Le prince Shtcherbatof
ne peuvent pas rendre de services directs, beaucoup tachent d'obtonir les distinctions par tous les moyens possibles • en flattant le monarque ou flagornant les principaux personnages. » II y avait beaucoup de vrai dans cette plainte, mais la voix de cet aristocrate isole retentit dans le desert. L'ensemble des classes mstrmtos - descendants de vicilles families et parvenus suivant la meme voie, - etait, sauf u.i petit nombre d'exceptions, trop preoccupe de la cbasse aux places pour preter l'oreille a ce gemissement sentimental.
Si la noblesse russe ne constituait ainsi, sous sa nouvelle forme , qu'une imitation tres-imparfaite de son modcle francais, elle ressemblait encore moms a 1 aristocratic anglaise. Malgre les phrases liberates que Catherine se plaisait d'habitude a debiter, elle n'eut jamais la moindre intention de ceder quoi que ce fat, pas meme un iota, de son pouvoir autocratique, ct la noblesse, comme classe, n'obtint jamais d'elle meme l'ombre d'une influence politique. II n'existait aucune independance reelle sous les nouveaux airs de digmte et de hauteur. Dans tous leurs actes, dans leurs opinions ouvertement exprimees, les courtisans etaient guides paries desirs reels ou supposes de la souverame, et beaucoup de leur sagacite politique etait employee a setforcer de decouvrir ce quipourrait lui plaire. « Les gens ne parlent jamais politique dans les salons, - dit un temoin de ces faits (I), - pas meme pour louer le gouvernement. La crainte a produit des habitudes de prudence, et les frondeurs de la capitale n'expriment leurs critiques que dans la confidence d'une amitie tresintime ou d'une parents tres-etroite. Geux qui ne peuvent supporter cette contrainte se retirent a Moscou, ville qui ne pent pas etre appelee le centre de 1 opposition,