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et tons les saints roprésofités par les imag-es ol les reliqiK^s, cliômtir les jours de fèLe et jeûner selon l'ordnî traditionnel, vénérer la fonction sacrée des évêques et des prêtres et participer aux saints sacrements et au service divin. Voilcà la véritable orthodoxie du peuple russe et la nôtre également. Mais elle n'est pas celle de nos patriotes militants. Il est clair que la véritable orthodoxie n'a en soi rien de particulariste et ne peut en aucune façon constituer un a^'-ribut national ou local, nous séparant quand mêh.e des peuples occidentaux; car la plus grande partie de ces peuples (la partie catholique) a absolument le même fond religieux que nous. Tout ce qui est saint et sacré pour nous l'est aussi pour eux. Pour n'indiquer qu'un seul point essentiel : non seulement le culte de la sainte Vierge, — un des traits caractéristiques du catholicisme, — est praiiqué par la Russie orthodoxe* en général, mais li y a même des images miraculeuses spéciales vénérées en commun par les calhoHques-romains et par les orthodoxes russes (par exemple la sainte Yierye de Gzenslochovo en Pologne). Si la piété est vraiment le caractère distinctif de notre esprit Balioij.il, le fait que les principaux emblèmes de cetlr piété nous sont communs avec les Occidentaux nou> iMjige à reconnaître notre solidarité avec eux
* Je iTexclus pas de cette qualification les « vieux croyants > propreinfnl dits, dont les différends avec l'Eglise d'Etat ne '^e rapportent pas au véritable objet de la religion.
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dans ce que nous considérons comme le plus essentiel. Quant au contraste profond que présente la piété contemplative de l'Orient avec la religion active des Occidentaux, ce contraste subje^.tif et purement humain n'a rien à voir avec les objets divins de notre foi et de notre culte, et, loin d'être un juste motif de séparation, il devrait plutôt porter les deux grandes parties du monde chrétien à une réunion plus intime pour se compléter mutuellement.
Mais sous l'influence du mauvais principe qui ne cesse d'agir ici-bas, on a abusé de la diiYérence pour en faire une division. Et au moment où la Russie recevait le baptême de Constantinople, les Grecs, quoique formellement en communion encore avec Rome après le schisme temporaire de Photius ^ , étaient déjà fortemeu t imbus du particularisme national nourri par la rivalité hiérarchique, par la politique des empereurs et les querelles d'école. Il s'ensuivit que le peuple russe dans la personne do saint Yladimir acheta la perle évangélique toute couverte delà poussière byzantine. Le corps de la
i La rupture définitive qui n'a eu lieu que plus tard, en 1054, n'a été du reste qu'un simple fait sans aucune espèce de sanction légale et obligatoire, puisque l'anathème des légats du pape Léon IX n'était pas dirigé contre l'Eglise Orientale, mais uniquement contre la personne du patriarche Midiol Côrullaire et contre « les partisans de sa folie » (folie assez manifeste à vrai dire) ; et, de son côté, l'Eglise Orientale n'a jamais pu rassembler un concile œcuménique qui, selon nos théologiens eux-mêmes, est le seul tribunal compétent pour juger nos diflérends avecla papauté.
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nation que n'intéressiiicnl pas les ambitions et les haines cléricales ne comprenait rien aux fictions Ihcologiques qui en étaient le fruit, — le corps do la nation reçut et garda l'essence du christianisme orthodoxe pur et simple, c'est-à-dire la foi et la vie religieuse déterminée par la grâce divine et se manifestant en œuvres de piété et de charité. Mais le clergé (recruté parmi les Grecs au commencement) et l'école ecclésiastique acceptèrent la succession néfaste des Photius et des Cérullaires comme une partie intégrante de la vraie religion. Cette pseudo-orthodoxie de notre école thcologique, qui n'a rien de commun avec la foi de l'Eglise Universelle ni avec la piété du peuple russe, ne contient aucun élément positif : ce ne sont que des négations arbitraires produites et nourries par une polémique de parti-pris.
« Dieu le Fils ne participe pas dans Tordre divin à la procession du Saint-Esprit. »
« La sainte Vierge n'a pas été immaculée dès le premier moment de son existence*. »
« La primauté de juridiction n'appartient pas au siège de Piome et le pape n'a pas Tautorité dogmatique d'un pasteur et d'un docteur de l'Eglise Universelle. »
» Mim CCS ihéaloîriens aveuglés par la haine osent renier la croyance manifeste de l'Eglise Orientale tant grecque que russe, qui proclame sans cesse la sainte Vierge toute immaculée, immaculée par excellence.
