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Preobrajenski à l'âge de deux ans, fut nommé lieutenant sept ans après, à l'ancienneté. Tous les régiments étaient ainsi bondés, sur le papier, dégradés fictifs, (pii avanc^-aient plus ou moins vite, selon la fortune de leurs parents. Une fois en âge de servir réellement, ils savaient comment s'y prendre pour écourter les années. Danilof raconte qu'un sien oncle, officier, ayant fiiit un gros liéritage, eut dès lors des congés fréquents : il lui en cuiilait chaque fois douze âmes pour le congé, une pour le passeport, si bien que le secrétaire du régiment s'enriciiit à ses dépens. A défaut d'un scribe complaisant — chose rare ! — on s'adressait au médecin. « On n'avait qu'à lui donner un mouton en papier (un assignat de 100 roubles), écrit un journal satirique du temps de Catherine 11, puis un autre au juge, et l'on était renvoyé chez soi pour infirmités. »
Mais de tels procédés n'étaient qu'à la portée des bourses bien garnies. Ce qu'il fallait à la masse de la noblesse, c'était l'émancipation pure et simple. L'idée ne s'en manifesta que tard et timidement. C'est qu'en effet l'aflrancliissement des nobles paraissait devoir entraîner, en bonne logique, celui des paysans et la reprise des pomieslia par le souverain. D'un autre côté, les liommes d'Klat croyaient volontiers qu'une fois affranchis, les nobles ne voudraient plus rien faire. « On entend dire qu'ils deviendront libres, écrit » Volynski en 1730, mais vous savez bien qu'ils n'ont pas » d'amour-propre. Si on ne les force pas à travailler, même » ceux qui ne mangent chez eux que du pain noir ne vou- » dront pas s'en aller au service conquérir de l'honneur, ou » simplement une meilleure pitance... et finalement, par » leur inertie, nous perdrons tout notre état militaire. » C'est ainsi que les arguments employés contre l'affranchissement des paysans' le sont aussi contre celui des nobles.
11 fallut, pour passer outre, un souverain étranger à la vie