‹ La Russie au XVIIIe siècleChapitre 48 sur 53 · I.A I.ITTÉHATIHI-: KT LKS IDEKS -if.T · texte numérisé non relu

I.A I.ITTÉHATIHI-: KT LKS IDEKS -if.T

Le brkjadieh. — Quel Français lu fais ! Il me semble pourtant que tu es né en Russie.

IvANoucuKA. — Mon corps est né en Russie, c'est vrai, mais mon esprit appartient à la couronne de France.

Le BHKJADiEK. — Cependant tu dois plus à la Russie qu'à la France. Le corps a plus d'attachement que l'esprit.

IvANouciiKA. — A.I1 ! mon père, voici que vous commencez à médire des choses agréables, après avoir vu que la sévérité ne vous réussissait pas.

Le MHiGADiEii. — Quoi! N'es-tu pas un parfait imbécile? Je t'ai appelé idiot et tu t'imagines que je te llatte. Quel àne !

IvA.NOucuKA. — Quel âne (à part). // ne me flatte pas. Je vous le dis encore, mon père, je vous le ré/n'-te, mes' oreilles ne sont pas accoutumées à de. pareils termes. Je vous eu prie, ne me traitez pas comme vous traitiez votre caporal. Je suis gentilhomme comme vous, Moitsieur. "*

Le brigadier. — Idiot 1 Idiot ! Dans tout ce que tu dis, lu mens comme un cheval. Convienl-il d'égaler le père au lils dans la noblesse ? El quand même tu me serais étranger, lu ne dois pas oublier que je suis brigadier de l'armée.

IvANOLCiiKA. — Je m'en moque.

Le brigadier. — Qu'est-ce que ce manmok^

IvANOUCUKA. — Cela veut dire que je me soucie pas mal de votre brigaderie, je l'oublie; et vous, vous oubliez que votre lils connaît le monde, qu'il a été à Paris...

Le BRi(;ADn:R. — Ah ! si on pouvait l'oublier ! Mais non, mon (ils. Tu le rappelles à tout propos par de nouvelles sottises, et la moindre d'entre elles te vaudrait les verges, d'après nos règlements militaires.

IvANOuciiKA. — Mon père, il vous semble toujours que vous êtes devant le front de votre régiment et que vous commandez. A quoi bon tant de bruit ?

Le brigadier. — ïu as raison, cela ne sert à rien. Désormais, quand tu diras une sottise, je te collerai dans le dos deux cents coups de bâton russe. Comprends-tu?...

Fone Vi/.iiK' ti copie son Ivanouelika sur le Jeati de France du Danois Holber^i;. II est pourtant un des types russes du temps. Plus russes eueore sont les |)ei'sonnag;es dont Fone Vizine Ta encadré. Voilà la Conseillère ; elle s'est farcie la

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ccrvcJlL' (le romans Iraiirais, mais soril-c** bifii cj-s romans (|iii l'ont perverli*', commi* le snpposc Voua Vi/ino, on lo milii'U dans le<jU('l elle u vécu ? Son mari, le Conseiller, est un vieux f;ri^^oii (jni, lonlo sa vie. avec des phrases [»ieuses plein la houclie, a <lt''valis«'' ses adfiiiiiistivs. « Oui Fi*<*sl pas jm'*cheur ? J'ai été juge, et je |)eux le dire bien haut, il est conlr«' iialiin» (|^i*Mii ma^islral jii^('«'ii loiile «'(piil»', simplement pour les àppoinh'metits que l'Hlal lui donne... l)e mon temps, le plaij;iuint payait, pour son hon droit ; l'accusé, parce cpi'il avait tort, et tout le monde était content. »> Du reste, pour nT'Ire pas h'tiré, il n'«'st pas exempt «les passions soi-disant t'n{^«'ndrt''es par les romans (Vaiwais, et sa conversation avec la femme de son ami. !<• Ihigadier, rappelle sin^ulij'remcnl («'Ih' de Tarlud'e avrc KImire. I)i«*u sait pourtant si la lJrigadi«'re est sr-duisante. l'allé <'st vieille, elle est avare. « Pour un rouble, dit son fils, elle ^e ferait inoculer la fièvre pourpre ! » Klle est acariâtre et querelleuse. (( Avant de l'épouser, <lit<*n(ore l'aimable Ivanouchka, mon père ne croyait pas à l'Esprit Impur ! Il n rroit maintenant. » Quant au Brigadier, vieux soldat blanchi dans la distribution des verges et des é'trivières, ferré sur h* manuel d'arpentage et le Code militaire, les seuls livres qu'il ait jamais lus, il ne j)arle que d'assommer, tantôt sa femme, tantôt Ivanouchka, avec lequel il finit par se rencontrer en concurrence amoureuse auprès de la (Conseillère î

