes^ des poires^ des prunes, des cerises rouges et lioîres — les noires sont sauvages — des • concombres, des pastèques, qu'ils nomment arbouz^ des fraises, des airelles, et beaucoup d'autres fruits dans les bois et les buissons* Leurs grains sont:
le froment, le seigle, Torge, Tavoine, les pois, le sarrasin, le psnytha, qui au goût ressemble un peu au riz. Le pays produit plus de grains qu^il n'en consomme, d*oà résulte que quelquefois le froment se vend deux cUtyns, ou dix pences le tchetverte^ qui équivaut à près de trois boisseaux anglais. ^
*) Le tclietverte vaut actuellement 206 litres, 80; le bushel anglais 36 litres, 31; six penees de ran* den shilling valent 62 eentlmes. UAUyn est une monnaie de compte, valant ^/^^qq de rouble , ou 3 kopîeîka, (kopéke).
On sème le seigle avant Thiver; tons les antres grains au printemps^ et pour la plupart^ en mai. Les PermienB et d'autres qui habitent au loin dans le Nord et dans des lieux déserts se nourrissent des grains du Sud. Parfois^ ils sont forcés de faire du pain avec la seconde écorce du sapin, ou avec une racine nommée Vaghrioy. S'il y a cherté, comme cela est arrivé Tan dernier (1588), où le froment et le seigle sont montés à 13 aUyns le tcheiverte, ce qui fait 5 shillings 6 pences, la faute un est moins à la terre qu'aux manœuvres des nobles, qui accaparent les grains.
Les produits naturels du sol, qu'ils emploient à leur usage, et dont ils exportent beaucoup, ce . qui emichit l'empereur et son peuple, sont nombreux et importants.
1) Des fourrures de toute espèce. Il faut ici remarquer l'action de la Providence, qui leur fournit ainsi un remède naturel contre les inconvénients naturels de leur pays et la rigueur du climat. Leurs principales fourrures sont le renard noir, la zibeline, le loup cervier, le renard bleu, la martre, rhermine, le petit gris, le castor, le chien des bois, la peau d'un grand rat d'eau qui
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a une odeur de musc, Técureuil gris ou fauve, le renard fauve et le renard blanc.
Outre la grande quantité qui est employée dans le pays, — les gens portant des fourrures tout Thiver — les marchands turcs, persans, boukhariens, géorgiens, amémens, et aussi quelques chrétiens en éxportent parfois poui: cinq ou six cent mille roubles pai* an, à ce que jai entendu dire iiux commerçants. La plus belle zibeline vient de Petchora, de Momgosorskoy (Mangasea ?) et d'Obdorskoy; la jlus mauvaise, de la Sibérie, de Perm et d'autres endroits. La Sibérie fournit du renayd noir et rouge, et Petchora envoie du renard blanc et bleu, ainsi que des peaux de loup blanc et d'ours blanc. De Petchora et de P.erm vient ainsi le meilleur chien des bois. La Sibérie, £adom (sur laMoskva), Mourom (sur TOka), Purui et Kazan fom^uissent la plub bulle martre. Le loup cervier, le petit gris et rhermine viennent de Galitche et d'Ouglits, et aussi, en grande quantité, de Novgorod et de Perm. Les meilleurs castors se trouvent à Mourmonsky, près de JbLoia. D'autres fourrures communes, et quelques unes de celles que nous avons citées, se rencontrent
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dans plusieurs provinces, et certaines, dans tout le pays.
2) La cire. Des personnes bien au courant m'ont dit q u'on en avait embartj^iié pour l'étranger jusqu'à 50,000 pouda^) par an^ ^ mais que maintenant ce n'est plus que 10,000 pouds environ, chaque poud étant de quarante Uvres.
3) Le miel. Outre qu'ils en consomment une quantité excessive pour leurs boissons de diverses espèces, il en sort du pays une assez forte quantité. Le miel^ vient surtout de Mordya et de Xadom, du côté des Tartares Tchéremisses, et aussi de Séverskoy, de Riazan, de Mourom, de Kazan, de Dorogobosk et^ de> Yiasma.
4) Le suif. Ils en fournissent beaucoup pour l'exportation. C'est non seulement parce que le pays est -très favorable à l'élève du bétail, mais encore parce qu'ils ont plusieurs carêmes et beaucoup de jours maigres.
Bailleurs, les grands personnages brûlent de la cire, et les pauvres, de longs éclats de bouleau séchés au four, qu'ils nomment
*) Le poud russe pèse actueUement environ 16 kilogrammes un quart: 16» 280 grammes.
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louicldna. 11 n'y a pas longtemps qu'on embarquait environ 100,000 ponds de snif par an, mais maintenant, ce n'est plus guère que 30,000. Le meilleur suif est celui de Smolensk, Yaroslav, Ouglitz, Novgorod, Vologda, Tver et Gorodetski.
Les cuirs sont encore un article important. Le cuir de buffle est beau et grand.
