‹ La Russie au XVIIIe siècleChapitre 16 sur 53 · L ADMINISTRATION · texte numérisé non relu

L ADMINISTRATION

peu, la littérature et la philosophie fran(;'aise aidant, le senlimenlde la nécessité d'une nouvelle ndorme des mœurs et des institutions pénètre partout. Dans la seconde partie du siècle, et surtout dans les premières années du séjour de Catherine II, le progrès, Thumanilé, la civilisation, les améliorations de tout ordre, sonl à j'ordr»* du jour, «mi Russie comme ailleurs, non |)lus au profit «'xclusil' de TKlat, mais aussi pour le bien de la nation. La dillérence avec le temps de Pierre le (àrand se marque encore parce trait (pi«' le réformateur avait forcé et contraint ses sujets, tandis que Catherine II songe à les associer à son œuvre. En 1707, elle convoque à Moscou les délégués des diflérentes classes du peuple russe (le clergé et les serfs exceptés ; elle leur soumet le Nalcaz, recueil de maximes pillées un peu partout, qui devra servir de guide à leurs travaux. Mais les pensées de Montesquieu ou de Beecaria n'édaient guère susceptibles d'application en Russie, et les dédibérations de la Commission de Moscou, passablement confuses, n'aboutirent à rien de pratique, jusqu'au moment où la guerre avec les Turcs (1709) fournit au gouvernement l'occasion de renvoyer les délégués chez eux. On n'en avait pas moins remué beaucoup d'idées, in(li(pié des besoins urgents, exprimé beaucoup des vœux, et leur réalisation partielle fut l'œuvre principale du règne de Catherine II.

En matière législative, les dé|uités de Moscou s'étaient préoccupés surtout du gouvernement des provinces. Us avaient demandé :

r La création de nouvelles divisions administratives, en rapport avec le chiffre toujoui's croissant de la population ;

2" Une spécialisation plus rigoureuse des attributions des fonctionnaires provinciaux ;

3" Une certaine décentralisation, les Collèges devant être supprimés à Pétersbourg (moins ceux de la guerre, des affaires étrangères et de la marine), et réédifiés dans les chefs-

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lieux des gouvernements, qui deviendraient ainsi de véritables eenires aiiloimiiH'S.

L'ouka/.e de 1775 sur Tadnninistration |iro\inciale — œuvre, en grande partie du l'roeun'ur général Viazemski — donna sîtlisfaclion à la plupart de «-es vœux. L'Knipire fut divisé' eu lieutmauces (/iamiesfnitr//e.s/ra) et gouv<*ru«*nu'nls, quaraule-six eu l(»ut, c'est-à-dii-f viiigl-six de plus que sous Klisjiheth ; encore leur nombre s'aecrut-il au fur et à mesun* des auiiexious p(d()uaises, (iouverricmeuls et li«'uleuanees fun-ul pailaf^és «'Il districts (V>î//V':;//yj 1res nombreux : plus de deux cents villages furent élevés, d'un coup, à la dignité de centres adMiiiiislratifs. (iouverneurs et lieulcuaiils veillent à l'exéculiou des lois, survcilh'ut les tribunaux, bi\tent les jugements, les défèrent, ipiand il y a li«'U, au Sénat ou à l'Kmpereur; ils ont cbarge des travaux publics, des ju'ogrès du comuK'rce et d»' liiiduslrie, des approvisionnemeuls, des mesures île salubrité, des impôts, du recrutement, dés réquisitions militaires ; enfin ils ont une garde de hussards, et de gros ap|)ointemenls, pour donner de Téclat et de la vie à leurs résidences^Ils sont j>la(!és, d'ailleurs, sous le haut contrôle de Sénat, qui nomme leurs assesseurs et les présidents des différentes (lours qui joueront, auprès d'eux, le rôle des Collèges auprès du souverain ; ce sont la Chamlnc du Trésor (pour la répartition et la |)erceplion des impôts , le Conseil du gouvernement pour la police et l'administration proprement dite, et des cours de justice, civile et criminelle. Dans ces Cours, si les postes les plus importants sont à la nomination du Sénat, tous les autres sont à celle de la noblesse qui, réunie en assemblées de district ou de gouvernement, choisit dans son sein des magistrats, et même des administrateurs, car les Ispravniki, placés tout en bas de la hiérarchie, cumulent, dans chaque district, tous les pouvoirs administratifs ou judiciaires.

En somme, Catherine II a imité Pierre le Grand en appe-

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