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DÉCADENCE DU LIBÉRALISME

Le pays est-il entièrement guéri de cet accès révolutionnaire et le gouvernement suffisamment assagi pour ne plus retomber dans ses anciennes fautes? That is the question, à laquelle nous n'osons pas donner de réponse catégorique.

Si d'un côté il est incontestable que le gouvernement autocratique est seul compatible avec Texisience de l'empire russe, d'autre part il est non moins certain que la pratique de ce régime, difficile en tout temps, l'est pliis que jamais à une époque où les folies parlementaires, les rêvasseries libérales,' les aspirations socialistes et les tendances anarchistes ont envahi le monde. Avec la presse

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actuelle, souvent ignorante et toujours inspirée par Tesprit de parti, devenue à peu près la seule éducatrice du genre humain et distribuant indifféremment au riche et au pauvre, à Thomme intelligent et à l'imbécile, la même pâture quotidienne de fausses nouvelles et de notions superficielles, avec ce puissant instrument de discorde et de dissolution qui profite de tous les progrès de Thumanité, des chemins de fer, des télégraphes, des téléphones, pour exercer son action démoralisatrice bien au delà des frontières, où elle a le droit légal d'empoisonner Ubrement les esprits; avec les innombrables congrès internationaux où s'effectue un échange perpétuel de pensées et d'insanités, comment espérer que les agitations du reste de l'Europe ne provoquent pas d'écho en Russie?

Aussi, sommes-nous convaincus que tout effort du gouvernement pour isoler la Russie du mouvement intellectuel européen non seulement sera stérile, mais ira directement contre le but à atteindre. L'expérience faite sous Nicolas n'a pas été assez heureuse à coup sûr pour encourager l'imitation. Il est vrai aussi, que les mesures prises alors dans cette intention étaient d'une maladresse insigne, et témoignaient de plus de zèle que de jugement.

En voulant faire trop, en interdisant à tort et à travers l'entrée en Russie à tout livre portant un

titre quelque peu suspect, aux ouvrages de Guizot et de Thiers aussi bien qu'à ceux de Proudhon et de Louis Blanc, l'administration obtenait ce beau résultat que, vu les risques et les difficultés à affronter pour introduire clandestinement les volumes défendus, on se rabattait sur les plus violents, sur les plus révolutionnaires. C'étaient ceux-là qui, sous forme d'extraits ou de copies, circulaient de mains en mains et nourrissaient la génération d'alors, peu cultivée inais avide d'instruction. Les obstacles à vaincre pour entreprendre un voyage à l'étranger étaient accumulés à souhait : naturellement, ceux qui parvenaient à en triompher n'avaient pas plus tôt mis le pied sur la terre de la liberté qu'ils se jetaient, tête baissée, dans les partis les plus extrêmes et s'affiliaient aux sectes les plus insensées. Aussi, la chute du régime parlementaire en France n'a-t-elle suscité nulle part autant d'enthousiasme qu'à Pétersbourg ; la jeunesse qui, dans la naïve simplicité de son esprit, se croyait foncièrement libérale, voyait le salut de la société dans l'expérience des ateUers nationaux; les folies de Cabet, les paradoxes de Proudhon étaient, aux yeux de Petrachewsky et de son école, des théories dont l'application valait seule la peine d'être tentée en Russie! C'est cette jeunesse de 1848 qui, arrivée aux affaires à l'avènement d'Alexandre II, et chargée en

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cette qualité de réorganiser Tempire dans un sens libéral, le dota de nombre de lois et d'institutions, dont le radicalisme intempérant effaroucherait la France républicaine elle-même. Aussi les efforts timides, — trop timides, hélas ! — des gouvernants actuels pour réagir contre les exagérations de leurs devanciers, rencontrent-ils la plus vive résistance chez nos vieilles barbes de 1860; celles-ci, du reste, tout en détestant Tautocratie, n'en continuent pas moins à jouir des hautes situations et des grasses sinécures qu'elles doivent à ce régime exécré.

