‹ La Russie au XVIe siècleChapitre 7 sur 30 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

IPrincipaies villes de la Eussie.

Ëes principales villes sont JMLoscou, Nov-* gorod, Rostov, Vladimir, P«]kov, Smolensk, Yaroslavl, Férialav^ Îfijni-Novgorod, Oustiouk, Kholmogoryj^ Kazan, Kargapol, Kolomna.

La cité de Moscou passe pour très au* oienne, quoique les Buôses ignorent quel fut son fondateur.^). Elle semble tirer son Bom de la Moskva, qui en baigne Tun des côtés. Le Cbaldéen Eérose/ dans son livre, raconte que Bélus, appelé Saturne dans d^autres histoires profanes, envoya Assyrius, Medus, Mosous et Magog fonder en Asie des colonies, . et que Moscus en établit en Europe et en Asie. Il y a donc quelque

*) La fondation de Moscou (1147) est attribuée à loargy Dolgorouky, dabord souverain de Vladimir, puifl Grand Prince (1155—1157).

^ probabilité (^ue la ville, ou du moinb sa rivière^ ait pris Bon nom de Moscus; d'autant plus que par son climat et sa position^ elle est sur la limite de TEarope et de TAsie. Elle fut fort agrandie par Jean^ fils de Daniel (Ivan Danylovitch), qui le premier changea, son titre de prince en celui de roi, dont il avait été investi, vers 1246, par le légat du paye Innocent IV, au grand déplaisir du peuple russe, qui est de l'église grecque.

Depuis cette époque, Moscou est plus connue et son nom plus célèbre dans le monde, au point qu'on désigne souvent par le nom de Moscovia, non seulement la province, maia le pays tout entier.

La ville est à peu près ronde; elle est entourée d'un triple ligne de ibrtes mu* pailles, séparées par des rues- L'enceinte intérieure et les constructions qu'elle entoure servent de résidence à Tempereur, Elle est protégée par la Moskva qui coule à côté, et elle se trouve en sûreté comme le cœur au milieu du corps. On m'a dit qu'au recensement opéré peu de temps avant l'incendie de la ville par les Tartares, on avait compté 41j500 maisons. Depuis le siège et l'incendie (1571), on voit de grands espaces

videfi, qui naguère étaient couverts de maisonSj et spécialement dans cette partie Sud qui fut bâtie par l'empereur Yasili pour loger ses soldats. Il avait donné à ceuxci le privilège de boire de l'hydromel et de la bière en temps prohibé, dans ces jours secs où le reste des Eusàes ne boit que de Teau; il nommait à cause de cela cette nouvelle ville Maloy^). — Maintenant, la cité de Moscou n'est pas beaucoup plus grande que la cité de Londres.

^Novgorod est aussi grande, et la seconde, pour l'importance. C'est là qu'au dire des Busses, se passa cette guerre mémorable — dont il est tant parlé dans l'histoire — des . esclaves Scythes contre leurs niaitres. Yoici comment ils la racontent. Les boyards de i«[ovgorod et du territoire environnant — d'après les mœurs du pays, il n'y a qu'eux qui soient soldats — étaient en guerre avec les Tartares. Lorsque tout fut terminé, ils revinrent chez eux. En chemin, ils apprirent que leurs esclaves (Kholopy) restés cliez eux pendant leur absence, s'étaient emparés de leurs villes, de leurs terres.

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de leurs maisons, de leurs femmes et de tout le reste. Surpris par cette nouvelle, ils n'en firent que plus , de bâte, tant ils méprisaient leurs esclaves, et ils accoururent à Novgorod. Près de la ville, ils lés rencontrèrent en armes. . Ils. délibérèrent alors sur la parti à prendre, et à l'unaui-.

mité, ils se décidèrent à n'employer contre eux d'autres armes. que le fouet, que porte toujours un cavalier russe. Ils voulaient leur rappeler ainsi leur condition sérviie, et par là, les territier, abattre leur courage. Ils s'avancèrent donc, le fouet en main, et cbai^rent, en claquant du fouet. Ce bruit semble si terrible aux esclaves, iL leur rappela si vivement la douleur des coups qu'ils avaient reçus, qu'ils s'enfuirent devant leurs maîtres, comme un troupeau de moutons. En mémoire de cette victoire , les gens de Novgorod ont mis sur leurs monnaies, qui circulent dans toute le Eussie, un cavalier claquant du fouet.

Moscou et Novgorod sont les deux plus grandes villes. Les plus fortes, à cause de leur proximité des frontières, sont Pskov, Smolensk, Kazan et Astrakhan. Yaroslavl se trouve dans la position le plus avauta-

geuse. Outre qu'elle a les produits de son torritoire. en bestiaux et en blés, elle est située sur le Volga, qu elle domine du haut d'une rive élevée, ce qui lui donne un aspect . imposant. C'est de là qu'elle ' tire son nom^ car Yaroslavl signifie ôelle rive.

C*est dans cette ville qu'habitait le roi Vladimir, surnommé Yaroslavl, qui épousa vers 1076 la fille de Harold, roi d'Angleterre, par Tentremise du Danois Suéno, comme l'histoire .du Danemark le rapporte^).

Les autres villes n'ont rien de bien remarquable, sauf les ruines qu'on voit dans leurs murs, et qui prouvent combien le peuple rnsse décroit sous ce gouvernement. Les nies des cites et des villes ont, au lieu de pavé,, des sapins écarris et placés les uns à côté .des autres. Les maisons sont en bois, sans glaige et* sans pierres* Construites .avec des troncs de sapins écarris et posés les uns sur les autres, elles sont bien closes et fort chaudes. Le bois est relié fortement aux angles par des mor-

*) Erreur de Fletcher. Gytha, sœur de Harold, n'a pas épooaé YaroBlaTlg qui mourat ea 1052, mais bien Vladimir U, fils de Vsévolod.

taises. Entre chacj^ue pièce de bois, on met^ pour intercepter Vair^ de la mousse^ qui se trouve en grande quantité dans les bois. La maison a des escaliers extérieurs, à la mode écossaise, qui conduisent de la rue, ou de la cour, à chaque chambre. Ce genre de construction, surtout quand on emploie le sapin, qui est un bois sec et chaud, parait bien préférable dans ce pays aux maisons en pierre ou en brique; qui sont plus froides et plus humides. La pro* vidence leur a donné tant de bois qu'on peut bâtir une belle maison pour vingt ou trente roubles, ou un peu plus dans les endroits où le bois est rare. Le plua grand inconvénient des maisons de bois, c'est le danger du feu. Les incendies sont fréquents et terribles, parce que le sapin est sec et résineux, et qu'une fois enflammé, il brûle comme une torche, et ne s éteint pas qu'il ne soit entièrement consumé.

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