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SADKO LE RICHE MARCHAND

Sadko est aussi un héros novgorodien : cependant, avant tout, il est un marchand : s'il court les aventures, comme une sorte d’Ulysse ou de Sindbad russe, c’est surtout en vue du commerce. Il ne se méle pas aux luttes civiles; il n’a jamais exercé le brigandage ; mais ses voyages sont aussi hasardeux que des combats. Ila parcouru toutes les routes que parcourait alors le commerce novgorodien. « Sadko a suivi la Volkhof; — de la Volkhof il arrivait au lac Ladoga; — du lac Ladoga dans la Néva;

(4) Si les kaliki sont réellemeat des moines boudhistes ou chrétiens, la cloche (kolokol) s’expliquerait parle capuchon (klakol en tchéque; cloche en francais), Oreste Miller, p. 752. L’ignorance ou l’imagination des podtes Tustiques auraient achevé la confusion.

(2) Reproduit dans Kiriéevski, t. V. p. XIII.

— par la Néva dans Ja mer bleue “) ». Ces quatre vers sont d’une extréme précision. Qu’on jette les yeux sur une carte, on verra que, le lacIlmen n’ayant pas de débouché direct dans la Kaltique, c’était seulement par la Volkhof, le Ladoga et la Néva que les navires novgorodiens pouvaient entrer en relations avec les pays scandinaves et allemands, avec les villes de la Hanse et les ports de l’Occident. « Puis il revenait et allait 4 la Horde d’or vendre les marchandises novgorodiennes. » Comme ses compatriotes, il s’est avancé fort loin de ce cété : ils’est, dit-il ailleurs, « promené sur le Volga pendant douze ans; il le connait depuis Sa source jusqu’a son embouchure, jusqu’au royaume d’Astrakhan » — « pendant douze ans il a couru la mer, la mer bleue, la mer Caspienne. » Le Volga, le plus grand des cours d’eau de l’Europe, est une magnifique voie fluviale, la seule qui puisse mettre en rapport avec la Caspienne ce réseau de lacs et de petits fleuves au centre duquel est située Novgorod. Si Sadko avait fait mention de ses voyages 4 la mer Noire et & Constantinople par la voie du Dniéper, ce cours de géographie commerciale serait complet.

La carriére d’un négociant a quelque chose de glorieux lorsqu’étant parti de peu il arrive par son intelligence et son travail A une immense fortune. Cet effort pour parvenir a quelquefois son cété épique et romanesque. Or, la plupart des bylines nous représentent Sadko, le riche marchand, comme pauvre 4 ses débuts. I] n’a pour tout bien que sa harpe; il gagne sa vie & jouer dans les festins. Or, un jour, on ne l’invite pas, ni le lendemain, ni le surlendemain. Il s’en va tristement sur le rivage du lac Ilmen et se met 4 jouer de la harpe. Le premier jour, les eaux du lac commencent 4 s’agiter ; Sadko prend peur et s’enfuit 4 Novgorod. Il y retrouve la misére et revient une seconde fois jouer sur le lac : une seconde fois

(1) Rybnikof, t. I, p. 878.

