‹ La Russie dévoilée au moyen de sa littérature populaire; l'épopée animaleChapitre 27 sur 67 · CU A · texte numérisé non relu

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où done mettrai-je mes bœufs? » — « Lâche-les dans l'enclos. » Et elle fit ainsi.

Le lendemain, elle se leva de bonne heure, se lava blanchement et dit le bonjour au maitre de la maison. Elle regarda au loin; pas de bœufs! Et voilà qu'elle s'assit, se mit de nouveau à pleurer et dit : « Où que

j'aie été, un pareil malheur ne m'est pas encore arrivé; mes bœufs n’y sont plus! » Etle maitre de la maison dit : « C’est ma belle-fille qui les a menés, peut-être les a-t-elle laissés échapper. » Voilà qu'elle lui dit : « Il n'y a pas à dire, maitre, mais donne-moi ta belle-fille. » Le beau-père pleure, la belle-mère pleure, le fils pleure, les enfants pleurent. Et la renarde prit la belle-fille dans son sac et s’en alla.

Voilà qu’elle porte cette belle-fille dans son sac; elle porte et porte, elle porte et porte. et la nuit l'atteignit en route. Voilà qu’elle voit une chaumière et elle se mit à demander qu'on l’y laissät pour la nuit. « On ne peut pas, notre chaumière est basse et petite, tu n'auras pas de place pour te coucher. » — « Ce n’est rien, je me pelotonnerai sous le banc, je me couvrirai de ma queue, et je passerai ‘ainsi la nuit. » — « C’est bien, passe la nuit. » — « Mais où donc mettrai-je ma belle-fille? » — « Mets-là sous le poële. « Etelle fit ainsi.

Le lendemain, elle se leva de bonne heure, se lava blanchement et dit le bonjour au maitre de la maison. « Et où donc est ma belle-fille? » — « Sous le poêle. » Elle regarde : « Merci de ce que ma belle-fille est restée

saine et sauve ici! Attendez, je courrai au bois, je couperai un bâton et je vous sauterai une danse. » Voilà qu'elle s’en alla au bois et coupa un bâton. Et le fils prit le sac, délivra la belle-fille et mit une chienne à la place.

Elle revint, prit le sac avec la chienne et le jeta jusqu'au plafond avec son bâton, en disant : « Pour un platane — une poule, pour six bœufs — une belle-fille aboyeuse ! » Et elle la jeta encore une fois au plafond si fort, que la chienne fit : « Avourr! » — « Ah! bellefille aboyeuse du diable, tu t'es faite chienne ! » Et elle la prend et la jette de nouveau, et celle-ci aboiïe. Voilà qu’elle lança et lança cette chienne, et à la fin, dénoua le sac. Dès qu’elle l’eut délié, la chienne se jeta aussitôt sur elle. Elle s'enfuit, et la chienne après elle; elle courut jusqu’à son terrier, où elle se cacha.

S’étant couchée là, voilà qu’elle se mit à interroger ses oreilles : « À quoi donc pensiez-songiez-vous, quand vous vous sauviez de ce diable maudit? » — « Nous pensions-songions, petite sœur, à ce que le diable ne t'atteignit pas, ne mit pas en pièces ta pelisse dorée.» — « Attendez-done, mes petites oreilles, je vous achèterai des boucles. » Puis elle dit : « Vous, mes petites jambes, que pensiez-songiez-vous, quand vous vous sauviez de ce diable maudit? » — « Petite sœur renarde, nous pensions-songions et nous tendions nos petites jambes, pour que le diable ne {atteignit pas, ne mit pas en pièces ta pelisse dorée. » — « Attendez, mes chères et aimées petites jambes, je vous achèterai des bottines

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rouges avec des semelles d'or. » — « Vous, mes petits yeux chers et aimés, que pensiez-songiez-vous, quand vous vous sauviez de ce diable maudit? » — « Petite sœur-renarde, nous pensions-songions, quand nous nous sauvions de ce diable maudit, à ce qu'il ne t'atteignit pas, n’arrachàt pas ta petite pelisse dorée.» — « Bien; attendez-donc, mes petits yeux, je vous achèterai des lunettes d'or. Et toi, queue balayeuse, que pensais-songeais-tu, quand tu te sauvais de ce diable maudit? » — « Je pensais-songeais, et je m'embarrassais entre tes jambes, pour que le diable t'arrachât ta pelisse dorée. » — « Voilà pour toi, diable de chien, ma queue, mais ne mords pas la partie jaune, mords la partie blanche. » Etle diable mordit si bien, qu'il enleva la queue jusqu’au tronçon.

Voilà qu’elle alla parmi les lièvres. Ceux-ci, ayant vu qu'elle était sans queue, commencèrent à se moquer d'elle, Elle dit : « Hé! ce n’est rien que je sois sans queue, mais en revanche, je sais sauter une danse. » Elle alla dans le bois et coupa un bâton, monta sur un tertre et en mème temps elle leur lia les queues toutes ensemble et dit : « Sauvez-vous, car voilà qu'arrive le loup balayeur! » Et voilà qu'ils tirent de tous les côtés, si bien qu'ils arrachèrent leurs queues. Après cela, quand les lièvres se trouvèrent de nouveau rassemblés, ils se voient tous sans queue et voilà qu'ils se mettent à se demander l’un à l’autre : « Tu étais avec la renarde? » — « J'y étais. » Voilà qu'ils s’entendirent pour se vengei

de quelque manière. Is se réunirent tous, arrivèrent chez elle, fermèrent les portes pour qu’elle ne sortit pas et 1ls la brülèrent là mème.

Suivent les contes où l’homme prend le dessus sur le renard; nous commencerons par :

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