‹ La Russie en 1812Chapitre 4 sur 22 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XV

20gcn Cl d'autres Allemands ; ceux des Russes Boulourlinc et Danilefski , figurent assez souvent au bas de ses pages, dans le tome XIV de V Histoire du Consulat et de V Empire^ qui renferme le magnifique chapitre Moscou, auquel notre propre récit se raltachc. Mais on Toudrait, en effet, voir la même justice rendue plus souvent à des compatriotes, à des auteurs d'un mérite incontestable, tels que le baron Bignon, le marquis de Ghambray, le comte Ph. de Ségur, etc., dont les ouvrages, quoique éclipsés maintenant par celui de M. Thiers, lui avaient certainement facilité sa tâche.

Sans doute, à l'occasion d'une opinion qu'il réfute , réminent écrivain dit quelque part ^ : « Notre résolution élant d'éviter toute polémique avec les auteurs contemporains, nous nous bornerons à redresser cette erreur, sans nous occuper de beaucoup d'autres; » mais ce motif devait-il l'engager à garder aussi un superbe silence à l'égard de ses plus excellents devanciers, dont les labo-

• T. VI, p. 295, note. — Signalons aussi, en passant, un mot que M. Thiers dit de l'esprit dans lequel il arrêtait ses opinions : « J'ai peu, dit-il, le goût de changer les versions reçues en hisloire; je cherté k être vrai, non & être nouveau. On est déjà bien assez nouveau par cela seul qu'on est vrai, s T. XIV, p. 4i7, note.

et.grâce anàei au gqnie (>ro{)r€ à TauUttr^ pluls lu?-

Or^Ségur, Ghambroy ctxl*^ir4!8 ascdieotvu^par ^uxnipôinQâ^;. Oignon avaîl ^q pAriie'ëté mêlé aux 4yéneai<eDte4qu'il raGpqlô;.U)udiâ qp^ M.Tbierâ..nc fiouvail cfi être UR bistotî^n <le(preinièr6 main. G!42st le rapport, lejugiçinoiil ^jf^ témoii^ ocuUires, .q.ucle&.lealeur».9«iinentà recueillir, et lel>esl, indéipendiioijmqt de.l^ }u(siii$e <lae à chacun, Vavantai^ des citations. Gomme bî dit nolr^ cr itiijMe, persoofie aujoufd!imi n'est cru^sur pafoie : on yeutiiayoir sur quoi se fonde cha^|ue' allégation importante, et quand, un, historien a négligé de aaUsfairo; cfi he^in, c'qstà la critique bistori({U6 d'y sup^J^'dr passes investigations ^ . ^ : •

Voilà préeiséaient. ce, que .nous avons entrepris do &ire dans les chapitres qui forment le fond de cc^piiyrage, dont la biographie, à vrai dirç^ ji'est que le cadre. Nous y recherclïons sur quelle auloriléy sur quel témoignage direct el immédiat, reposent (oitô les fairs controversés, qitel en est après

* Voir p. 150 la ^és^^vc que nous faisons relativement à ce^le lâciie.

toutlegflpWl/Pâr Iàjîtt6irs Feè^^tas;lM{iStaîredè fà ccAnpagnédé 1^42, Si exactèmonlfil si bieh éerHi

do^lftqadlë'an nhtttt^e étf MW^itequi seul met en étaideprdnoMisrcnifêl^és'VèreicyhséîfflérèMaft i^ifoclifiittfoi^dfipoKëes. ' ; . I . ^^

,^ Dan» r-accamplissem^nt de cette Càcbei^nobs tië iMMis idoifthies 'pais servi ^crlèiAent>dfes^ autours (jii mi ptt^étro «consuUéd aoîË^î {>âr iftotreéiAinent^)^ vander; Depuis iSâd^'dme- dO'9Ôti> IloifteXI^'^ 4^ muveqUK^ti^raoinS'abi^tâmdJfoDt taonÀsi^ivqiiriîMi? tdnr leiinii^épcteHtfmSfte^ ^es^d^^iCfom Mppluf mentairH lums^ieBâvbM ëottsilôE;;youx,i«oin^ .imras} £lie& «OAi con^tehues danë desJMwrroges^unt tmprineî)iiUiYJâohl')€6Îiuîtaiil$ :'. Ku ! ^) ..u ^ènmreê dn^eomte de T'oU^ >par^H jde'Bprnhurdf (485%4iVoI. itivKf; fceijouriial du gépéral dir Hobort Wilson y ouvrage ^oeihutne publie 'smisi^ic .ûtoe } fi(mm.ti3oe'9f'ûWfkU dmjnngthi InmsiDihofJtuinéL by Népolem'^onafica^e (i8£9)^ Fiei^ii) feidmfapédud KiMovtmfim f0an9qi8^i86O)vpar le gëhéral l£il^baï>' lofski>J)àiiilefskà, aoieitcide ï>liisloii*t»M:l(i.pimfe

x\iii PRÉFACE.

corrigéedulivre, populaire enAUemagne, du major Beilzkcy Histoire de la guerre de Bmsic de 1812 (1862), en grande parlie puisée, il eslvrai, dans les relations françaises, lesquelles* ont aussi été fortement mises à contribution dans VHiitùire de h campdgne de 1812, par le général Bogdanovitcb, 1859-60, en russe, 5 vol. (traduction allemande, 1863),relation officielle destinée à remplacer celle du général Danilefski; enfin, un ouvrage qui retrace, presque jour par jour, la marche des événements de cette époque-là, mais qu'on ne doit consulter qu'avec précaution, précisément parce que les nouvelles du jour y sont recueillies toutes fraiciies, vraies ou fausses, comme elles circulaient au momentméme dans la haute société de Saint-Pétersbourg. Nous voulons parler de la eu rieuse Corr^^potuifanc^ diplomatique de Jo$eph de Maistre (1811-1817), recueill ie par M. Albert Blanc (1860, 2 vol. in-8*).

A l'aide de tant de matériaux nouveaux, et maintenant qu'un demi -siècle s'est écoulé depuis la catastrophe de Moscou, nous avons pensé pouvoir entreprendre d'établir une bonne fois la vérité sur un événement qui, sans produire pour la Russie même des effets aus«i décisifs que la guerre de Grimée

PRÉFACE. MX

en 1854, a été pour l'Europe le poinl de départ d'une réaction et d'un vaste remaniement. Jusqu'ici, les opinions étaient divisées, les jugemçnts contradictoires, et, quoique les faits se soient passés, pour ainsi dire, sous nos yeux, T histoire semblait ignorer encore à quel titre elle devait les graver sur ses tabletti s, si c'était comme un acte du plus sauvage vandalisme accompli par une soldatesque effrénée sous les ordres d'un conquérant étranger à tous sentiments humains , ou comme une résolution héroïque, inspirée parle plus ardent amour de la patrie, qui ne recule devant aucun sacriGce. A vrai dire, il y avait un peu de tout cela dans ce tragique événement; mais ce qui y domine, c'est évidemment l'excentricité de l'acteur principal, assez audacieux pour ne consulter, dans la crise la plus épouvantable, que sa propre volonté et ses propres lumières , sans pourtant que son héroïsme allât jusqu'à accepter loyalement la responsabilité de son action.

C'est cette excentricité qu'il s^agissail de mettre en relief pour bien expliquer le grand fait histori* que dont il est question ici, et auquel, parce motif, nous avons donné pour cadre un double tableau

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