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jes eaux s’agitent, et Sadko »8’en rétourne effrayé. Poussé encore par la misére chaque jour plus pressante, il vient s’asseoir sur les rochers blancs et recommence a jouer: les eaux s’agitent et 4 leur surface apparait le Roi de la mer. Ce personnage qui semble tantodt une sorte de Neptune ou de Poseidén de ce petit océan de l’Ilmen, tantét un Pluton des régions souterraines, gedlier des dmes, gardien des richesses souterraines, est stirement une ancienne divinité du panthéon slave ou finnois. C’est une divinité redoutable: quand Jupiter fronce le sourcil, la terre tremble; quand le Roi de la mer se met & danser, la mer est bouleversée. I] est 4 la fois bonhomme et fantasque, brutal et généreux, stupide et sensible aux charmes de ’harmonie. Dans l’imagination des Slaves, la personnalité de ce dieu a peine a se dégager de |’élément fluide et impersonnel. Le Roi de la mer reste, comme le fait observer M. Bezsonof, une force primitive de la nature, flottant comme londe, violent et aveugle comme elle. Mais de tout temps n’a-t-on pas attribué 4 la musique une vertu magique capable d’enchanter les ondes, les foréts, les ahimaux féroces et les pierres brutes “)? La lyre d’Orphée et d’Amphion dans les traditions grecques a fait de ces merveilles; dans l’épopée finnoise, la antele de Vaeinaemceinen apprivoise les loups et les ours, enchante les poissons et les oiseaux, les dieux et les vierges de lair, Ahto luitméme, « le roi des vagues bleues, l’ancien des eaux, » qui ressemble bien au Roi de la mer des bylines. Par certains cétés le marchand Sadko est un Orphée novgorodien: sa légende se rapproche parfois trassensiblement de la légende hellénique. Le Roi de la mer adresse la parole au pauvre musicien: « Ecoute, Sadko de Novgorod; je ne sais quelle récompense te donner pour le grand plaisir que ta m’as fait, pour ton jeu harmonierx.

(4) Voir Cox, The Mythology of the Aryan nations, t. II, p. 989.

Veux-tu un trésor 4 ne pouvoir le compter? Retourne a Novgorod, frappe le grand pari; mets ta téte pour enjeu, contre tout ce que possédent les marchands de riches denrées dans leurs magasins; affirme que dans le lac Ilmen, il y a des poissons aux nageoires d’or. Quand tu auras frappé le grand pari, tisse un filet de soie; viens pécher dans le lac Ilmen, je te donnerai trois poissons aux nageoires d’or ; alors, Sadko, tu seras riche. »

Ici, — tant les mythes des diverses races de I’Orient et de l’Occident sont souvent enchevétrés les uns dans les autres, — nous retrouvons un conte des Mille et une Nuits. Un génie, sorti également du fond d’un lac, accorde & un pécheur trois coups de filet; & chaque coup de filet, il tirera des eaux quelque merveilleux poisson. Les nageoires d’or des poissons de l’IImen rappellent les plumes de l’Oiseau de feu, ou celles dont sont garnies les fléches étincelantes de Diouk Stépanovitch. Mais malgré la variété d’origine ou de provenance de ces fictions, remarquons comment la poésie russe a su les grouper de facon 4 faire valoir le type du marchand novgorodien. Le Roi de la Mer ne donne pas & Sadho un trésor, de la main 4 la main; il le met sur la trace d’une magnifique affaire commerciale; surtout il lui fournit occasion de faire ce que le hardi Novgorodien aime par-dessus tout, « de frapper le grand pari, » avec sa téte pour enjeu.

Le pari proposé au peuple est accepté avec autant d’empressement que l’a été celui de Vassili Bouslaévitch. Sadko, suivi de ses concitoyens, court au bord du lac. On jette trois fois le filet de soie; trois fois on raméne un poisson aux nageoires d’or. Sadko a gagné son pari: on lui livre toutes les marchandises du bazar “). Il est devenu

(4) Dans certaines variantes, Sadko enferme ses trois poissons dans sa cave. Il va les revoirlelendemain; ils ont disparu: 4 la place du premier, un monceau de petites pidéces; ala place du second, un monceau de ducats ;@ la place du troisiéme, un monceau de monnare (occidentale).

le plus riche marchand de Novgorod. Il batit un palais de pierre blanche : « tout y est arrangé 4 l'image du ciel; le soleil comme au ciel; la lune comme au ciel; les étoiles comme au ciel. » Cette description sidérale nous avertit que nous n’avons pas affaire 4 un mortel ordinaire: nous restons dans la donnée épique et mythique.

