De Marlens
Médaillon du chancelier Uestoujef.
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de leurs marelios, Tincupacilé ou la trahison de quelques uns de leurs chefs, les armées russes jouèrent honorablement leur rôle ; apK's leur vicloire de Kunfrsdorf, en IT.'iO, la ruine de Frédéric 11 j)arut ccrlaine, et par suite la restitution de la Sih'sie à l'Autriche. Ouelle serait la part des Husses ? Depuis 17;)8. ils occnpaienl la Prusse oricntiile ; l'acquisition de c<'tle riche |)roviiic(; devait leur donner, on mC'uio Irmps qu'un ascendant plus complet sur la Pologne et dans la Balti(|ue, leurs libres entrées en Allrmagne. Aussi le gouveriu'nirnt aulrichien, malgré le besoin pressant (ju'il avait des Husses, lésisla-t-il longtemps à leurs sollicitations. 11 ne céda qu'en 1702, à la veille de la mort d'Klisabeth, qui amena la rupture de la coalition.
Le successeur d'Klisabelh, Pierre III, admirateur fanatique de Frédéric II, et plus duc de llolsleiu (ju'euipereur deltussie, n'avait en aucune façon le sentiment des intérêts russes. Son seul soiiei, c'était la reprise du SIesvig aux Danois, pour laciuelle il croyait avoirbesoin de l'alliance prussienne. Aussitôt sur le trône, il [lit faire volte-face à la Russie. iNon seulement il restitua sans compensation les conquêtes des armées russes, mais encore il les mit sous les ordres, contre l'Autriche, de leur adversaire de la veille. Frédéric II trouva qu'un tel procédé « méritait d'être gravé, en lettres d'or, dans les cabinets de tous les rois » ; les Russes en furent moins satisfaits, et nous avons déjà vu comment l'Impératrice profila de leur mécontentement pour détrôner son époux.
On fut consterné, à Berlin, par l'annonce de cette révolution : par contre, à Vienne, on crut pouvoir compter de nouveau sur l'alliance russe. Mais la nouvelle souveraine ne tenait guère à reprendre la politique d'Elisabeth, contre laquelle elle avait toujours cabale ; d'ailleurs, il lui fallait compter avec la situation de l'armée et des finances, avec celle de l'Europe, que les fluctuations des derniers mois
l.\ POIJTIQI'E ÉTHAN(;ÈRE KT LES CONQIÉTES HT
avaient modifiée à l'avantage de la Prusse, avec le vœu de la nation, et ce « préjugé fùcheux >», selon l'expression de l'ambassadeur d'Autriche ; « que la Russie était assez forte
PlERFtE m, EMPEREUR liE RuSSlE.
j) pour se passer d'alliance, qu'elle devait s'occuper, avant » tout, de sesafTaires intérieures, et ne pluss'épuiser au profit » d'aulrui ». Cette politique de neutralité, que ropinion russe réclamait, (lalherine 11 l'adopta. « Mon but, éciit-elle en .» 1763, c'est d'être liée d'amitié avec toutes les puissances...
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» afin (le pouvoir toujours me rarijîcrdu (mM/mIu plus fail)!**... » ol T'Irc par là l'arbili-e de l'Europe. »
Assui'ément la lUissie u'cmU pu que paj^ner à une longue paix. Mais, jKHir la coiisciver, il n'aurai! pas fallu ranardiie (les Klals voisins, Pologne «'1 Suède, ni la décadenct* de la Turquie. LaHussie ne pouvait se désintéresser des occu-sions qui en naîtraient, et l'on jk'uI croire que les helK'S phrases de (iallierine 11 sur les bienlaits de la paix, n'«''taient qu'en attendant.
Il surfit d'abord une question deCourlande. Ce fief polonais n't'tait plus, depuis lon^^leinps, (ju'une dépendance de la Hussie. Mais, en 1758, Klisabeth aviiit permis à Auguste III de faire élire duc de Courlande son fils (Iharles, en remplacement de Biren. Or, la politiquf^ traditionrjelle de la Hussie était contraire à tout resserrement des liens entre la Pologne, la Saxe et la (lourlande. (latberine II répara le mal en expulsant de Mittau le prince (Miarles, au profit d'un fils de Biren. Ce fut l'annexion dé-guisé-e de la Courlande, et la compensation, à la Vf'ritt'' fort mirigre. de la restitution de la Prusse à Frédéric 11.
Quelques mois plus tard, Auguste 111 mourut. L'Autriche et la France soutinrent la candidature de son fils, le nouvel Electeur de Saxe. Par contre, la Russie, jadis protectrice de la maison de Saxe, appuya un noble polonais, Stanislas Poniatowski, un ancien favori de l'Impératrice, qui comptait sur sa docilité. Grâce à des libéralités intelligentes, \ et à l'entrée d'une armée russe en Pologne, il fut élu (1 763). I Mais ce succès de la Russie fut précisément le point de départ des complications qui mirent fin au protectorat de fait que, depuis un demi-siècle, elle exerçait sur la Pologne.
