‹ La Russie en 1812Chapitre 6 sur 22 · XXII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXII PRÉFACE

cette peine fort ingrate ; et même des lecteurs moins méticuleux ou plus pressés y verront peut-être une espèce de garantie, dont ils n'aimeraient pas que rtiistoire fût privée. Dans tous les cas, cet appareil scientifique, en grande partie relégué danslesnotes, ne peut devenir un embarras pour personne.

Autre point sur lequel nous ne nous lassons pas d^nsister. Notre orthographe des noms russes, quoique déjà partiellement passée en usage chez nous\ a peut-être toujours besoin d'explication. Notre système est invariablement celui que nous avons pratiqué depuis noire première publication en 1829 ; il consiste à transcrire ces noms, du russe en français, le plus simplement possible; à rendre la prononciation russe par des lellres françaises, sans altérer la valeur habituelle de celles-ci et sans rien emprunter aux alphabets étrangers. Nous ne dérogeons à celte règle que dans le cas d'un usage déjà ancien et consacré par le temps. Ainsi, quoique le

* Elle ne s'applique qu'à la langue Trançaise; dans une traduction allemande ou anglaise, il faudrait la modifier suivant la valeur respective des lettres de chaqiie alphabet. — Pour faire voir à quel point il serait désirable qu'on suivît un système fixe dans la transcription des noms russes, il suffit de dire qu'il y a à ce sujet (pielquefois manque d'accord dans la même famille. Voir encore sur notre système de transcription, p. 270, note, et p. 429, note.

PRÉFACE. xMii

nom de notre principal pecsonnage se prononce en russe Rastaptchine\ nous lui avons néanmoins conservé la forme sous laquelle il est connu; non pas par la raison que peul-élre cette forme était précisément celle dont le personnage lui-même se servait (beaucoup de Russes font mal, selon nous, la transcription de leur nom, adoptant à cet effet tantôt Torlhographe française, tantôt l'anglaise, et le plus souvent Torthographe allemande), mais par respect pour un usage établi qu'il n'est plus temps de changer. Par le même motif, nous ne nous entétons pas à écrire Valkonskiy au lieu de Volkomkiy et Patiomkine^ au lieu de Potemkine^ etc., etc.

Pour terminer par une citation cette trop longue préface d'un livre où on en rencontre un si grand nombre, que l'on nous permette encore d'emprun* ter à un de nos plus illustres écrivains contemporains', et de nous appliquera nous-même, cette déclaration au sujet du point de vue auquel il s'est placé : « Nous ne racontons pas ici en patriote franc( çais, mais en historien philosophe, ihipartial et

' De même que Golitsyne se lit Galitsyne. L'y remplace ici une lettre particulière à l'alphabet russe.

^ De Lamartine, histoire de la Russie ^ t. II, p. 153.

Page 1