Le Dadais (IScdorosl), la seconde grande comédie de P^one Vizine, a plus d'étofîe et de réalité! Elle nous ramène au type déjà connu des Russes qui ne veulent pas se laisser civiliser. Voici les Prostakof (de prost, simple;, des Hobereaux qui vivent, loin du siècle, dans la contemplation de leur crasse primitive. Le mari vire au gré de son impérieuse moitié. « Je suis, se présente-l-il aux nouveaux arrivants, le mari de ma femme. » Celle-ci maltraite ses serfs, son entourage, sa pupille, l'orpheline Sophie, qu'elle a résolu de marier à son

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frère Tarass Skotinine (de skot, bétail). Celui-ci est tout disposé au mariage, |)ar(e qu'il a vu sur les terres de l'orpheline un spectacle terriblement appé'lissant. « Ouels cochons, frère ! Ils sont hauts comme des hommes '. » Mais il survient à Sophie un oncle de Sibérie, un oncle à héritage, le vertueux Starodoum, TAriste de la pièce, moraliste fort r<imar- (juable, car beaucoup de ses phras«'s lu^ viennent de La Bruyère! Du coup, la Prostakova change ses batteries ; ce n'est plus à Skotinine qu'elle mariera Sophie, nuiis à son j»ro|)r(' lils, Mitroftliaiwiahlai. (le jt'Uiu' homme de grande espt'rance ajuscju'à présent vécu dans la maison paternelle, mais il y a eu d'excellentsmaîtres.le Nieux soldat Tsifyrkine, l'Allemand N'ralmann (de tvv//, mentir i, et h* séminariste Kouteikine (de Koutït Sàwa la noce). Et Fone \ izine nous fait assister à l'une des lec^'ons de Mitrof}^i'tnouc/tka.

Tsifyrkine (d»; Z/^t^r, chi lire , |)ose un |)roblème a Milrophane.

TSIFYHKINE.

Problème... nous partons tous les deux en route. Nous prenons avec nous Sidore : nous voilà donc trois.

MiTROPUANE [écrivant'.

Tsifyrkine.

Sur la route nous trouvons 300 roubles. S'il s'agit de partager, que revient-il à chacun ?

MiTHOi'UANE (comptant sur ses doigts .

Une fois trois, trois ; une fois zéro, zéro ; — une fois zéro, zéro.

M""" l^ROST.VKOVA.

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MlTROPUANE.

Nous avons trouvé trois cents roubles, il s'agit de les partager à nous trois.

270 LA m ssii; M w iir siK»:i.i;

M""» Phostakova.

Il no sait ce «ni'il dil, mon îirni. Oiiand tu trouveras de rar^cnl, no partage avec personne, mon petit Mitruphane; je ne veux pas ijue lu ajiprcnnes une science aussi slupide.

Il Vil sans (lin; que Mitroplume n'a()|>ren(l rien. Oiiand Sljirodoiiin, saisi do sa dcmaiule «-ri mariage, veut s'assurer qji'il osl caïKildc de suivre une caiTière, et lui fail subir un examen, il iw: répond (jue des sollises, mal;;ré l'iulervenlion répétée de sa mère qui le défend en alléguant l'ignorance des ancêtres.

« Les hommes oui nccu ri \i\cnl i)i('ii riiruff >-im^ le> » sciences. Feu mon père a été voiévode pendant quinze ans, » et, malgré cela, il est mort sans savoir ni lire ni écrire; » mais, en revanche, il savait s'enrichir. II donnait audience M aux solliciteurs, assis sur un collre en fer. Après chaque » audience, il ouvrait le coffre et y mettait (juelque chose. »

Finalement, Starodoum marie sa nièce à l'officier Milon, qu'elle aime; Mitrophane s'en va au service expier ses années de paresse, et la Prostakova. soudain déchue de tout droit sur ses serfs, à cause de sa cruauté, finit dans la honte et le désespoir.

A part ce dénouement qui rappelle un peu celui de Tarlujjc, tout est « réaliste », comme on dira plus tard, dans le théâtre de Fone Vizine, et ce réalisme assura son succès. Le public y retrouvait partout des types fîimiliers « Qui peut se vanter, disait Panine, de n'avoir jamais eu de Brigadi ère dans sa famille? » Les Ivanouchka couraient les rues ; les Mitrophanouchkase rencontraient encore dans les campagnes. Les amis des nouveautés et du progrès s'égayaient sur ceux-ci ; les « conservateurs » se rattrapaient sur ceux-là, et, en définitive, Fone Vizine faisait plaisir à tout le monde.