Sadko, enrichi, n’est pas homme 4 Sse reposer, — pas plus que Sindbad le marin. Sans cesse, il fait de nouvelles affaires, c’est-a-dire de nouvelles gageures. Encore une fois ila engagé sa téte et frappé le grand pari: il a parié d’acheter toutes les marchandises de Novgorod et de les charger sur ses vaisseaux. Il gagne le pari : dans toute la ville, il ne reste rien a vendre, ni marchandises précieuses, ni denrées viles. Pour compléter son triomphe, il se rend & la halle aux poteries, et y achéte tous les vieux pots ébréchés: il aura du moins le plaisir de voir jouer avec leurs tessons tous les petits enfants. Pourtant, dans d’autres variantes “), il finit par étre vaincu. Le premier jour il a acheté tout ce qwil y a dans Novgorod. Le lendemain il se rend au marché et y trouve deux fois plus de marchandises que '* veille: il les achéte encore. Le surlendemain il y en a encore trois fois autant. Alors Sadko rentre en lui-méme et, avec un mélange de fierté patriotique et @humilité, fait cette réflexion : « Je ne peux pourtant pas acheter les marchandises du monde entier; a supposer que j’achéte toutes celles qui viennent d’arriver de Moscou, voici qu’arriveront celles des pays d’outremer. Sans doute, je suis un riche marchand de Novgorod la glorieuse Novgorod est encore plus riche que moi. » Mais ce n’est pas 1a le ton habituel de cette épopée. Dans la république de I’Ilmen, lVindividualité est si puissante qu’elle tend toujours & se placer au-dessus de la communauté. La poésie a suivi naturellement cette tendance de

(4) Rybnikof, t.1, p. 374.

Yesprit public. De méme qu’elle laisse Vassili triompher au pont de la Volkhof de tout Novgorod, elle consent volontiers 4 ce que Sadko soit plus riche que tout Novgorod.

Cependant Sadko s’est encore une fois remis en mer. II a rassemblé sa droujina : car le marchand, comme le héros et le patricien, en a une 4 son service. D’ailleurs a Novgorod le marchand, le patricien, le héros, ne font souvent , comme a Venise ou & Florence, qu’un seul personnage. On commerce la lance a la main et on guerroie tout en allant 4 ses affaires. Il équipe trente vaisseaux : A leur téte marche le Vaisseau-Faucon, monté par Sadko lui-méme. Puisqu’il est le marin par excellence, pourquoi ne monterait-il pas le vaisseau par excellence, « le pére des vaisseaux? »

Soudain une tempéte formidable s’éléve. Les navires aux flancs vermeils commencent 4 se disloquer. Sadko dit alors & ses compagnons: « Ecoutez, ma brave droujina; depuis que nous naviguons sur la mer, nous n’avons jamais payé tribut au Roi dela mer. Il est évident que maintenant il nous réclame le tribut, le tribut sur la mer bleue. » On prend alors un tonneau plcin dargent, on lejette dans les flots : la tempéte continue. On précipite un tonneau d’or : elle redouble. Evidemment ce n’est pas 14 ce que veut le Roi de la mer. Ce qu’il veut, c’est une téte vivante. I] faut tirer au sort pour savoir qui sera jeté dans les flots. La croyance a la nécessité d’apaiser par un sacrifice les divinités maritimes était universelle dans toutes les mers anciennes. Il n’y a pas bien longtemps que les marins de la Méditerranée ont cessé de s’en prendre, en cas de tempéte, & quelque passager malencontreux. La leégende de Jonas dans la Bible se rattache a cet ordre didées. Nous allons voir que c’est surtout la légende hellénique d’Arion qui se rapproche ici de celle de Sadko.

Chacun des. navigateurs prend une. baguette de pin:

chacun y écrit son nom, on les jette 4 eau: c’est la baguette de Sadko qui s’enfonce. Il demande qu’on recommence l’épreuve avec des baguettes de sapin: il est encore une fois condamné. Il abuse un peu de sa situation de chef de la droujina, de frere ainé de la confrérie, pour faire recommencer |’épreuve un nombre de fois indéfini avec du bois d’aulne, du bois de noyer, finalement avec du bois de cyprés, sous prétexte que c’est le bois véridique par excellence, puisque sur lui le Christ a été crucifié. Cest toujours sa baguette qui s’enfonce. Il ordonne 4a ses compagnons de prendre des baguettes de fer, pendant quw’il en prendra une de bois. C’est le fer qui surnage, c’est le bois qui s’enfonce. Sadko voit qu’il n’échappera pas a sa destinée : il revét une magnifique pelisse, prend dans une main l’image de saint Nicolas ou Mikoula, dans l’autre sa harpe, et il se jette comme un autre Arion dans les flots. soudain le voila dans le palais du Roi de la mer, en présence du terrible monarque.