Le système de Nicolas ayant produit des fruits si funestes, il n'y a donc pas lieu d'y revenir, alors même que l'établissement des voies ferrées et des télégraphes ne rendrait pas ce retour en arrière tout à fait impossible.

Par bonheur, ils sont bien minimes et le plus souvent de pure imagination les dangers que présente pour l'autocratie, et, par conséquent, pour Texistence même de la Russie, l'exemple de l'Occident. Plus il sera loisible à la jeunesse russe d'étudier sérieusement ce qui se passe dans les autres pays de l'Europe, plus elle se pénétrera de cette vérité fondamentale : que, si V introduction d'un régime parlementaire, c'est-à-dire la moindre atteinte portée au pouvoir absolu du tsar doit être fatale à la Russie, ce n'est nullement, comme le pense le vul^

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gaire, parce que le peuple russe n'est pas encore mûr pour les bienfaits du parlementarisme, mais parce que ces bienfaits rCeodslent pas; que le parlementarisme continental est un des pires fléaux qui aient jamais atteint les sociétés humaines et que, si, par un retour à la raison, les nations européennes ne rejettent pas ce funeste présent de l'Angleterre, elles périront infailliblement dans une anarchie sanglante et avec elles toute la civilisation moderne.

- L'histoire future — à supposer que la barbarie intérieure qui menace la société contemporaine laisse survivre une histoire — signalera certainement, comme caractéristiques du xix® siècle, les deux faits suivants :

Dans le domaine intellectuel, des penseurs éminents, des philosophes spiritualistes ont cru devoir, pour le bien de Thumanité, combattre les religions révélées, afin de dissiper les ténèbres qui, depuis des milliers d'années, obscurcissaient les esprits ; à la vieille doctrine théologique enseignée par les prêtres, au dieu révélé vengeur et terrible ils se sont eflbrcés de substituer, comme plus digne de la raison, la notion d'un dieu métaphysique.

Dans le domaine poUtique, des libéraux obéissant aux sentiments les plus généreux ont pris à tâche de dompter le despotisme, d'affaiblir, jusqu'à le briser, le pouvoir du monarque, et, en détruisant

Tautorité, de libérer Thomine de toutes les entraves qu'il s'était forgées à lui-même pendant des siècles.. •

Voilà cent ans que ces deux catégories de philanthropes travaillent sans obstacle à la propagande de leurs nobles doctrines et à quoi ont-ils abouti? En philosophie, le spiritualisme est conspué; en politique^ le libéralisme a fait presque partout banqueroute. Qu'est-ce qui a remplacé les croyances détruites ? Le matérialisme le plus inepte et le plus stupide, non pas même celui que professe une certaine école philosophique et qui exige à tout le moins des études sérieuses et quelque vigueur d'esprit, mais le maté-» rialisme athée et grotesque, dont s'engouent les demi-savants et qui plaît à la foule parce qu'il flatte ses instincts grossiers.

Les partis libéraux sont écrasés, annihilés dans tous les États parlementaires, où chaque jour la lutte se concentre de plus en plus entre les conservateurs et les radicaux, destinés eux-mêmes à devenir la proie des anarchistes.

Quelle influence exercent sur la politique de leurs compatriotes les représentants les plus illustres du libéralisme : Jules Simon en France, Virchow en Allemagne, Castclar en Espagne, Frère-Orban en Belgique? Aucune. L'histoire se fait dans ces pays sans eux et contre eux. Où en est la philosophie spiritualiste dans cette fin de siècle ? Les aberrations

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théosophiques, le charlatanisme des spirites et les superstitions de l'hypnotisme absorbent toutes les intelligences, qui n*ont pas le courage de revenir franchement à la religion révélée et que révolte à bon droit le plat matérialisme contemporain. Il y a un peu plus de soixante ans que, dans son fameux article du Globe, Jouflfroy expliquait fièrement comment finissent les dogmes. Nous avons assisté, depuis, à la naissance de plusieurs dogmes nouveaux et les anciens n'ont pas l'air de se porter trop mal, tandis que c'est le spiritualisme de Jouflfroy et d'autres qui est mort et bien mort.