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Telles sont les négations principales que non? aurons à examiner ailleurs. Ici, il nous suffit de constater d'abord que ces négations n^ont reçu aucune espèce de sanction religieuse etnes'appuienL sur aucune autorité ecclésiastique acceptée comme obligatoire et infaillible par tous les orthodoxes. Aucun concile œcuménique n'a condamné, ni même Jugé les doctrines catholiques anathéuiatisées par nos polémistes; et quand on nous présente ce nouveau genre de théologie négative comme la vraie doctrine de l'Eglise Universelle, nous ne pouvons y voir qu'une prétention exorbitante provenant do l'ignorance ou de la mauvaise foi. En second lieu, i! est évident que celte fausse orthodoxie, ne pourrait, pas plus que la vraie, servirde base positive à « l'idée russe ». Essayons, en effet, de substituer des quantités réelles à cet X algébrique de « l'orthodoxie » qu'une presse pseudo-patriotique ne cesse de proclamer avec un enthousiasme factice. L'essence idéale de la Russie, selon vous, c'est l'orthodoxie, et cette orthodoxie que vous opposez spécialement au catholicisme se réduit pour vous aux différences entre les deux confessions. Le fond vraiment religieux qui nous est commun avec les Occidentaux ne paraît avoir pour vous qu'un intérêt médiocre ; ce sont surtout les différences qui vous tiennent à cœur. Eh bien î mettez ces différences déterminées à la place du terme vague de « l'orthodoxie » et déclarez ouvertement que l'idée religieuse de la
Russie consiste à nier le « filioque^ rimmaculéo Conception, l'autorité du pape ». C'est ce dernier point surtout qui vous importe. Les autres — vous le savez bien — ne sont que des prétextes, mais le Souverain Pontife, voilà l'ennemi. Toute votre « orthodoxie » et toute votre « idée russe » n'est donc, au fond, qu'une protestation nationale contre la puissance universelle du pape. Mais an nom de quoi? C'est ici que commence la vraie difficulté de votre situation. Cette haine protestante contre la monarchie ecclésiastique devrait, pour parler à l'esprit et au cœur, être justifiée par quelque grand principe positif. A la forme du gouvernement théocratique que vous désapprouvez, il vous faudrait opposer une autre forme meilleure. Et c'est précisément ce qu'il vous est impossible de faire. Quelle espèce de constitution ecclésiastique avez-vous pour en faire bénéficier les peuples occidentaux? Irez-vous leur préconiser le gouvernement conciliaire, leur parler de conciles œcuméniques? Afeû?/ce, ciirate ipsum ! Pourquoi TOrient n'a-t-il pas opposé un vrai concile œcuménique à celui de Trente, ou à celui du Vatican? D'où vient ce silence impuissant de la v^vHq en face de Terreur qui s'affirme solennellement ? Depuis quand les gardiens de l'orthodoxie sont-ils devenus des chiens lâches qui ne savent aboyer que derrière le mur? De fait, tandis que les grandes assemblées de l'Eglise continuent à occuper une place marquée dans la doctrine et
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dans la vie du calholicisme, c'est l'Orient chrétien qui, depuis mille ans, est privé de cette manifestation importante de l'Eglise Universelle , et nos meilleurs théologiens (Philarète de Moscou, par exemple) avouent eux-mêmes qu'un concile œcuménique est impossible pour l'Eglise orientale tant qu'elle demeure séparée de l'Occident. Mais il n'en coûte rien à nos soi-disant orthodoxes d'opposer un concile impossible aux conciles réels de l'Eglise catholique et de défendre leur cause avec des armes qu'ils ont perdues et sous un drapeau qu'on leur a enlevé.
La papauté est un principe positif, une institution réelle, et si les chrétiens orientaux croient que ce principe est faux, que cette institution est mauvaise, c'est à eux de réaliser l'organisation désirable de l'Eglise. Au lieu de cela, on nous renvoie à des souvenirs archéologiques, toutens'avouant impuissant à leur donner une portée pratique. Et ce n'est pas sans raison que nos anticatholiques vont si loin chercher un point d'appui pour leur thèse. Oseraient-ils, en effet, s'exposer à la risée du monde entier en déclarant le synode de Saint-Pétersbourgou le patriarchat de Constantinople le vrai représentant de l'Eglise Universelle? Mais comment parler d« recourir tardivement aux conciles œcuméniques quand on est forcé d'avouer qu'ils ne sont plus possibles? Ce n'est qu'un effort dt*ns le vide qui découvre complètement le côté faible de
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cette orthodoxie anticalholique. Si rcrganisation normale de l'Eglise Universelle et la vraie forme do son gouvcruemeiit tiennent aux conciles œcuméniques, il est évident que l'Orient orthodoxe, fatalement privé de cet organe indispensabJe de la vie ecclésiastique, n'a plus la vraie constitution ni le gouvernement régulier de l'Eglise. Durant les trois premiers siècles du christianisme, TEglise, cimentée par le sang des martyrs, ne convoquait pas de conciles universels, parce qu'elle n'en avait pas besoin ; l'Eglise orientale actuelle, paralysée et démembrée, ne peut pas le faire tout en en éprouvant le besoin. Cela nous met dans rallernative suivante : ou bien avouer, avec les sectaires avancés, que l'Eglise a perdu depuis un certain temps son caractère divin et n'existe plus réellement sur la terre, ou bien, pour éviter une conclusion si dangereuse, reconnaître que l'Eglise Universelle, n'ayant pas d'organes gouvernementaux et représentatifs en Orient, les possède dans sa partie occidentale. Cela reviendrait à reconnaître une vérité historique avouée de nos jours par les protestants eux-mêmes, à savoir : que la papauté actuelle n'est pas une usurpation arbitraire, mais un développement légitime des principes qui étaient en activité manifeste avant la division de l'Eglise, et contre lesquels cette Eglise n'a jamais protesté. Mais, si l'on reconnaît la papauté comme une institution légitime, que fera-t-on de « l'idée russe »
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et du privilège de Torthodoxie nationale? Notre avenir religieux ne pouvant s'appuyer sur TEglise officielle, ne pourrait-on pas lui trouver des bases plus profondes dans le peuple russe lui-même?