Sur quelle mer se passe la scéne? est-ce sur ’Imenou la Baltique? sur le Volga? sur le Don? on pourrait le supposer daprés épithéte de p»purdone donnée au Roi de la mer. Est-il le méme que celui qui s’est montré si large envers Sadko? On ne le sait. Du moins, ils n’ont pas lair de se reconnaitre. Peut-étre y avait-il autant de Rois que de mers russes.

Le monarque a sa femme & ses cdtés. Il adresse la parole &4 Sadko: « Je tai fait venir pour que tu me dises lequel est le plus précieux en Russie de lor ou de l’acier. Voila de quoi nous disputons ma tsarine et moi. » — « Cest Pacier, répond héroiquement le’ marchand; sans or et sans argent il est encore possible de vivre; sans fer, dans aucune condition, l’on ne peut vivre.» Suivant quelques variantes la réponse est encore plus nette: « C’est le fer, parce qu’avec le fer on peut acquérir lor. » Le Jogatyr perce ici sous le négociant. Le mot de Sadko re-

produit celui de Vladimir, prince de Kief, & propos de sa droujina et de la vaisselle d’or (4).

« Qu’as-tu dans les mains? » continue le Roi de la mer. « Dans la droite, j’ai ’image de Mikoula le bienheurewx, dans la gauche une harpe de platane. » Quand il commence 4 en jouer, le Roi de la mer se met & danser et a se démener, agitant les pans de sa pelisse. Mais alors une voix, — tantédt celle de la tsarine de la mer, tantdt celle dun kalik ou d’un vieillard inconnu, tantdt celle de saint Mikoula, — une voix se fait entendre 4 Sadko. « Ecoute, Sadko, Je riche marchand! brise ta harpe de platane. Ik te semble que. le tsar danse, dans son palais, mais il danse. sur les rivages escarpés de la mer. » Et en effet, pendant que le Roi se déméne, les flots se soulévent furieusement,; les ondes se mélent avec. le sable jaune; maints, vaisseaux aux flancs vermeils sont abimés; mainte téte innocente périt (2. Le peuple orthodoxe s’est mis en priére et a imploré Mikoula de Mojaisk : c’est lui qui est venu toucher Sadko 4 Pépaule. Dans une variante, le poéte semble s’associer aux anathémes de, PEglise contre « les danses et chansons diaboliques ; » la poésie populaire se condamne elle-méme. Le vieillard inconnu apparait 4 Paventurier et lui dit : « C’est assez jouer de la harpe de platane ; c’est assez perdre des 4mes innocentes, par tes jeux diaboliques, par tes danses impures.... »

Sadko a brisé sa harpe, le tsar cesse de danser, la tampéte s’apaise. Une fantaisie prend au Roi de la mer: il veut marier l’aventurier, bien que celui-ci ait laissé femme & Novgorod, Demain il Jui fera passer ses filles en revue, et il sera tenu de faire son choix. Le méme personnage qui

(4) Voir ei-dessus page 99. —A ce point du récit, dans quelques variantes, le Roi de la mer coupela téte& satsarine pour ta punir d’avoir soutenu qu’en Russie c’était lor qui était plus précieux que le fer.

(2) Voir H. de la Villemarqué, Myrdhin ow Venchanteur Merlin, p. 112, Barzas- Breiz, 1, 226, sur la chanson « qui fait tressaillir la grande mer et trembler Ja terre » Merlin d’un coup de sifflet souléve un orage, Myrdhin, p. 198.

a donné a Sadko le conseil de briser sa harpe, lui enseigne la maniére de se tirer de cette épreuvé. Qu’il arréte son choix sur la derniére de toutes, la moins belle, /a plus noire. Quand il ’aura choisie et qu’il sera avec elle dans le lit nuptial, qu’il se garde bien d’y toucher : il resterait jusqu’a la fin des temps dans le royaume de la mer. — Sadko se léve de grand matin: cent jeunes filles défilent devant lui; puis cent autres; puis cent encore. La derniére de toutes, c’est une noire: Sadko feint de vouloir l’épouser, mais le soir venu il se souvient de l’avis de saint Nicolas. II s’endort & ses cétés. Quand il se réveille, il se retrouve 4 Novgorod. Ses compagnons, qui reviennent au port désolés de avoir perdu, l’apercoivent sur la jetée qui vient audevant d’eux.