Il se trouva, en effet, que l'homme de la Russie était aussi Celui du parti qui voulait restaurer le pouvoir royal, supprimer le libenim veto, et « l'heureuse anarchie », suivant
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l'expression de Catherine II, grâce à Iiuiuelle les voisins de la Pologne y faisaient la loi. Or, tout essai de réformes soulevait fatalement la question des dissidents, c'est-à-dire des millions d'orthodoxes que la nolilesse catholique avait privés de leurs droits, et dont la Hussie s'était déclarée pro- / tectrice, dès les tem|)s reculés d'Ivan le Grand. Les réclamations des dissidents provoquèrent les protestations des catholi(iues, des troubles {Confédération de Bar) et finalement, comme il n'existait aucun pouvoir assez fort pour s'imposer aux partis, une guerre à la fois nationale, religieuse et sociale. De 1 708 à 1772, Petits Russes et Polonais, orthodoxes *et catliolicpies, serfs et seigneurs s'entr'égorgent sous les yeux des Russes qui peu à peu occupent tout le pays, elle ruinent, mais en s'y ruinant eux-mêmes et en diminuant, dans une lutte sans gloire, le prestige que leur a valu la guerre de Sept Ans.
L'Europe observait les événements. Les puissances maritimes ne se voyaient aucun motif d'intervenir. L'Autriche, inquiète du progrès des Russes, n'osait s'y 0|>poser, crainte de trouver les Prussiens à côté d'eux. Frédéric II, qu'un traité secret liait à la Russie depuis les allairesde Courlande, et qui lui payait des subsides, ne se souciait pas de les voir employés à la conquête de la Pologne, etguetlaitle moment où les embarras de Catherine la forceraient à lui faire sa part du gi\teau : « darîs un cas où la Russie aurait un besoin pressant de noire assistance, écrit-il dans son testament politique, il serait possible de se faire céder Thorn, Elbing, etc. ». Ce cas, qu'il croyait encore éloigné, la politique française le fit naître dès 1772. Ne pouvant agir en Pologne que par l'envoi de quelques officiers, Choiseul s'était elVorcé, du moins, de mettre en mouvement les vieux clients de la France. A Stockholm, il fournissait au roi Gustave III les moyens de restaurer l'autorité royale, au grand déplaisir des Russes ; à Constantinople, il profita de l'émotion produite par le mas-
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sucre (le qii('l(|iu*s musulmans dans ia villr fronliiTo d** Balla, pour pousser le Divan à la guerre. i)r, les Tunw lurent i)allus partout, dans la mer Noire, dans rAreliip»!. sur la Prusse, mais ces victoires éj)uis«;rent «omplèlemenl les lUisses. « ils ont perdu beaucoup de monde, rerit un contemj)orain. On a lait ein(i ievr-es de .'»(>. 00(» hoFiimes, mais la moitié à peine des recrues arrive sur le lliéàtre de. la f^uei're... D'apn-s les états, la primi[»ale armé-e compterail (iO.OOO hommes; il est certain (ju'eii dehors des irréguiiers, il n'y en a pas plus de 20.000 '. » VA à ce moment critique, rAulriche, éditiée sur la situation des Husses, el. d'autre part, depuis l'entrevue de Frédt'ric II et de Josej)!» Il à Neisse, sur les vraies dispositions de la Prusse, commr'UÇii à armer, et conclut un Iniiti'- d'allianc*» avec les Turcs.
Le moment était venu de ce « besoin [)ressant »> rpii devait forcer Catherine II à trafiquerdes territoires polonais. Le j)rince Henri de Prusse vint à Pélersbourg, en 1771, pour entamer l'atîaire ; l'occupation par les Autrichiens, sous prétexte de vieux droits, d'une partie de la (Jallicie, l)récipita l'issue : puisqu'on ne pouvait empêcher le démembrement, il fallait bien s'y associer. Le traité du 15 janvier 1772, entre la Prusse et la Russie, accepté par l'Autriche en août, fixa la part des trois puissances. L'Autriche et la Prusse taillèrent en plein cœur de la Pologne ; l'une eut la Gallicie orientale et la Russie Rouge, avec 2. 3'iO. 000 âmes; l'autre, la Prusse polonaise, moins Thorn et Dantzig, avec 000.000 âmes. Catherine II ne se réserva que des territoires russes de langue et de religion, Polotzk, Vitebsk, Mohilef, etc., avec 1.600.000 âmes.
En définitive, elle y gagnait peu, et perdait beaucoup. Des provinces où, depuis le commencement du siècle, les armées russes avaient pu subsister et opérer librement, passaient entre les mains de puissances militaires rivales, et