Celui de taureau et de vache — ilb ne font pas de bœufs — est de petite dimension.
Les marchands étrangers ont exporté jusqu'à 100,000 peaux par années; maintenant, le chiffre descend à 30,000 environ. Il y a en outre beaucoup de peaux de chevreau, qu*on exporte en quantité. Les buffles les plus grands se trouvent vers Bostov, Yichida, îîovgorod, Mourom ^t Perm; les plus petits, dans le royaume de Kazan.
Un autre produit de première ordre, c'est Vhuile de phoque. Il convient peutêtre de Récrire ici la manière dont ils chassent le phoque* Vers la fin de Tété, avant la venue des froids, ils s'en vont avec leui*s barques. ' dans la baie de St. Nicolas, à un cap nommé Xouiskoy-!N^os, et ils les y déposent jusqu'au printemps. Lorsque le soleil est revenu et qu'il a ramené de la chaleur^
mais avant que la glace soit fondue^ ils reviennent à £oai8koy-no8. Ils trainent alors leurs barques sur la glace ^ et s'en servent comme de maison. Il y a ordinairement dix-sept ou dix-huit escadres de barques^ qui se divisent par sections de cinq ou six, naviguant de conserve.
Ceux qui les premiers trouvent les phoqueB, allument un feu; c'est le signal convenu. Dès qu'il est aperçu par les vigies des autres pêcheurs, tous se réunissent Ils forment un cercle autour des phoques, qui sont grouppés au nombre de quatre ou cinq mille, et se chaulfent au soleil sur la glace. L'attaque commence, chaque homme le bâton à la main. S'ils frappent sur le nez, Tamiral est bientôt tué. Si c'est au dos on sur les côtes, il soutient le coup, et quelquefois, il saisit et retient le bâton avec ses dents, d une telle force que l'honmie est obligé d'appeler au secours.
Lorsque, les phoques se voient cernés, ils se rassemblant en un groupe, pour peser sur la glace et la briser, s'ils le peuvent.
Quelquefois lu glace plie au point que l'eau remonte par dessus, et que les chasseurs
marchent dans plus d'un pied d'eau. Après le massacre^ quand ils ont tué tout ce qu'ils ont pu, ils font le partage, donnant à chaque barque une égale quantité. Puis, ils écorohent les phoques, et prennent la peau et la graisse qui est au dessous. Ils emportent cela et laiissent les corps et ils reviennent à terre. Ils creusent des fosses d'un fathom''^) et demi de profondeur, ou environ, ils détachent la graisse de la peau, et la mettent dans la fosse, où ils jettent, tout au travers, des pierres rougies^ qui font entrer la graisse en fusion. L'huile qui Tient à la .surface est la plus pure; on l'emploie à la préparation dejà laines, . La plus grossière, qui est rousse, est vendue pour fabriquer du savon.
Uikra^ on caviar, se fait en grande quantité sur les bords du Volga, avec Testurrgeon, la biélouga, la sévrioga et la ster- Uade*). L'exportation du caviar est faite surtout par Ips JB'rançais et les Hollandais
*) Fathom : mesure anglaise. Il équivaut à moins de 2 mètres: Im., 828.
**) Biélouga: le grand esturgeon. Storioga: Testurgeon stellifère, Sterliade: sterlet.
pour ritalie et pour TÉsp^ne, et en partie par les Âiiglais.
Enfin, le lin et le chauvre. Des inar^ cliands m'ont dit que ces produits avaient^ en une année, formé la plas grande partie du chargement de cent navires, grands et petits, au port de Narva. Maintenant^ cela ne dépasse pas cinq navires. — La raison de la décroissance de l'exportation, pour cet article comme pour les autres, c'est d'abord la perte du port de !£farva, actuellement dans les mains des Suédois^ C'est ensuite l'interruption du passage par voie de terre entre Smolensk et Folotsk, par suite de la guerre avec les Polonais. Les Russes se sont moins occupées de la production et du commerce, la vente ne se faisant plus. C'est aussi un peu parce que les marchands et les moujiks — on nomme ainsi les gens du bas peuple — sont fort découragés par les exactions intolérables qu'ils subissent depuis quelque temps \ personne ne pouvant plus compter que ce qu'il a, lui appartient. Aussi, ils ne veulent plus amasser et avoir quelque chose sous la main, de peur qu'où ne les plume, et qu on ne leur ote leurs marchandises, et qui plua
est, la vie. — La ]4rovmce de Pskov et le pays environnant produisent seuls des lins.
Le chanvre vient de Smolensk, de Dorogobosk et de Yiasma.
En outre, le pays produit beaucoup de sel. Le meilleur se fait à Staraia-Eoussa, et en très grande quantité. Il se trouve là beaucoup d'eaux salées^ à environ 250 vérstes de la mer. A Astrakhan, le sel se fait par l'eau de mer, qui en dépose de grands tas, que les marchands recueillent et emportent. Ils paient à l'empereur un droit de trois derniers russes par cent livres. En outre, on fait du sel dans beaucoup d'autres endroits: à Ferm, à Yichida, à Totma, à Xénitsma, à Solovetsky, à Okona, à Bombasey, et à Nénocksa.