Cette descente de Sadko dans le royaume de la mer est -un motif qui se rencontre dans un trés grand nombre de contes russes (4). Tantdét c’est un jeune paysan qui va chez le diable chercher une jeune fille 4 épouser; tantét on y va pour rechercher une personne qu’on aime. L’épopée de Sadko a quelque chose d’incomplet: son voyage dans le royaume de la mer n’a aucun but. Mais 4 part qu’il n’a aucune Eurydice & en ramener, sa descente chez le tsar rappelle tout fait la descente d’Orphée aux enfers : comme lui il s’y présente sous la protection de Pharmonie, une harpe 4 la main. ~

Dans une byline, recueillie par Hilferding @, Sadko est devenu l’ami de Sviatogor : le Novgorodien conserve dans

(1) Par exemple dans M. Ralston, Russian Folks-tales: Le roi des eaux et Vassilissa. — La parole hAative, etc.

Voir aussi Loys Brueyre, Contes populaires de la Grande Bretagne, Paris 1873, p. 74. Le jeune roi d’Easaidh descend chez le Gruagach. Il joue aux échecs avec Jui : (Dans une variante des bylines, Kiriéevski, V. 43, Sadko se précipite également dans la mer avec un jeu d’échecs), Le roi d’Easaidh choisit parmi les filles, non la plus laide et la plus noire, mais « cette fille tondue ala peau rude qui est derriére la porte, » — Voir également chez M. Brueyre le conte du géant Mac-Mahon, p. 346.

(2) Bylines de V Onéga, p. 643.

cette compagnie héroique son réle de marchand; quand le géant doit se mettre en campagne, Sadko écrit dans le pays des Sarrasins, parce qu’en Russie il n’existe pas d’armure a la taille du titan: on lui envoie un casque sarrasin qui pése 1600 livres.

Sadko, comme Vassili Bouslaévitch, malgré ses aventures fantastiques, a une certaine existence historique. Il fut un contemporain du fils de Bouslava et put se rencontrer avec lui dans les mémes vetchés ou assemblées. Les chroniques novgorodiennes parlent d’un nommé Sadko qui en 1167 éleva une église aux saints inséparables , Boris et Glébe “). Batir des églises a été de tout temps une pieuse habitude chez les riches marchands russes : les bylines signalent chez leur héros navigateur la méme tendance. Elles lui font méme honneur de lérection de plusieurs des temples célébres de Novgorod, suivant la coutume invariable des chansons €piques de toujours préter aux riches. « Dieu, dit un de nos textes @, mit un désir dans son coeur rebelle : Sadko allait dans Novgorod : il fonda une église de Dieu au nom de Stéphane Varchidiacre (S. Etienne): il fit dorer les croix, les tuiles du temple; il enrichit de pierreries les icones, les incrusta de perles, couvrit d’or les portes royales. » Un peu plus loin on lui attribue, dans les mémes termes, la fondation de la cathédrale de Sainte-Sophie, — qui certainement n’est pas de lui, et de Saint-Nicolas de Mojaisk. Au fait, Sadko devait bien une église 4 ce Mikoula, dont il avait emporté l’icéne dans les palais du Roi de la mer et qui lui avait donné 1a tant de sages conseils ©).

(1) Voirla démonstration dans Bezsonof, t. V, p. LVII-LXIII. (2) Bezsonof, ibid. p. 52.

(3) lia de Mourom aussi devient, dans lesrédactions évidemment les plus récentes un batisseur d’églises. Voir ci-dessus, page 63.

154 LA BUSSE BPIQUE

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