C'est encore le trait caractéristique de la dernière partie du

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siècle que la liitle du pîissé et du jiivscuL mais le problèuïc qui préoccupait si fort l»'s Kantémir et les Taticlitclief, ne s'y présente plus tout à fait de même façon. Kn fait, Proslakof et SUotinine misa part, tout le monde, à partir de 1700, accepte la Héforme et ses bienfails : il n'y a plus d'adversaires systématiques de la civilisation europémne. Mais elle a moins (|u'autrefois des partisans inconditionnels, intransigeants : on a maintenant un<' lendance à s'attendrir sur les vertus (kl bon vieux temps. Tout contribue à celte indépendance nouvelle de jugement : les opinions de Técole de Housseau sur les méfaits delà civilisation ; le progrès des éludes historiques qui, poursuivies par les érudits allemands de l'Académie des sciences, mettent en lumière les grands événements de l'histoire moscovite ; entin, la réaction naturelle, delà part de raristocratic «'t de la noblesse, «-outre la tyrannie des réformateurs et la toute-puissance delà bureaucratie. Pour le prince Chtcherbatof, la Hussie qui s'imagine progresser est simplement en train de se corrompre. La Réforme a pu lui valoir de grands |)rolits; mais ils ont été payés Irop cher. Elle s'est imposé'c brulah'ment, sans ménager les mœurs et la tradition nationale, i h\ la vie d'autrefois était grossière, mais saine : les étrangers \ ont mis les germes d'une corruption toujours grandissante. Ça été une bonne chose, peut-être, que d'instituer les «assemblées», de créer la vie de société : qu'en est-il résulté pourtant ? « L'amour, la sensualité, (jue nos aïeuv ignoraient, se sont » cmpari's des cœurs... les femmes, qui jadis ne savaient pas » le pouvoir de leur beauté, sont devenues coquettes... » La Ta///e des ranz/s a frayé les voies au mérite personnel, mais en subordonnant la noblesse au ichi/if. elle a détruit l'orgueil familial qui, mieux que les palliatifs imaginés par Pierre l", aurait conservé à la Russie des administrateurs honnêtes; d'autant que les rangs, ce n'est pas toujours par des services rendus à l'État qu'on les acquiert, surtout sous

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les irM|)(''ralri('('s, siiiloul sous (ialliciino II. l'irrn*!" a voulu ('C'IairiM' lu religion, all'iiihlir la l)ip)l<>ri<' ; on a moins craint le diable, et Dieu n'y a rien f?agn<'*. Le n'-sullat linal de raMivrc ciiMcTe, (;'a «'té lacorriiplion dos classes louchccs par rcsjuil nouveau, <'l celle exploilalioii ('lionir-e de la chose |)ul)li(|iie. (|ui est, |)our (llitcli(>rl)a(or, 1(> dernier mol du rè^ue hi'illaiil de Callierine 11.

(ililclierhalol" exajçcre. Il n'en esl pas moins vrai que le désordre d'idées de la Hé'i'orme a nui aux mœurs; cpie l'énorme machine hureaucratiijue forgée par Pierre le(Jrand a posé' lourdoiMoul sur la Kiissie. (les opinions do (ihlcherhalof, (pii sont devenues ramiliéres à la ci-ili(|U(> historiipio du xix" siècle, hantent confusément, vers 1780. tous les esprits culliv('s; sans évoiliei-on eux l^Mh'sir il'uno réa<'lion impossible, elles rendent plus vif, plus conscienl, cet autre désir que nous avons déjà si souvent constaté', d'ime conciliation définitive entre l'ancienne et la nouvelle Hussie, d'une pro|)agation des lumières qui no nuirait pas aux traditions respectiibles, d'une adaptation qui no se limiterait pas au dehors, mais s'attaquerait aux principes les plus élevés de la vie morale do ri'Jiropo. En ajoutant à ces désirs la passion philanthropique du temps, on a la clef do l'aolivilé do Nicolas Ivanovitch Novikof (1744-1818).

Issu d'une famille de moyenne noblesse, .Novikof a été, comme Fone Vizine, un des premiers élèves de l'Université de Moscou, dont il a été exclu pour insuflisance en français. Quelques années plus tard, il est sergent au régiment Ismaïlovski ; puis en 17G7, secrétaire de la commission législative. Il est permis de croire que les discussions qu'il y entendit contribuèrent à développer sa vocation d'écrivain. Nous le retrouvons à Pétersbourg, en 1769, rédacteur du journal humoristique le Bourdon, auquel succédèrent, en 1771 et en 1773, le Peiîitre ella Bourse.

