‹ La Russie au XVIIIe siècleChapitre 3 sur 53 · I.A MOSCOVIK ET LA lU'SSIE · texte numérisé non relu

I.A MOSCOVIK ET LA lU'SSIE

puisse sauver la Russie a été reprise tout au long parle Grand Duc Piijiil, en 1780, dans un niéflioire récemment publié : lui aussi trouve que la Russie court à sa perte. L'n écrivain contemporain. M. Gpltsel', a voulu démontrer dans un livre bourré de faits, que la législation russe, au xviii' siècle, en dépit des réformes qu'on annonçait bruyamment à IKurope, ne valait pas les lois de notre moyen i\ge, et qu'elle allait en s'empirant sous l'inlluence démoralisatrice de la (lour. Dans son histoire de la révolte de Pou^atchof, M. Doubrovine insiste sur l'ignorance crasse et l'immoralité de la noblesse. M. Semevsivi, l'éminent liistorien de la ipirstion agraire, fait un tableau saisissant des cruautés qu'engendrait le servage : la Russie du xviiT siècle devient, dans ses livres, un enfer où les mots progrès et civilisation n'ont plus de sens. M. Nezeienof, dans son histoire de la littérature sous Catherine il, nous décrit « une société extraordinairement ignorante et gros- » sière, livrée à l'orgie des bas instincts, qui sacrifie riionneur » et la conscience à sa soif de jouissances sensuelles... prend » les oripeaux et le cliiuiuaiil pour l'éclat de la véritable

beauté... La concussion, le péculat, l'oppression du peu- » pie fournissent des ressources à sa corruption... le peuple » écrasé tombe dans le désespoir, et la réxoll.' de Fougal«-iior » met en péril l'intégrité de l'Kmpire

Qui a raison, des détracteurs ou des apologistes? Pour choisir entre eux, il faiulrait une étude complète de la vie russe, à la Cour, autour du souverain, dans les palais des favoris comme dans les humbles manoirs des hobereaux de province, dans les salles à p«'u près désertes des académies et des universités naissantes, dans les bureaux des fonctionnaires inlidèles et pillards, dans ces armées dont on a pu dire que «. seules, leurs baïonnettes sont viriles en Russie ' »> : il faudrait visiter le pope dans son église, le marchand dans son échoppe, le paysan ilans sa hutte, suivre ses migrations,

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