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la viande vivante sautât d'elle-même dans la bouche ? »
Ii pensa, il pensa! Et il s’en fut de nouveau vers Dieu demander de la nourriture. « Dieu bon, dit-il, Dieu miséricordieux, donne-moi à manger ce que tu donneras, autrement, je périrai de faim! » Dieu dit : « Quel mangeur tu fais! il faut que la nourriture te saute d’ellemème dans la bouche !... Mais, en vérité, qu'y a-t:il à parler avec toi! Va là, sur la route, un homme a laissé tomber un morceau de lard, c’est pour toi : il ne se sauvera nulle part! » Il obéit et arriva à la place : le morceau de lard est là à terre. Il s'assit et pensa : « Bon, dit-il, je le mangerai, et comme il est salé, j'aurai soif. J'irai d’abord m'abreuver et puis... » Il alla, Pendant qu'il va à la rivière et en revient, l'homme s'aperçoit qu'il n’a pas son lard; il se retourne et le voit à terre. Il ramassa le lard. Le loup revient, — pas de lard. Alors il s’assied et pleure : « Est-ce que je ne suis pas sot! est-ce que je ne suis pas fou! Qui est-ce qui boit avant d’avoir mangé? »
Il est assis, assis et comme il a faim, aj! aj! aj! (aïe). Il va de nouveau vers Dieu demander de la nourriture : « Dieu bon, dit-il, Dieu miséricordieux, donne-moi à manger ce que tu donneras, autrement je ne vivrai pas ma vie jusqu’au bout! » — « En vérité, tu m'ennuies, dit-il, avec ta nourriture! Mais qu'y a-t-il à parler avec toi : va là, pas loin du village, paît un cochon, mange-le! — Ïl alla. — « Sois bien portant, cochon! » — « Sois bien portant! » — « Dieu à dit que je te mange, » —
« Et qui es-tu, toi, qui va me manger? » Il dit : « Un loup. » — « Tu mers, tu es un chien! » — Non, dit-il, un loup! »— Est-ce que, dit-il, le loup n'a rien à manger?» — « Rien, dit-il.» — « Si tu n'as rien, dit-il, monte sur moi, je te conduirai au village. On élit maintenant chez nous toute espèce d’autorités, peut-être qu'on t'élira. » — Si c'est ainsi, que ce soit ainsi, mène-moi! » I} s'assit sur le cochon, il arriva au village; le cochon se mit à hurler tellement que le loup s’effraya : « Pourquoi done, dit-il, cries-tu? » — « Mais, dit-il, j'appelle l'assemblée pour qu’on te choisisse vite comme autorité. » Et voilà que les gens se précipitent hors des chaumières avec des tisonniers, des épieux, des bêches, suivant ce qui est tombé sous la main. L'haleine manqua au loup, tellement il était effrayé (c'est que ce n'était pas une plaisanterie !) et il demanda au cochon : « Dis-moi, pourquoi donc le peuple accourt-11? » — « Mais, dit-il, c'est pour toi! » Voilà que le peuple tomba sur le loup et commença à le poivrer si bien que l’autre n'en voulait plus; à grand’peine il s’en arracha vivant!
S'étant échappé, il va droit à Dieu : « Dieu bon, dit-il, Dieu miséricordieux! donne-moi de quelque chose, ne füt-ce qu'un petit morceau à manger, autrement ce sera la fin du loup. » Dieu dit : « Va, voilà un tailleur qui marche là-bas, tombe sur lui et fais-en ton profit. » Ils'v traina avec peine. Il le rencontra sur la route : « Sois bien portant, l'homme! » — « Sois bien portant! » — Dieu dit que je te mange. « — « Etquies tu, toi, qui vas
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AU MOYEN DE SA LITTÉRATURE POPULAIRE 09 me manger?» dit: «Un loup.» — « Tu mens, tu esun chien! » — « Non, dit-il, de par Dieu, un loup!» — « Mais tu es bien petit, dit-il, pas plus grand qu'un diable, voyons-çà que je te mesure. » Et voilà qu'il entortille la queue autour de sa main et de mesurer! I le mesura et le mesura si bien que le loup en perd la respiration, etil le mesure encore, toujours. «Une archine ! en long et en large! » [lle mesura jusqu'à ce que la queue lui restât dans la main... Et comme le loup détale! mais cette fois il ne va plus à Dieu, il s'enfuit vers les loups : « Petits loups, mes frères, on m'a fait ceci et cela! » Les voilà qui se mettent à la poursuite de ce tailleur. Que faire en cette occasion? Il se voit perdu! Voilà qu'un arbre se présente; il monte sur cet arbre, il grimpe jusqu’à la cime même. Et les loups entourent l'arbre et le grignottent de leurs dents. Et le loup dit: Non, dit-il, mes frères, vous n’arriverez à rien ainsi! Voilà comme nous ferons : je me mettrai à terre, et vous, tous sur moi, l’un sur l’autre, et ainsi nous atteindrons cetils dep...
Ils se mirent l’un au-dessus de l’autre : quelle échelle! Alors celui d’au-dessus : « Eh bien! descends, fils de p..…., nous allons te manger!» — «Ah! dit-il, petits loups mes frères, ayez pitié de moi, ne me mangez pas!» — « Non, dit-il, cela ne se peut pas, descends! » — « Attendez donc, dit-il, que je prise du moins un peu
1 L'archine mesure 71 centimètres.
de tabac pour aider mon âme à sortir ! » A peine eut-il prisé, que. atchkhi!! Et celui d'en dessous pensa qu'il mesurait celui d’au-dessus et disait : «archine! » et il s’aplatit de telle sorte que tous dégringolèrent… un fameux tas! Et l’autre s'enfuit. Eux le poursuivirent, l'attrapèrent et le mirent en pièces. Et l'homme alors descendit de l'arbre : « Merci à Dieu, dit-il, qu'il n’a pas livré. une âme chrétienne à une bête féroce! » Il s’en retourna sans souci à sa maison, et il y vit encore avec sa jeune femme ; il mange des galettes au beurre et du pain de froment. J'y ai été, j’y ai bu de l’hydromel et du vin; cela a coulé sur ma barbe et rien n’est entré dans ma bouche*.
Nous avons en français un conte analogue à la dernière partie de celui-ci. Seulement au lieu de «archine » ce sont les mots de « Catherine verse » qui mettent en fuite le loup, ce dernier ayant été échaudé par ladite Catherine.
Le conte suivant est sur le même sujet que la fable de La Fontaine qui porte le même titre, seulement ici le loup réussit dans son entreprise, et si en dernier lieu il finit par succomber, ce n’est pas sans la coopération de ce traître de renard que l’on retrouve partout où il y a un mauvais tour à jouer :
! Désigne l’éternuement comme notre hatchi.
2? Une de ces rengaines par lesquelles les conteurs russes aiment à terminer leurs récits.
bané osé > À
d'os ais