Excepté à Solovetsky, qui est près de la mer, c'est partout du sel gemme«
On fabrique aussi une grande quantité de goudron avec le sapin de Smolensk et de la Dvina septentrionale, et on en exporte beaucoup.
Outre ces produis de. prenner ordre, ils en ont. d'autres moins importants, qui sont particuliers au pays. Par exemple, les dents de poisson, qu'ils nomment rybor
zouba. Elles sont employées par eux, par les Persans et les iioukhariens , pour faire des chapelets, des colliers, des manches de couteau et des poignées de sabre, à Tusage des nobles et des gens de distinction.
Quelques uns s'en servent en poudre, comme contre-poison, de même que la corne de licorne. Le poisson qui les fournit se nomme morse. On le prend près de Petcliora.
Ces dents ont quelquefois deux pieds de long, et pèsent de onze à douze livres.
Dans la Korélie, et sur les bords de la Dyina, du côté de la mer du Iford, on trouve une pierre tendre, appelée sliouda (mica). On la découpe et on la fend en plaques minces, qui s'emploient comme verres de lanterne, et à d'autres usages. Elles laissent passer la lumière plus que le verre et que la corne, et elles valent mieux, car elles ne se cassent pas comme le verre^ et ne se brûlent pas, comme la corne. On fait du salpêtre en plusieurs endi^oits, à Ouglitz, à Yaroslav, à Oustiouk ; on trouve près du Volga un peu de souffire, qu'on ne sait pas raffiner. Leur fer est wfi peu cassant. On en produit beaucoup en Korélie, à Khargopol et à Oustiouk Thé-
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les lia. Ils n'oui P^'S d'autres mines dans le royaume.
Les animaux de ce pays, qui nous manc|[uent chez nous, sont; le buffle, Télan, le cheval sauvage ^ Tours, le chien des bois, le loup-cervier, le castor, la zibeline, le renard noir et le renard bleu, Tours blanc des côtes de P^tchora, Tbermine et le petitgris. Ils ont une espèce d'écureuil qui porte au sommet de Tos de Tépaule une touffe de poils, ressemblant à des plumes, qu'ils agitent comme s'ils battaient des ailes, lorsqu'ils s'élancent d'un arbre sur l'autre. Ils sautent très loin, et semblent voler.
Aussi les appelle- 1- on écureuils volants ^ letachtchaia vekcfaa. Dans Tété, les lièvres et les écureuils sont de la même couleur que chez nous, mais dans l'hiver, le lièvre devient d'un blanc de lait, et Técureuil, gris.
Ils ont des daims, des chevreuils et beaucoup de chèvres. Leurs chevaux sont petits, mais rapides et robustes. On ne les ferre pas, hiver comme été, et quelque train qu'on les mène. Les moutons sont petits, leur laine rude et grossière. On trouve des oiseaux de proie des principales espèces:
Taigle, le gerfaut, le faucon, le tiercelet.
Vépervier etc. « • . L'espèce la plus répandue est le gerfaut.
Parmi les autres, les principaux sont:
le oigne domestique ou sauvage, qui est très commun; la cigogne, la grue, le tedder, de la couleur du faisant, ïnais beaucoup plus gros, et qui vit dans les boia de sapins. Il y a un hibou de très grande taille, plus laid que les nôtres, avec une large face, et des^ oreilles presque grandes comme celles d'un homme.
Quant aux poissons d'eau douée, outre les espèces communes; telles que la carpe, le brochet, la perche, la tanche, le rouget etc. . . ils en ont de très bons et de très délicate ; la béliouga, longue de& cinq à six aunes, Tocétr ou eslmrgeon, la sévriouga, le sterlet, moins fort que l'esturgeoa, mais de môme forme et de même goût. On prend dans le Volga une grande quantité de poissons de ces quatre espèces,, qui sont une ressource pour le pays tout entier. Leurs œufs servent à faire beaucoup à!ikra ou caviar, comme nous Tayona déjà dit.
Outre ces poissons 4^ Volga, il y a encore .
la ryba-biélaia ou saumon blanc, qu'ils trou-
vent plus délicat que le saumou rouge. On en trouve en q^uantité dans les rivières du !Nord^ la Dvina ^ la rivière de £ola etc. . • . Dans Xozéro (lac) près de Périslav^ non loin de Moscou, il y a un petit poisson qu'ils appelent hareng d'eau douce; il ressemble au hareng de mer et il a presque le même goût.
Les villes qui fournissent le plus de poisson sont Yaroslavl, Biélozéro, Novgorod, Astrakhan et Xazan. Elles paient à l'empereur des droits très considérables. La pêche se fait en été^ et l'hiver on expédie dans tout l'empire le poisson gelé.
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