La même erreur inhérente à leurs doctrines explique la déconfiture des spiritualistes et celle des libéraux: les uns et les autres se sont figuré les hommes à leur image : pleins de sentiments nobles et généreux, n'ayant que des aspirations élevées, ils croyaient que des milliers d'années de vie civilisée avaient transformé la nature humaine au point de rendre inutiles les entraves morales et physiques inventées pour contenir ses instincts brutaux.. Illusion complète ! La civilisation a si peu modifié le fond de notre nature que la béte humaine reparaît encore aujourd'hui dans toute sa férocité sauvage sitôt que ces entraves sont, nous ne disons même pas brisées, mais seulement relâchées. Il suflit pour s'en convaincre d'observer les mouvements insur-

rectionnels chez tous les peuples. Et si Yadoucissement des mœurs ne continuait pas par transmission héréditaire son action bienfaisante, encore à travers plusieurs générations, tous les hommes affranchis des croyances religieuses et de la crainte des lois s'abandonneraient aussitôt en aveugles à leurs passions bestiales redevenues toutes-puissantes sur eux. Trois ou quatre générations élevées sans Dieu à Técole laïque feront retourner Thumanité dans les cavernes.

LA QUESTION SOCIALE ET l'aUTOCRATIE

L'impuissance définitive de la doctrine libérale ne se montre nulle. part avec une évidence aussi désespérante que devant le plus terrible problème des temps modernes: la question sociale. Après avoir, pour la plus grande gloire de la doctrine, muni les partis révolutionnaires de toutes les redoutables armes qui lui permettent de monter victorieusement à Tassant de la société moderne, après avoir donné la liberté des coalitions, c'est-à-dire le droit pour Touvrier de se mettre en grève, au mépris du traité qui le lie à son patron, et le droit pour les paresseux, les ambitieux et les ivrognes d'empêcher leurs, camarades honnêtes de gagner

leur vie en travaillant, après avoir accordé la lil absolue de la presse, c'est-à-dire le droit de pré ouvertement le pillage et l'incendie et de pcj riser l'étude des engins destructeurs, après a concédé le droit de réunion dans des meetings sous l'œil bienveillant de l'autorité, on avise meilleur moyen de détruire l'infâme bourgeo après avoir fait toute cette belle besogne, et, surcroît, complètement désarmé le pouvoir, les 1 raux placés en^face de Tinsoluble problème se restent tout stupéfaits de voir que l'ouvrier, au de chanter des hymnes à la sainte liberté, se ] pare à faire sauter par la dynamite la société qi commis la faute de la lui accorder.

Chaque année, à l'approche du 1^^ mai, le moi est témoin d'un spectacle étrange: d'un côté, chefs de la révolution internationale se réunis» en violation de toutes les lois existantes et déUbèr< au grand jour sur les voies et moyens de détru la société par le fer et le feu; de l'autre côté, ce société, au nom des immortels principes, assis immobile, à ces préparatifs et se demande a\ anxiété, si ce sera pour cette année ou pour Tann prochaine. La date fatale passée, elle se remet • sa frayeur et s'efforce de se convaincre que le dang n'était qu'illusoire et que la destruction annonc n'arrivera jamais I C'est comme si au théâtre (

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voulait conclure de la multiplicité des répétitions que la représentation n'aura jamais lieu !