L'apparition de ces journaux, et d'autres du même genre

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— il s'en fonde seize, de 17011 ù 1775 — est lu grande nouveauté du temps. JNovikoC s'attaque aux courtisans, à leurs vices, à ceux des fonctionnaires de tout ordre. Tantôt c'est un Gouverneur qui, parlant pour sa province, veut s'alléger de tout bagage inutile, et met sa conscience en vente, par la voie du journal. Tantôt ce sont les conseils d'un oncle à son neveu : •> \e crois pas, lui dit ce bon '> vieillard, que les récents édits aient n-ndu les concus- » sions impossibles... I*rcnds seulement telle ou telle précau- » tion... Et puis, quand tu seras riche, si Ton fait une enquête » sur ton compte, et qu'on te renvoie vivre sur tes terres, le n beau malheur! » Les hobereaux paresseux et grossiers ont leur tour, et les épigramnn's dont le Bourdon h*s crible, l'ont contraste avec d'autres passages où il vante la simplicité des champs etTùge d'or à jamais perdu, (l'est <pn* Novikof, comme toute sa géné'ration. Hotte entre des sentiments contradictoires. Apôtre delà civilisation nouvelle, il voudrait bien croire, en même temps, que la Hussie d'autrefois était civilisée, pour harceler, au nom de cette vieille civilisation, les gallomanes, le$ Mitroplianouchka transformés en Ivanouchka, et « de porcelets, devenus des porcs achevés ». 'L'éloge des chami)s avait d'ailleurs l'avantage d'évoquer la question des serfs, et dans la fac'on dont Novikof prend leur défense contre l'inhumain propriétaire, on reconnaît l'ancien secrétaire de la Commission de Moscou.

Cette vivacité, qui contribua beaucoup au succès des journaux de Novikof, n'était pas pour plaire au gouvernement. Si novatrice qu'elle pût être, Catherine 11 ne voulait pas inquiéter la noblesse. Elle admonesta Novikof dans une lettre signée « un vieillard de quatre-vingt-cinq ans », qui parut dans le Peintre, et où le rappel à la prudence se dissimulait sous leè compliments. Novikof en tint peu de compte, et comme, d'autre part, certains hauts personnages avaient cru se reconnaître dans ses épigrammes, ses trois journaux

•iTv i..\ m ssii; Al w III» sikcij-:

riimil sii((('SsiN('m«'iil su|)|>i-iiM«'«s. Mais (l<^jà sou ailivité se portail aillnirs. I)'iiii rCAr, rinlliicrirc niysti(|U(' de la francnia(;onneri(' alh'rnando cominciu'ail à le détourner de hi salin- |>r()|)n'ini>iil dilc ; de j'aiilrr. il ('lail lourriK-iit*' ilii dt'sir (le ('((nlrilmcr aux pio^rès de la liiiiii<'r«' de laron jdus prali(jU(' et plus direrle (ju'eii écrivaillanl. Kn 1770. il relournu à Moscou pour y devenir imprimeur «d lihrain'.

.Iiis(jiren I7S!{, il dirige 1 lmj)rimeric <le il uivrrsilé, et |»ul)iie, ave<; l'aide des maçons de Moserju, et de (|uel(|ues éludiants, des quanlitésde vieilles chroniques, de manuels de science, de traductions, de livres de pii'd»'. IMus lard, apr/.'S i'ouka/e (}ui dr-ciarait liltre i'iiulustrie de l'imprimeur, jusqu'alors monopolisiM' par l'Ktat, il londa une sociélt* d'»Mlitions. avec ses imprimeries à elle, ses mji^asins, des <-ommissionnaires en prcjviiu'e. Entre temps, il lance diverses publications pt-riodicpies, le premier journal pour les enfants qui eût existé en Russie, des revues à tendances mystiques; la Gazette de Moscou; jadis simple bulletin des actes de l'Université, devient, sous sa dii-ection, un vrai journal, avec 4. ()()() abonnés, cbitlre extraordinaire jKjur l'époque. Avec les bi'nélices de ses mullij»les entreprises, il fonde des hôpitaux, des écoles pour les enlanls pauvres, un institut j»our étudiants qui se destinent à l'enseignement, des bourses de voyage ù l'étranger pour quelques-uns d'entre eux. Enfin, en temps de famine, il obtient, de riches marchands, des sommes considérables pour a'jheter et distribuer du blé au peuple de Moscou.

C'était Tlix fois plus qu'il n'en fallait pour le rendre suspect: ses innombrables publications, et plus encore, sa philanthropie, devaient paraître singulièrement louches aux fonctionnaires qui ne voyaient, dans une famine, qu'une occasion de plus de malverser. L'impératrice, de son côté-, n'aimait pas les maçons. A partir de 1783, ÎNovikof fut en butte à des vexations qui devinrent la guerre ouverte, quand

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