LES ORIGINES
Les Européens en liiissie jusqu'au xvi* sii-cle.
Le « temps des liuubles » el les lioinanur. Le développement des relations politiques et commerciales : l'infiltration de» modes, des livres, de* coutumes européennes.
Le problème de reuropoanisalion de la Russie dans les écrits de la fin du xvu* siècle. Krijaaitch et Possochkof
En (k'pit (les disUinres, riniliu'nce de l'Kurope oetulentale se lï\it sentir, en Russie, dès les débutas de Thisloire russ^. Les princes varègues apparaissent déjà entourés de prêtres, de marcliands, d'artisans venus, la plupart de (lonstantinople, quelques-uns de régions encore plus lointaines ; c'est un Lombard qui construit, au xiii" siècle, au fond des, forêts de la Grande Russie, la cathédrale de Vladimir. Plus tard, même quand la Russie est tombée dans la vassalité des Tatai's, les rapports avec l'Occident continuent. C'est en ce temps qu'apparaissent à Moscou les aventuriers étrangers qui donneront naissance aux familles illustres des Chéremétief, des Romanof, des Soltykof, etc. A la vérité, venus pour la plupart de Prusse ou de Lithuanie, ils n'ont
'U I.A IIISSIK AI XVIII' SIKCLK
pas ^riiiurdiose îi cnsoigru-r aux Moscovites, mais ils niontroiil la roule à d'aulres avcnluriers, italiens on grecs, et c(;iix-(i apporteront avec eux l'cspril «le la Henaissance eiiropt'ciinc.
Apres la chute «le Constanjinople, la ni«>ce «lu (l«*Fnier emper«Mir hy/anlin, Sophie l'iihWilo^ue, s était n-fii^Mt'e à lUinn*. Le pape «'utn-pril «h- la marier au (iran«l l*riu««' Ivan Vassili(îvil«h, (larjs r«'sp«>ir «le faire entrer la Hussie, sin«)n «Jans l'unité «atholitpK'. «lu moins dans la «roisad»* contre les Tuns. I^a ij('<;(Kialion réussit, mais h's Husses ne voulurent «'ut«'n«lre jiiirjer ni «le «'alholicism»', ni même d«* croisade : ils avaient leurs Turcs chez eux, les Tatars. Au moins Sophi«' «*xhorlH-t-e|le son mari à s'armer, pour secou<'r leur joug, «h'^s invenlionsd»' 1 Kurope occMenlale : gnVM' à «die, la Moscovie s'engagea dans une p«''rjo«l«' d«' progrès où nous trouvons déjà, en rav<'ourci, «luehjues uns «h-s traits du temps «le [*i<M"re le (îraml. /
Kn 1 i7(l, Ivan A'assilh'vilch envoie ime amhassade à Venise ; elle y engage l'ingénieur Arijslote Fioraventi. Un peu plus lanl. une autr«» amhassa«le va «lemanderà MalhiasCorvin des ingénieuis mililaires et des mineurs. « Le sol de notre pays est riche en minerais, mais nous ne savons pas les en tirer. » En 1482, puis en 148G, c'est à l'empereur Frédéric que l'on s'adresse ; on a besoin d'un géologue, c'est-à-dire d'un prospecteur de mines, puis de ton«leurs, de canonniers, d'un architecte, de monnayeurs, et encore et toujours d'ingénieurs militaires. En 1 i89, Georges Trachaniote, un des Grecs qui avaient accompagné Sophie Paléologue à Moscou, est renvoyé à Venise pour y chercher des ouvriers en pierre et en métaux, et des médecins. Dix ans plus tard, autre ambassade à Venise ; dans l'intervalle, il y en a eu une à Copenhague.
C'est donc que le Grand Prince sait apprécier les services des étrangers» Et, en etïet, Fioraventi lui a Tondu les canons qui ont
LES OUI (il. NES
réduit la rivale de Moscou, Tver ; il lui a conslruil sur la \ ul-
kliov,1e pont de bateaux qui a permis aux Moscovites de hattn'
les Nov^orodieiis; il lui a élevé, daus \ê Kreml, une nouvelle
cathédrale. Un autre Ita-
/ lien, lîosio, a fondu le
) canon monstre, le tsar
' potic/da, qui ne pourra
jamais tirer, mais n'ajoutera pas peu, cependant, au
prestige du (Irand Prince.
Un peu plus tard, Ria/.an, ,
Moscou, attaquées par les
Tatars, sont sauv«'*es par
les ingénieurs allemands
Jordan de Halle et Nicolas
de Spii-e : le grand prince
Vassili Ivanovitch a, dans
sa garde, des arquebusiers
allemands et polonais. Son
[ils, Ivan le Terrible, engage des Hongrois, des
Grecs, des Ecossais, des
IVorvégiens, des Suédois,
même des Turcs. Jamais . il ne commence de guerre
sans ingénieurs européens.
Quand il prendra Iva/.an,
ce sera grâce au concours
de l'Allemand Erasmus.
Ainsi donc, si la Russie, aux xv' et xvi' siècle>, ruiupKle >vn
unit»', cesse de craindre les Tatars, les attaque chez eux,
et conquiert, avec Kazan, le bassin de la Volga et les routes.,
d'Asie, c'est en grande partie aux étrangers qu'elle le doit. Ces étrangers si précieux, ce n'est pas sans peine que les
PieHRK 1" EN COUTUME MUSr.OVUE, AU TKMP3 DE SON FUKMIER VOVAÙE KN HOLLA.NUE,
daprèa une gravure hollandaise.