Chercher à prévenir le danger, en donnant satisfe^fttion aux revendications ouvrières dans ce qu'elles ont de juste et de raisonnable? Mais cela est impossible sans l'intervention énergique de l'État, et faire intervenir l'État dans les rapports entre patrons et ouvriers c'est le renversement de toute la doctrine libérale avec laquelle, depuis un siècle, on trompe le monde. Comment, l'État interdirait le travail du dimanche, le travail de nuit qui tue l'enfant et perd la femme, l'État limiterait à huit heures par jour le martyre du bouilleur dans la mine ! Quelle hérésie !

Que l'État vous garde sous les armes pendant vingthuit années de votre existence; que, suivant son bon plaisir, il vous envoie mourir du choléra dans les pays tropicaux ou vous fasse déchiqueter par un des merveilleux explosifs découverts récemment; que, depuis votre naissance jusqu'à votre mort, il vous enserre dans des règlements toujours tracassiers et le plus souvent stupides; qu'il vous force à apprendre ce qu'il veut et comment il le veut; qu'enfin, pour tous ces bienfaits, il vous écrase d'impôts et prélève sur votre fortune la plus belle part — tout cela ne jure pas avec les jprincipes sacro-saints de la liberté !

Du reste, TÉtat libéral a raison de ne pas chercher à résoudre la question. Cette tâche dépasse les

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forces d'un gouvernement parlementaire, comme ni Ta que trop bien démontré, Tan passé, l'avortemen dô la tentative faite par Guillaume II. Avec quell juvénile ardeur n'avait-il pas posé le problème socie et convoqué un congrès international en vue d donner satisfaction aux aspiratioris légitimes des ou vriers et de réconcilier le capital et le travail 1 L monde entier avait accueilli avec une curiosité syn paftiique cette initiative hardie, espérant qu'elle délivrerait du spectre socialiste. Profonde et rapic fut la désillusion l Emporté par la fougue de son â{ et de son caractère, Guillaume n avait oublié un toi petit détail qui condamnait d'avance à la stérilité toi ses efforts : il avait perdu de vue qu'il n'était pas i monarque absolu dont la volonté fait loi, qu'il dev2 compter avec le Reichstag et d'innombrables peti parlements, avec l'hostilité des intérêts menacés l'aveugle résistance de partis puissants, surtout av la forte organisation socialiste qui soumet aux ment ambitieuses de quelques chefs la volonté de millio d'ouvriers égarés par leurs excitations. La démarc de l'empereur d'Allemagne fut prise pour une ce cession, pour une reconnaissance officielle de puissance du socialisme et cela suffit pour renc immédiatement les ouvriers plus intraitables : el habituel des concessions. Le congrès de Halle et formidables grèves de Westphalie et de Silésie q

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comme une traînée de poudre, se propagèrent dans toute l'Europe centrale, tel fut le seul résultat de la tentative entreprise par un gouvernement parlementaire pour résoudre la questioi^ sociale.

Cet échec était inévitable. Un problème aussi complexe, touchant à tant d'intérêts divers, réclamant des sacrifices considérables de tous, aussi bien de ceux qui, affolés par la propagande révolutionnaire, exigent l'impossible, que de cetix qui, possédapt tout, ne veulent renoncer à rien^ — ufl pareil problème ne peut être résolu que par un pouvoir suprême et absolu qui, placé au-dessus de tous, ne s'inspire que du bien général et soit à même d'imposer sa volonté aux uns et aux autres, sans discussion ni hésitation aucune, en un mot parle pouvoir absolu d'un monarque autocrate, inaccessible aux menaces et aux faiblesses.

Or, par une étrange méconnaissance de la réalité des choses, Guillaume II a justement omis d'inviter à la conférence de Berlin le seul souverain assez puissant pour accomplir les progrès désirés, l'empereur de Russie !

Mais lors même qu'il se rencontrerait une majorité parlementaire assez intelligente pour comprendre l'urgence de certaines réformes et assez désintéressée pour les voter, sans égard aux mécontentements inévitables, la question sociale n'y perdrait rien de sa

gravité; au contraire, et la catastrophe que tous prévoient, mais que personne n'a ni le courage ni peut-être le pouvoir de conjurer, n'en deviendrait que plus rapprochée. S'imagine-t-on jéellement que même une amélioration notable apportée à la condition matérielle des ouvriers calmerait les convoitises révolutionnaires qu'on a permis à quelques meneurs d'allumer et d'exaspérer chez eux? Oublié-t-on que la résignation est une des vertus les plus rares dans l'humanité, tandis que l'envie et l'esprit de révolte sont inhérents à tous les hommes ? Quelle naïveté de penser qu'ayant à sa disposition l'arme terrible de la grève générale, l'ouvrier renoncera à s'en servir, quand il aura obtenu des concessions qu'il ne manquera pas d'interpréter comme des actes de faiblesse, arrachés aux capitalistes par son attitude menaçante ! Pour opérer de véritables réformes sociales sans bouleverser l'ordre de choses existant, l'État devrait avant tout interdire les grèves ouvrières comme il interdit les rings des capitalistes, puis supprimer la liberté absolue de la presse et le droit de réunion : autant dire qu'aucun gouvernement parlementaire n'est en mesure de résoudre le problème social et que tous sont fatalement condamnés à périr sous les coups du prolétariat révolté, — à moins que, vainqueur d'une première insurrection, le pouvoir suprême n'en profite pour abolir le régime bâtard du

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parlementarisme et ne rétablisse la monarchie absolue, autocratique I Seul un monarque absolu peut conjurer la révolution sociale en imposant d'équitables réformes et en étouffant par une répression impitoyable tout germe de trouble et de sédition.

Pour la protection du travail de la femme et de l'enfant, pour le repos du dimanche, pour la responsabilité du patron dans les accidents des ouvriers, le gouvernement russe possècje déjà une législation presque parfaite. Rien n'est plus facile en Russie que de limiter les heures de travail pour les travaux insalubres, d'imposer aux patrons l'assurance des ouvriers contre les accidents et contre la vieillesse et même de faire attribuer aux ouvriers une part dans les bénéfices des entreprises, lorsque ceuxci dépassent un certain chiffre. Défait, cet avantage est déjà acquis en Russie aux employés des Sociétés par actions. Aux termes de la loi, il est stipulé dans tous les statuts des Compagnies anonymes que, quand les bénéfices dépassent le six ou le sept pour cent affecté à la rémunération du capital, une partie du surplus doit être distribuée aux employés de l'entreprise^ au même titre qu'aux membres des conseils d'administration. ILsuffira de réduire le dividende à cinq pour cent, de restreindre la part de» administrateurs et d'augmenter d'autant celle des employés et ouvriers, pour que la plus grande, la

[ïlus efficace des réformes sociales soit accomplie — et cela sans luttes, sans bruyantes discussions dans des réunions publiques, sans ces grèves si funestes à tous les points de vue, et dont les ouvriers euxmêmes sont toujours les premières victimes.

Mais cette œuvre, il n'appartient qu'à un souverain autocrate de la mener à bonne fin, parce que, élevé au-dessus de tous les partis et de toutes les coteries, ne dépendant que de Dieu dont il incame le pouvoir, il doit égale justice à tous ses sujets.

Comment n'être pas frappé de ce phénomène significatif que, tandis que toutes les républiques, toutes les monarchies parlementaires tremblent sur leurs bases à chaque retour du l^^ mai, la Russie seule reste exempte de toute inquiétude, sans avoir besoin de i*ecourir à ces mesures préventives et répressives dont le simple fait trahit déjà le danger de la situation?

A la fin du siècle dernier, la Russie a servi d'asile à des milliers d'émigrés français fuyant la Terreur. Dans quelques dizaines d'années, quand la révolution anarchiste aura triomphé partout à l'Occident, qui sait, si le pays des tsars ne sera pas Tunique refuge où les débris épars de l'ancienne civilisation trouveront protection et sécurité?

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